Les pays industrialisés finiront par accepter «tôt ou tard» un tribunal climatique international, a affirmé mercredi le président bolivien Evo Morales à la conférence sur le climat de Cochabamba qui défend la création d'une telle instance.

Mis à jour le 21 avr. 2010

«C'est possible que les pays industrialisés refusent l'idée d'un tribunal, mais d'un autre côté, qu'accepteraient-ils ?», a lancé Morales à la presse, en marge du forum mondial de mouvement sociaux, sorte de contre-sommet alternatif aux négociations sur le climat, qu'il a convoqué jusqu'à jeudi.

«Tôt ou tard, avec la force populaire, ils finiront par accepter un tribunal pour les crimes contre l'environnement», a ajouté Morales. «Car s'il n'y a pas de caractère de sanctions, qui va faire respecter un quelconque protocole» sur le climat?», a-t-il demandé.

Ce tribunal climatique, une déclaration des «Droits de la Terre mère» ou encore un référendum planétaire sur le climat figurent parmi les recommandations que la conférence de Cochabamba doit transmettre aux prochaines négociations climat à Cancun (Mexique) en décembre.

En attendant un éventuel tribunal, la Cour internationale de Justice «pourrait poursuivre des crimes contre l'environnement, et les mouvements sociaux doivent se mobiliser pour y dénoncer des attentats contre l'environnement», a ajouté le président bolivien.

Le socialiste et antilibéral Evo Morales, qui se projette plus que jamais à Cochabamba en champion de l'environnement des pays pauvres face à la «destruction capitaliste», a proposé la création d'un «Mouvement international de la défense de la Terre Mère» en prolongement de la conférence.