Source ID:; App Source:

Les gènes de Julie, le ventre de Stéphanie

Julie, qui ne peut pas concevoir d'enfant, s'était... (Photo: Alain Roberge, archives La Presse)

Agrandir

Julie, qui ne peut pas concevoir d'enfant, s'était résignée à ne jamais avoir de bébé. Jusqu'à ce que son amie Stéphanie lui offre de porter son embryon...

Photo: Alain Roberge, archives La Presse

Julie sait depuis le début de la vingtaine que son système reproductif est en piteux état. La maladie de Crohn a touché ses trompes de Fallope, et des fibromes ont colonisé son utérus. Il y a un an, un médecin a tenté de le «nettoyer» pour lui permettre de porter un embryon conçu in vitro. Sans succès. En avril 2008, Julie a écrit à Stéphanie, sa meilleure amie: «Il n'y aura pas de bébé dans notre futur.»

Tristesse, mais aussi résignation. Julie sait de plus que l'adoption internationale est compliquée parce qu'elle et Frédéric, son conjoint, souffrent d'une maladie chronique. «Et l'adoption au Québec, c'est très long...»

 

Une offre pas ordinaire

Stéphanie, mère de trois enfants, connaît bien les problèmes de santé de son amie. Elle a eu le temps d'y réfléchir. Et son idée est faite: elle offre à Julie de porter un embryon conçu des cellules de Julie et de Frédéric.

Bouleversée par l'offre de son amie, Julie en parle à son médecin de la clinique de fertilité. Il accepte de les aider, à la condition que les amies et leurs conjoints se soumettent à une évaluation psychologique. Et si l'enfant à naître était trisomique, ou était handicapé? Les parents biologiques sont prêts à l'accepter. Et si Julie et Frédéric se séparent, ou meurent, au cours de la grossesse? Stéphanie et son conjoint sont prêts à s'occuper du bébé. Et si Stéphanie est incapable de se séparer de l'enfant après neuf mois de grossesse? «Je ne me suis jamais attachée avant d'allaiter, dit Stéphanie. Et je n'ai pas l'intention d'allaiter le bébé de Julie, ça, c'est clair.»

Julie dit qu'elle n'aurait jamais fait appel à une étrangère, en fouillant par exemple sur l'internet pour trouver une mère porteuse. «Il y en a des obsédés qui sont vraiment prêts à tout pour avoir un enfant et qui ne vivent que pour ça. Ce n'est pas mon cas.» Stéphanie, quant à elle, ne songe pas à faire de la grossesse pour autrui une vocation.

Un premier essai a eu lieu l'automne dernier. Deux embryons ont été transférés. La grossesse de Stéphanie a été confirmée... avant de s'interrompre. Elle a perdu un embryon. Et le second s'est développé à l'extérieur de l'utérus. Une telle grossesse ectopique est vouée à l'échec, et lorsqu'elle n'est pas décelée assez tôt, elle peut causer de graves hémorragies. «J'aurais pu y passer», admet Stéphanie.

Ça ne l'a pas découragée. Ce printemps, les deux femmes feront une autre tentative. Si tout va bien, dans un an, Julie tiendra son bébé dans ses bras. Elle ne l'aura pas porté, et l'État ne la reconnaîtra peut-être pas comme sa mère, mais ce sera indéniablement - et génétiquement - le sien.

Les noms ont été changés pour préserver l'anonymat.

 




Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer