Sonia Sarfati LA PRESSE

Après Scooby-Doo, Garfield et autres Chipmunks, au tour de Yogi l'ours de faire un tour au grand écran, version personnage animé par ordinateur entouré de décors réels et d'acteurs en chair et en os. À la barre du projet, Eric Brevig, réalisateur pour qui le 3D est une deuxième nature.

Eric Brevig a fait ses débuts à la réalisation avec Journey at the Center of the Earth. C'était il y a deux ans. C'était en 3D. Ç'a été un succès populaire. Warner Bros. lui a alors proposé de s'occuper du passage au grand écran de Yogi l'ours, légendaire kidnappeur de paniers de pique-nique sévissant au parc de Jellystone depuis la fin des années 50.

Bien sûr, cette nouvelle étape dans la «carrière» du plantigrade se ferait en 3D. Ce qui n'est pas apparu comme un problème pour le réalisateur. Après tout, il fait carrière à Hollywood depuis plus de 20 ans, principalement dans le domaine des effets spéciaux: il a supervisé ceux de Total Recall, de Men in Black et autres Hook. «J'ai donc toujours suivi de près l'avancement de cette technologie. Comme, en plus, je suis un fan de Yogi, je n'ai pas hésité à accepter cette nouvelle aventure», a-t-il indiqué lors de l'entrevue qu'il a accordée à La Presse dans un hôtel de Los Angeles.

Quelques surprises, toutefois, l'attendaient en cours de route. «Comme nous n'avions pas de date butoir pour le film, j'ai retravaillé l'histoire avec Brad Copeland pendant neuf mois. Et un jour, les producteurs nous ont appris qu'il y avait une possibilité de sortie pour Noël 2010. Le film pouvait-il être prêt 13 mois plus tard?» Pas de problème, a-t-il répondu. Avant de réaliser que le tournage allait commencer au mois de novembre... alors que le film se déroule en plein été.

«Je vis près de ces parcs où évolue Yogi, mais j'ai dû me rendre de l'autre côté de la planète pour le tournage», pouffe-t-il. L'autre côté de la planète étant la Nouvelle-Zélande, où il s'est installé avec son équipe et ses acteurs - entre autres Tom Cavanagh, qui interprète le ranger Smith, et Anna Faris, qui se glisse dans la peau de la documentariste Rachel Johnson.

Grotte meublée

La cinéaste veut graver sur pellicule des images de Yogi et Boo Boo dans leur habitat «naturel»... qui est loin de l'être: ils vivent dans une grotte entièrement meublée! Mais, bon, les deux copains se prêtent au jeu - avant de prêter main-forte à ces humains qui, comme eux, feront face à un drame: le maire de la ville voisine a décidé de vendre le parc. «Il faut sauver Jellystone!» devient leur mission à tous.

Sauf que pour la rendre dans toute sa «gloire», cette mission, Eric Brevig a dû user d'ingéniosité. «Nous avons transporté notre équipement dans des endroits inimaginables, au sommet d'arbres, dans des rapides... Et je parle de ces plateformes sur lesquelles sont placées les deux caméras, la droite et la gauche, qui pèsent en tout presque 40 kg!»

Mais si, lui, pouvait bénéficier des avantages de la technologie moderne, il tenait à ce que Yogi conserve son côté vintage: «Ses inventions devaient être intemporelles. Sinon, nous aurions perdu de ce qui fait la nature classique de cet univers», conclut le réalisateur, qui a retravaillé le scénario du film au moment où le gouvernement américain évoquait la possibilité de vendre certains parcs nationaux. Cette idée-là, moderne et contemporaine (!), a fait son chemin jusque dans Yogi Bear. Il y a plus que des sandwichs en jeu, ici!

Yogi Bear (Yogi l'ours) prend l'affiche le 17 décembre.

Les frais de voyage ont été payés par Warner Bros.