Richard Therrien LE SOLEIL

La crédibilité de la Soirée des Jutra a été durement ébranlée depuis le dévoilement des nominations le mois dernier.

L'absence de Tout est parfait dans la catégorie du meilleur film et la présence de Susan Sarandon dans celle de la meilleure actrice pour son rôle dans Emotional Arithmetic ont fait sourciller, tout comme l'existence d'une liste parallèle de nominations établie par un jury de professionnels qui est très différente de l'originale.

Alors, Susan Sarandon viendra-t-elle au gala? «Nous l'avons invitée avec son mari. Elle n'a dit ni oui ni non», a répondu hier en conférence de presse le délégué général de la Soirée des Jutra, Henry Welsh, qui précise que l'actrice américaine serait accaparée par une pièce de théâtre à New York. Sérieusement, il serait très étonnant de voir Mme Sarandon à Radio-Canada, le 29 mars.

 

La présidente de la Grande nuit du cinéma, Danielle Proulx, avoue avoir été la première étonnée de cette nomination pour le moins saugrenue dans un gala québécois. «Quand on a vu le film, ce n'est pas une performance extraordinaire», admet-elle à propos de Susan Sarandon, sans vouloir minimiser le talent de l'actrice.

Elle-même en nomination pour le Jutra de la meilleure actrice dans un rôle de soutien pour son rôle dans Le déserteur, Danielle Proulx insiste sur l'importance de revoir le mode de désignation des finalistes, une «priorité» selon elle.

Ouvert à une réforme de la façon d'établir les nominations, Henry Welsh reconnaît que Tout est parfait serait finaliste pour le Jutra du meilleur film si une cinquième nomination était ajoutée. «À l'époque où nous avons établi qu'il y aurait quatre nominations dans chaque catégorie, il y avait 20 films québécois au total dans une année, comparativement à 32 maintenant.»

Karine Vanasse animera cette 11e Soirée des Jutra, en direct du studio 42 à Radio-Canada, le dimanche 29 mars à 19 h 30. Appuyée aux textes par le romancier Guillaume Vigneault et par Pierre Boileau à la réalisation, l'animatrice amène un nouveau souffle au gala après les trois années sous la conduite de Normand Brathwaite.

La vedette de Polytechnique parle d'un «ton festif et coquin» et d'une soirée où elle a «l'intention de s'amuser». On y fera un clin d'oeil aux romans dont se sont inspirés les cinéastes québécois. Et l'hommage à Fernand Dansereau se déploiera un peu partout dans le gala plutôt que d'accaparer un bloc de 30 minutes comme on le voit traditionnellement.

Le gala sera précédé d'une émission spéciale à ARTV, La fièvre des Jutra, dès 18 h 30, en direct des coulisses. Anne-Marie Withenshaw y recevra les personnalités qui ont marqué le cinéma québécois en 2008. On a donc abandonné le tapis rouge de l'an dernier, où les vedettes déambulaient dans les couloirs gris de Radio-Canada.

Toujours à ARTV, René Homier-Roy rencontrera les principaux gagnants de la soirée dans un Viens voir les comédiens - Spéciale Jutra, tout de suite après le gala, vers 22 h. Pour une deuxième année, le public pourra voir gratuitement les quatre longs métrage en lice pour le Jutra du meilleur film dans une des 22 salles participantes, du 23 au 26 mars à 19h. Les films en compétition sont Borderline, Ce qu'il faut pour vivre, C'est pas moi, je le jure! et Maman est chez le coiffeur.

Des mots durs pour James Moore

Le délégué général de la Soirée des Jutra, Henry Welsh, n'a cessé de vanter le soutien constant de Radio-Canada au gala et au cinéma québécois. Il n'est pas tendre à l'endroit du ministre James Moore, dont les politiques risquent d'ébranler la société d'État. «Quoi qu'en pense le «moron» qu'on a comme ministre du Patrimoine, il faut miser sur l'importance de maintenir ce service public», disait-il hier.

Dimanche dernier à Tout le monde en parle, James Moore a été incapable d'identifier de grands noms du portrait culturel, dont les Québécois Guy Laliberté, Félix Leclerc et Robert Lepage, de même que le cinéaste canadien Atom Egoyan.