(Los Angeles) Le premier ministre François Legault utilise les salaires plus bas au Québec comme argument de vente auprès des maisons de production d’Hollywood, mais cette réalité a un revers. Le cinéaste Jean-Marc Vallée estime que des entreprises québécoises spécialisées dans les effets spéciaux perdent des employés qui se font offrir des salaires plus alléchants de la part de firmes étrangères.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

Selon le réalisateur québécois de C.R.A.Z.Y. et de Dallas Buyers Club, «il y a un effort à faire» de la part du gouvernement pour soutenir ces boîtes de postproduction du Québec, comme Fake Studio avec qui il travaille depuis des années.

«Je sais qu’il y a un effort qui est fait en crédit d’impôt pour attirer les investisseurs étrangers, mais je pense qu’il y a en a un aussi à faire pour sauvegarder nos boîtes», a-t-il affirmé aux journalistes alors qu’il prenait place à table pour un dîner avec M. Legault à Los Angeles. M. Vallée venait d’apprendre que sa série Big Little Lies a été mise en nomination dans trois catégories, dont meilleure série dramatique, en vue du gala des Golden Globes.  

Selon lui, «beaucoup» de firmes étrangères font compétition aux entreprises québécoises et «viennent créer une surenchère au niveau des salaires. Et nos artistes d’effets spéciaux, d’effets visuels, se retrouvent à avoir des offres impressionnantes auprès de ces boîtes-là, et nos boîtes comme Fake Studio perdent un peu de nos joueurs».

Selon lui, «il y a une réflexion à faire pour avoir un espèce d’équilibre : on attire les étrangers et on conserve aussi ce qu’on doit conserver».

Jean-Marc Vallée travaille présentement sur un projet de film portant sur la relation entre John Lennon et Yoko Ono.

François Legault poursuit lundi ses rencontres auprès des gros noms de l’industrie du cinéma et de la télévision d’Hollywood. M. Vallée a salué sa présence en sol californien.