La création d'un «Fonds vert mondial» permettrait de sortir de la «querelle paralysante» sur le financement de la lutte contre le réchauffement climatique, estime le vice-ministre mexicain de l'Environnement, Fernando Tudela, dans le journal français Les Echos.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Proposée par le Mexique, la création de ce fonds a suscité un «intérêt significatif» de la part des principaux émetteurs de gaz à effet de serre, réunis en début de semaine à Paris au sein du Forum des économies majeures (MEF).«Le concept est simple: chaque pays a un rôle à jouer, chacun doit contribuer mais on peut discuter de contributions équitables en jouant sur les variables émissions de gaz à effet de serre, démographie et économie», explique M. Tudela dans un entretien aux Echos.

Selon lui, cette approche permettrait de sortir de la «querelle paralysante» consistant à dire: «Qui est le plus responsable ? Qui doit commencer ?».

«Dans le principe, les pays en développement pourront retirer du fonds davantage que ce qu'ils y apporteront, et inversement pour les pays développés,» ajoute-t-il. Les seules exceptions seront, selon lui, les pays moins avancés qui ne contribueront pas «ou de façon symbolique».

À propos du financement du Fonds, M. Tudela plaide pour une montée en puissance progressive.

Chiffrant les besoins pour réduire significativement les émissions de GES à «100 à 200 milliards de dollars», il estime qu'il n'est «pas question de doter le fonds de sommes pareilles, du moins au début».

«10 milliards (de dollars) par an suffiraient, ou même moins, ce qui compte c'est de (les) faire croître», ajoute-t-il, jugeant que le contrôle devrait en être confié à l'ONU.

La proposition mexicaine a été favorablement accueillie par plusieurs pays du MEF.

L'émissaire spécial américain pour le climat, Todd Stern, avait jugé mardi qu'il s'agissait d'une «contribution très constructive à la discussion sur le financement».

«Ce n'est pas définitif, mais on sent qu'il y a un vrai consensus», avait estimé le ministre français de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, précisant que la question devrait être approfondie lors de la prochaine réunion du MEF, au Mexique les 22 et 23 juin.