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Berlinale: le bel au revoir d'Agnès Varda

La cinéaste Agnès Varda est allée à la... (PHOTO FABRIZIO BENSCH, REUTERS)

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La cinéaste Agnès Varda est allée à la Berlinale pour la première fois en 1965. Elle était de retour hier pour présenter son documentaire qui revient sur ses 65 ans de carrière, Varda par Agnès.

PHOTO FABRIZIO BENSCH, REUTERS

(Berlin) Dans son nouveau documentaire, Varda par Agnès, la vénérable - et vénérée - cinéaste revient sur son oeuvre. Dans la foulée, elle s'offre l'occasion de lancer un au revoir au cinéma, histoire de pouvoir se retirer avec sérénité.

Lorsqu'elle est arrivée à la salle de conférence en compagnie de sa fille Rosalie, aussi productrice de son nouveau film, Agnès Varda a tout de suite jeté d'un revers de main le terme «légende», utilisé par la présentatrice. «Je ne suis pas une légende, je suis vivante!», a lancé la cinéaste de 90 ans.

Le titre de son nouveau film, Varda par Agnès, évoque déjà ce regard personnel que l'artiste, qui compte maintenant 65 ans de carrière, porte sur l'ensemble de son oeuvre. Les films, bien sûr. De La Pointe-Courte, un premier long métrage tourné à sa manière en 1954 avec un inconnu nommé Philippe Noiret, jusqu'à Visages, villages, le film qu'elle a coréalisé avec le photographe conceptuel JR, il y a deux ans. Mais aussi des installations, des créations destinées aux musées, de l'art vivant. Parce que l'imagination de l'artiste visuelle est sans limites, encore aujourd'hui. «Je dois mon inspiration à ma curiosité, qui m'a toujours sauvée, même dans les moments plus difficiles», déclare-t-elle.

Celle qui a été la seule cinéaste de la Nouvelle Vague a pu s'affirmer dès le départ en réalisant La Pointe-Courte, un film qu'elle qualifie elle-même de «radical», car fabriqué avec la ferme intention de présenter quelque chose de différent. Huit ans plus tard, son deuxième long métrage, Cléo de 5 à 7, établit sa réputation.

Au plus près des gens

Varda par Agnès est divisé en deux parties. Dans la première, la cinéaste évoque son art à l'époque où les films étaient tournés sur pellicule: L'une chante, l'autre pas, Sans toit ni loi, Jacquot de Nantes... La deuxième, qui commence au tournant du nouveau millénaire, marque l'arrivée du numérique et une nouvelle approche du métier, surtout pour celle qui, après l'échec du film Les cent et une nuits, réalisé pour célébrer le 100e anniversaire du cinéma, a décidé d'abandonner la fiction. 

«Ces petites caméras m'ont permis d'approcher les gens de plus près, sans les intimider avec une grosse artillerie, un perchiste et une équipe. Ils s'ouvrent alors plus facilement, surtout ceux qui n'ont pas l'habitude de la caméra.»

Elle affirme avoir toujours eu le coeur à gauche, sans pour cela avoir de lien avec un parti politique. «Cela se traduit surtout par l'esprit qu'on retrouve dans mes films, par ce souci de prendre soin des gens. Je fais de mon mieux, dans la mesure de mes capacités. Cela n'a rien de politique. J'ai toujours été du côté des ouvriers. Et du côté des femmes, bien sûr.»

Encore loin de la parité

Ayant fait ses débuts à une époque où les femmes se faisaient très rares dans le milieu du cinéma, Agnès Varda a été à cet égard une pionnière. Elle salue les avancées des dernières années, mais il reste encore beaucoup de travail à faire pour atteindre la parité. La cinéaste a en outre été de la fameuse montée des marches de 82 femmes à Cannes l'an dernier, au cours de laquelle elle a pris la parole avec Cate Blanchett. Cela ne l'empêche pas de garder son sens critique.

«Oui, on compte maintenant plusieurs réalisatrices, mais il est très important qu'on retrouve des femmes dans tous les métiers du cinéma, qu'elles deviennent aussi directrices, techniciennes de son, qu'elles occupent des postes clés.»

«C'est bien de réclamer la parité dans le milieu du cinéma, mais il faudrait aussi la revendiquer partout où il n'y a pas de showbiz!»

Visiblement, l'instrumentalisation d'une cause au profit du spectacle répugne à cette artiste qui n'a jamais rien fait comme les autres. «Cette opération à Cannes a quand même eu le mérite de faire bouger les choses dans le monde des festivals de cinéma, où il y aura désormais plus de femmes dans les comités de sélection. Mais je ne suis pas certaine qu'il faille toujours faire des actions spectaculaires pour y arriver. Je ne veux rien critiquer, mais de belles femmes, de beaux escaliers et de belles robes... Tout ça est parfois moins efficace que de marcher dans la rue ou de revendiquer des choses dans des réunions.»

S'étant beaucoup révélée dans ses films, Agnès Varda compte par ailleurs ralentir ses activités. «J'ai déjà beaucoup parlé de moi. Je ne vois pas ce que je pourrais ajouter. Dans ce film, je montre aussi beaucoup de gens qui ont nourri mon cinéma. C'est comme une façon de dire au revoir, car je dois me préparer à partir. En paix.»

Venue à la Berlinale une première fois en 1965 avec Le bonheur, qui lui avait valu un prix spécial du jury, Agnès Varda reçoit à Berlin cette année la Berlinale Camera, un trophée visant à honorer la contribution d'une personnalité à l'art cinématographique.




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