(Los Angeles) La société montréalaise Rodeo FX devient le principal producteur d’effets visuels pour la saison 4 de Stranger Things, en vertu d’une entente avec Netflix annoncée lundi. Ce partenariat consolide 100 à 150 emplois au Québec, avec un salaire moyen de 75 000 $.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

Cette annonce survient dans le cadre de la mission du premier ministre François Legault en Californie. Il reconnaissait en matinée que « cette nouvelle n’a rien à voir » avec lui. Il a rencontré le président-fondateur de Rodeo FX, Sébastien Moreau, dimanche à Los Angeles. M. Moreau accompagnait le premier ministre lors de sa visite dans les bureaux de Netflix lundi.

Rodeo FX faisait partie des producteurs d’effets visuels pour la saison 3 de Stranger Things, mais il n’en était pas le principal.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

Le président-fondateur de Rodeo FX, Sébastien Moreau.

L’un des objectifs de la mission de M. Legault est d’augmenter le nombre de films et de séries tournés au Québec. Il ne prévoit pas conclure d’ententes avec les grands studios d’Hollywood durant sa mission. Il s’attend néanmoins à ce que des contrats soient signés l’an prochain.

Lundi, François Legault fait une série de rencontres avec des représentants de l’industrie du cinéma et de la télévision de la Californie.

« Je ne m’attends pas à signer de contrats aujourd’hui, vous allez comprendre », a-t-il affirmé lors d’une mêlée de presse. Néanmoins, « des approches préliminaires ont été faites, et il y a de belles ouvertures. Je m’attends dans l’année qui vient à ce qu’il y ait des contrats de signés ».

Dans le cadre de sa mission, M. Legault offre aux producteurs d’Hollywood un avantage financier supplémentaire en échange d’un engagement à faire plus de tournages au Québec.

Il a eu un entretien en matinée avec le réalisateur Roland Emmerich (Independence Day, Godzilla) dont le film Midway, un drame historique présentement à l’affiche, a été tourné en partie à Montréal. M. Emmerich possède deux condos dans la métropole. Il affectionne particulièrement la ville, qui présente certains avantages à ses yeux : « J’aime la culture française, mais peut-être pas tant les Français », a-t-il mentionné.

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Roland Emmerich

François Legault a rencontré le vice-président production de Netflix, Steve Squillante, et d’autres dirigeants de cette plateforme de diffusion en continu. « Je suis intéressé à avoir un studio permanent » de Netflix à Montréal, a affirmé le premier ministre. M. Legault souhaite aussi que Netflix diffuse davantage de productions québécoises. Netflix vient de produire son premier long métrage québécois, Jusqu’au déclin (mettant en vedette notamment Réal Bossé), dont la sortie est prévue l’an prochain.

M. Legault rencontre également des dirigeants de Sony Pictures, de Walt Disney Company et de NBC-Universal. Il faisait valoir aux dirigeants de Netflix que Montréal a des avantages comparativement à Toronto et Vancouver : « meilleure qualité, meilleurs prix », a-t-il résumé.

« En Californie, le salaire moyen est de 76 000 US. Au Québec, c’est 37 000 US. Entre les deux, il y a quelque chose d’intéressant de dire à ces gens-là : venez produire au Québec. Nous, on va augmenter notre salaire moyen et, vous, vous êtes capables peut-être de diminuer un peu votre coût. Donc c’est gagnant-gagnant », disait-il aux journalistes un peu plus tôt.

François Legault dîne avec le cinéaste québécois Jean-Marc Vallée, qui a réalisé entre autres le film Dallas Buyers Club et la série Big Little Lies.

Le premier ministre a signalé que le financement pour la production de films québécois sera revu à la hausse l’an prochain. Il n’a toutefois donné aucune précision. « J’ai rencontré Denise Robert, Roger Frappier, beaucoup de gens qui sont ouverts à produire plus au Québec. J’ai demandé : qu’est-ce que ça vous prend pour en faire plus ? On est en train d’analyser ça », a-t-il dit, ajoutant qu’il y aura « des bonifications dans l’année qui vient ».