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L'indépendance de David Johnston mise en doute

David Johnston, à qui le premier ministre Stephen Harper a demandé de définir... (Archives La Presse)

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André Noël
André Noël
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David Johnston, à qui le premier ministre Stephen Harper a demandé de définir le mandat de la commission d'enquête sur les transactions financières entre Brian Mulroney et Karlheinz Schreiber, a côtoyé M. Mulroney et ses proches à plus d'une occasion depuis les quelque 25 dernières années, selon plusieurs articles parus dans les journaux canadiens et d'autres sources consultées par La Presse.

Ces liens n'affectent en rien la réputation de M. Johnston, reconnu comme un juriste intègre et respecté. Mais, hier, sur la Colline parlementaire à Ottawa, certains se demandaient si M. Harper n'aurait pas pu choisir un autre Canadien d'aussi bonne réputation qui n'aurait jamais eu aucun lien avec M. Mulroney, et qui, probablement, n'aurait pas fait partie de l'élite montréalaise en même temps que l'ancien premier ministre.  En 1984, David Johnston, alors principal de l'Université McGill à Montréal, avait été pressenti par le cabinet de M. Mulroney pour occuper le poste stratégique de greffier du Conseil privé, sorte de ministère du premier ministre, affirme un article publié sur l'homme d'affaires Paul Tellier dans le magazine Maclean's en 1997. C'est finalement M. Tellier qui a été choisi.

«Quelques mois après avoir pris le pouvoir en 1984, les conseillers de M. Mulroney ont écrit une note de service identifiant cinq postes sur lesquels le gouvernement devait avoir la main haute pour contrôler la bureaucratie; au sommet de la liste se trouvait le greffier du Conseil privé», indiquait le journaliste Paul Kaihla. «Les conseillers voulaient que M. Mulroney donne ce poste à David Johnston, alors principal de l'Université McGill. Quand il a plutôt choisi M.Tellier, plusieurs membres de l'entourage du premier ministre ont conclu qu'il avait capitulé devant l'establishment d'Ottawa.»

Le conseiller principal de M. Mulroney à l'époque était Fred Doucet, un lobbyiste qui a joué un rôle clé dans les transactions financières entre M. Mulroney et l'homme d'affaires germano-canadien Karlheinz Schreiber, et qui a fait campagne pour l'actuel ministre de la Défense Peter MacKay en 2003.

David Johnston, 66 ans, est le président de l'Université de Waterloo. C'est en vain que La Presse a tenté de lui parler, hier. Son relationniste, Martin Vannierop, ne nous a pas rappelé. Impossible, aussi, de parler avec Fred Doucet.

Environnement

MM. Johnston et Mulroney sont loin d'être des inconnus l'un pour l'autre. Il est déjà connu que l'ancien premier ministre a confié la présidence de la Table ronde sur l'environnement et l'économie à M. Johnston, en 1988. L'année suivante, au sommet de la francophonie à Dakar (Sénégal), M. Mulroney annonçait que le gouvernement fédéral versait deux millions à la Société royale du Canada pour lancer une revue scientifique sur l'environnement, dont tous les textes seraient sélectionnés par M. Johnston et par le juge Jules Deschenes, président de la Société royale. Un autre million était versé par le gouvernement québécois.

En 1992, M. Johnston se joignait au Comité pour le Oui des Québécois d'expression anglaise en faveur d'une des principales ententes politiques défendues par M. Mulroney, l'Accord de Charlottetown. Il participait à une campagne publicitaire pour le Oui avec Yves Fortier, qui avait servi comme ambassadeur sous M. Mulroney, et qui est aujourd'hui président du conseil du cabinet d'avocats montréalais Ogilvy Renault où travaille l'ancien premier ministre.

En 1995, M. Johnston a participé à une vidéo avec M. Mulroney en l'honneur de Me Alan B. Gold, qui était allé travailler comme avocat à la firme Goodman, Phillips and Vineberg après avoir pris sa retraite comme juge. La vidéo a été présentée lors d'une soirée en son honneur, organisée par sa firme d'avocats. On ignore si MM. Johnston et Mulroney ont assisté à cette soirée. (Deux ans plus tard, c'est Me Alan B. Gold qui a servi d'arbitre entre le gouvernement fédéral et Brian Mulroney pour régler un litige dans l'affaire Airbus: l'entente prévoyait le versement de 2,1 millions à M. Mulroney.)

Centraide

Les noms de MM. Johnston et Mulroney apparaissent toujours sur le Conseil des gouverneurs de Centraide. Les deux hommes et leur famille ont participé à plusieurs activités caritatives et mondaines communes à Montréal. En 1989, David Johnston et sa femme étaient les invités spéciaux d'un gala organisé par l'orchestre de chambre de McGill et dirigé par M. Mulroney.

En 1994, Mila Mulroney était vue par le chroniqueur mondain de la Gazette en train de partager un repas au Café de Paris du Ritz Carlton avec David Johnston et deux autres personnes, toujours dans le cadre d'activités caritatives.

Le mandat confié par Stephen Harper à M. Johnston est très important: il aura à définir si la commission d'enquête se limitera à quelques transactions, ou si elle englobera les gestes de conservateurs actuellement au pouvoir en lien avec ces transactions ou les affaires connexes, au premier chef l'affaire Airbus.




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