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Wes Anderson compose son musée idéal

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Agence France-Presse
Vienne

Le réalisateur américain Wes Anderson a plongé dans les collections du prestigieux musée d'Histoire de l'art de Vienne et picoré parmi des millions d'oeuvres pour composer son exposition idéale, tel un cabinet de curiosités à découvrir depuis mardi.

Avec sa compagne libanaise Juman Malouf, auteure et designer, le cinéaste à l'univers excentrique et mélancolique a eu carte blanche pour visiter toutes les réserves de l'institution et exhumer des pièces méconnues, au gré de ses inspirations.

Le résultat est à découvrir pendant six mois au Kunsthistorisches Museum (KHM) de la capitale autrichienne.

«Nous pensions que ce serait facile parce que nos goûts pour les couleurs, les formes, la lumière et les ombres dans l'art sont identiques, presque interchangeables. Et bien sûr nous avions tort», a plaisanté Wes Anderson lors de l'inauguration de l'exposition, décrivant un processus de sélection fait de «patience et de négociations frustrantes» entre les deux artistes.

Si le KHM de Vienne est connu pour sa collection de Bruegel, ses tableaux de Raphaël, Vermeer, Rubens, Rembrandt, Dürer ou ses collections d'antiquités, le duo s'est affranchi de tout critère d'époque, de lieu, de style et de prestige pour faire son choix.

Comme dans ses films, le réalisateur de La famille Tenenbaum, The Grand Budapest Hotel ou dernièrement L'île aux chiens crée dans les huit salles d'exposition une identité visuelle forte grâce à la mise en scène très réfléchie des pièces, où l'on retrouve notamment son obsession de la symétrie.

«Ça donne le sentiment d'être dans la collection d'un comte excentrique, quelque part dans la campagne tchécoslovaque il y a des siècles», résume Jasper Sharp, l'un des commissaires du KHM.

Une délicate sculpture de phénix en ivoire côtoie des portraits royaux, des statues et instruments de musique miniatures ou un antique sarcophage pour musaraigne, qui donne son titre à l'exposition.

Wes Anderson et Juman Malouf, 49 et 43 ans, ont conçu l'exposition «dans un esprit enfantin, qu'il s'agisse de la sélection des objets ou de leur présentation», décrit Jasper Sharp.

Présenté à Vienne jusqu'au 28 avril 2019, le projet Momie de musaraigne dans son sarcophage et autres trésors partira ensuite pour la Fondation Prada à Milan.




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