Le directeur de la police minière mauritanienne a annoncé l'arrestation de deux personnes dans le nord-ouest du pays, suite au déversement de produits polluants près d'une mine d'or gérée par une filiale de la compagnie canadienne Red Back Mining.

Mis à jour le 14 avr. 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

Ce responsable répondait à des accusations de l'opposition dénonçant l'enfouissement de «déchets toxiques dans une zone habitée».

«Il s'agit de résidus de lubrifiants et d'huiles usagés, utilisés par la centrale électrique de la société d'or Tasiast Mauritania Limited, qui ont été déversés par un chauffeur de camion dans un lieu non-autorisé», a affirmé le directeur de la police minière, Mohamed Yahya Ould Hamoud, à la télévision d'État, mardi soir.

«Le chauffeur que le propriétaire du camion sont aux arrêts, dans le cadre d'une enquête ordonnée par le gouvernement pour déterminer les responsabilités», a-t-il annoncé, tout affirmant que «ces produits ne sont pas toxiques».

Selon M. Yahya Ould Hamoud, l'approvisionnement en carburant et huiles de la société, et le traitement des résidus, relèvent de la compétence du groupe pétrolier français Total.

Le chef de file de l'opposition Ahmed Ould Daddah avait accusé mardi soir le gouvernement d'insouciance en affirmant: «Il y a des déchets toxiques enfouis sous notre sol, exposant au danger la vie de nos citoyens. Nos députés se sont rendus sur les lieux pour constater les dégâts. C'est cela ce que nous apporte le régime du général» (Mohamed Ould Abdel Aziz, président élu).

«Ces allégations sont totalement fausses» a rétorqué le directeur de la police minière, affirmant que les «huiles» devaient être transportées et enfouies dans un dépotoir autorisé, non loin de Nouadhibou.

La société Tasiast Mauritanie Limited, filiale de la compagnie Red Back Mining (basée à Vancouver, Canada), a entamé en 2007 l'exploitation du gisement de Tasiast, à environ 300 km au nord de Nouakchott et à 160 km au sud-est de Nouadhibou.

En Mauritanie, de plus en plus de voix s'élèvent pour dénoncer les conséquences de l'exploitation de ce site sur l'environnement de la région.