Après Mercedes, Ford ou Audi, c'est au tour d'Alfa Romeo d'entrer dans le club des constructeurs automobiles centenaires.

Éric Lefrançois
Éric Lefrançois LA PRESSE

Fondée en 1910 à Milan, la marque A.L.F.A. (acronyme pour Anonima Lombarda Fabbrica Automobili) va mettre cinq ans pour trouver son Romeo. Ingénieur napolitain, Nicolas Romeo prend une forte participation dans l'entreprise et la renomme Alfa Romeo Milano. Mais la guerre éclate et la marque nouvellement formée estampillera pour la première fois son nom sur la 20-30 HP commercialisée en 1920. Parallèlement, la marque milanaise met sur pied d'une équipe de course qui verra défiler les plus grands noms du sport automobile (Ascari, Nuvolari et un certain Enzo Ferrari).

 

Malgré ses succès en piste qui lui apportent une grande notoriété à l'échelle internationale, la petite entreprise lombarde vacille sur le plan financier. Nicolas Romeo est invité à prendre la porte. Les repreneurs se succèdent jusqu'en 1986, année où le groupe Fiat l'intègre à son portefeuille de marques.

 

Durant toute son histoire, la marque a connu des hauts et des bas. On n'en voudra pas à ses fidèles de ne retenir que le meilleur de cette longue histoire féconde en oeuvres majeures. On pense aux Alfetta de F1, aux sports-prototypes TT 33, sans oublier bien sûr quelques modèles de (petite) série griffés Zagato, les études BAT ou encore la Montréal dont une complètement rénovée circule, l'été, sur les routes du Québec aux mains de l'un de nos lecteurs.

 

Pour de nombreux cinéphiles cependant, Alfa Romeo évoque irrémédiablement la Spider rouge de The Graduate (avec Dustin Hoffman) ou plus récemment encore, dans Nine, la Guilleta bleu poudre dans laquelle Daniel Day-Lewis et Sophia Loren prennent places.

 

 

Nouvel essor

 

Plus bourgeoise qu'une Fiat, plus sportive qu'une Lancia, Alfa Romeo a toujours joué la carte de la «sportivité italienne». En somme, c'est la Ferrari «des pauvres».

 

Comme l'ensemble du groupe Fiat, Alfa Romeo négocie mal le virage des années 80-90. Minés par un manque chronique de fiabilité et par une qualité de finition quelconque, ses modèles s'escriment maladroitement à ressembler à des voitures allemandes. Il n'y a guère qu'en Italie, où se concentrent les trois quarts de la clientèle, que la marque conserve une certaine aura.

 

Aujourd'hui, Alfa reprend des couleurs et retrouve des perspectives. Le lancement de la 8C Competizione, de la mignonne MiTo et, plus récemment, de la Giulietta, qui fera carrière en Amérique du Nord sous les patronymes de Chrysler et Dodge, redonnent une nouvelle jeunesse à cette marque italienne.

 

Et le logo?

 

À l'image de celui des BlackHawks de Chicago, les nouveaux champions de la Coupe Stanley, le logotype d'Alfa Romeo figure parmi les plus beaux du monde. Certes, les ornements qui ceinturaient autrefois l'emblème ont été maintes fois modifiés et le mot Milano a été biffé au fil des années. Mais la croix rouge sur fond blanc, symbole de la ville de Milan, et le serpent symbole des Visconti, eux, ont été préservés. Quant à l'autre emblème mythique de la marque, le Quadrifoglio (trèfle à quatre feuilles), il se trouve, peint en vert, sur les modèles les plus sportifs de la marque ou, en or, sur les plus richement équipés.

 

À surveiller cette semaine

Mazda convoque la presse nord-américaine au lancement de sa nouvelle sous-compacte, la 2. De son côté, Mercedes présente sa Classe R et sa Smart électrique alors que Volkswagen dévoile en avant-première mondiale sa nouvelle Jetta.

 

Concours d'élégance

 

Pour découvrir certaines Alfa et les plus belles voitures du monde, inscrivez le concours d'élégance Le Mirage à votre agenda. Le rassemblement se déroulera du 16 au 18 juillet au club de golf Le Mirage et au parc équestre de Blainville. Pour plus d'informations: www.concourslemirage.ca

Photo fournie par Alfa Romeo

L'Alfa Romeo Giulietta devrait être vendue dans les concessionnaires Chrysler d'Amérique du Nord d'ici quelques années.