Avis aux intéressés : c’est demain qu’est lancée la troisième présentation du Festival de films féministes de Montréal, avec une trentaine de films des quatre coins du monde. Nouveauté cette année : le festival propose un volet de films de genre féministes, mesdames et messieurs.

Silvia Galipeau Silvia Galipeau
La Presse

« Oui ! C’est la première fois cette année, et j’aimerais répéter ça, parce que je suis une grande fan du festival Spasm et de Fantasia, se félicite Magenta Baribeau, directrice générale du festival. J’ai toujours été une grande fan de films d’horreur, mais il n’y a pas assez de féminisme dans l’horreur. »

PHOTO FOURNIE PAR LE FESTIVAL

Gemini, de Mily Mumford, Canada

Les scénarios ici proposés sont souvent « jouissifs », dit-elle, les femmes se réappropriant la narration : « On reprend le contrôle de nos histoires. » Soulignons une fiction futuriste à la Black Mirror (Gemini, du Canada), un film d’horreur (Tickle, du Royaume-Uni), et surtout Switch, une « fable queer pop et fantastique » qui nous vient de Belgique, présentée en première montréalaise.

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Switch, de Marion Renard, Belgique

Des 36 films présentés (4 longs métrages et 32 courts), plusieurs sont aussi des premières mondiales, signale la directrice, également cinéaste (Maman ? Non merci !). C’est d’ailleurs après avoir été invitée au Festival de cinéma féministe de Londres, en 2016, puis de Berlin, en 2017, qu’elle a eu l’idée de lancer un événement semblable ici.

C’est génial. Ça donne une vitrine à des films qu’on ne pourrait pas voir ailleurs !

Magenta Baribeau, directrice générale du festival

Un exemple entre mille (pardon : 36 !) : le festival propose un film sur la douleur vulvaire (Pain(ful) perception), un court métrage d’une toute jeune réalisatrice sur le consentement et l’intimidation (A Little Different), et un autre sur les ébats amoureux et les menstruations (Tampon).

Faut-il le préciser ? Certes, les films proposés ont évidemment un contenu ou une approche féministe, mais ils ne sont pas forcément déprimants pour autant. Tout le contraire, en fait. « On y va vraiment avec des films drôles, touchants, positifs, fait valoir Magenta Baribeau. Le but n’est pas de faire une programmation avec huit films sur le viol, pour qu’on ait tous envie de se pendre après ! Au contraire ! On veut montrer qu’il y a de l’espoir. »

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Till Death Do Us a Party, Shirmaine Ong, Royaume-Uni

Sujets variés

La programmation va d’ailleurs dans toutes les directions, « selon ce qu’on a reçu », note la directrice. Plusieurs films abordent la question du vieillissement (Eighty and Counting, d’Israël, ou encore Till Death Do Us a Party, du Royaume-Uni), ou encore de la maternité (signalons ici Un homme sage-femme, de la Québécoise Martine Asselin, un portrait de Louis Maltais, ex-artiste de cirque devenu sage-femme).

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Un homme sage-femme, de Martine Asselin, Canada

Bref, on devine qu’il y en a ici pour tous les goûts, les couleurs et les genres. « C’est vraiment un festival pour tout le monde. Pas juste les femmes ou les féministes. Je dirais que c’est un bon endroit pour apprendre différentes réalités féministes, à travers l’humour et dans la bonne humeur. »

Le festival se déroule jusqu’à dimanche. L’entrée est gratuite, mais une contribution volontaire de 7 $ est suggérée, question de rétribuer les artistes. Réservations recommandées.