Une récente étude britannique montre qu'ils peuvent même être plus risqués pour les femmes et les conducteurs âgés.

Mathieu Perreault
Mathieu Perreault

Une récente étude britannique montre qu'ils peuvent même être plus risqués pour les femmes et les conducteurs âgés.

«Les freins ABS servent surtout aux conducteurs sportifs ou agressifs, qui conduisent vite et doivent écraser les freins de temps à autre», explique Jeremy Broughton, un ingénieur du Laboratoire de recherches sur les transports, une ONG du Berkshire.

«Pour les jeunes hommes, qui ont souvent ce type de comportement, les ABS réduisent les risques pour les autres véhicules et pour les piétons, mais ils augmentent le risque pour le conducteur et les passagers. Mais pour les femmes, et les personnes âgées, il semble y avoir un léger désavantage. Comme ces conducteurs sont plus sages, ils ont rarement besoin d'écraser les freins, et donc ne sont pas familiers avec la réponse de l'ABS. La surprise peut perturber leurs réactions dans des situations cruciales.»

L'équipe de M. Broughton a fait son analyse - un sondage regroupant 21 000 automobilistes - à la demande du gouvernement britannique.

«L'Union européenne envisageait de rendre l'ABS obligatoire. Le gouvernement a voulu avoir ses propres études. Finalement, l'idée de l'ABS obligatoire a été abandonnée, parce que les bénéfices ne sont pas nets. Mais il n'y a pas non plus d'indications qu'il faudrait les interdire. C'est une technologie comme une autre, qui peut être bien ou mal utilisée.»

Manque d'information

Selon l'ingénieur britannique, les fabricants de voitures devraient mieux avertir les automobilistes du comportement des freins ABS. «Personnellement, je le savais, parce que j'ai lu le manuel d'instruction de ma voiture au complet. Mais la description de l'ABS était faite à la page 150. Je doute que beaucoup d'automobilistes, à part des ingénieurs comme moi, se rendent aussi loin dans leur lecture.»

Au fil des ans, la proportion des automobilistes que le staccato de l'ABS surprend diminuera, tout simplement parce que les jeunes hommes impétueux vieilliront et remplaceront les automobilistes d'âge mûr qui conduisent prudemment.

Mais il ne faut pas se fier au passage des ans pour éduquer le public aux nouvelles technologies, selon M. Broughton. «Il y aura sans cesse de nouveaux gadgets. Il faut que les constructeurs trouvent de meilleures manières d'éduquer les automobilistes.»

L'ABS a été développé dans les années 30 pour les avions, puis a été transféré au secteur automobile dans les années 60. Les premiers modèles sont apparus au début des années 70 aux États-Unis, mais il a fallu l'adoption de l'ABS par Mercedes et BMW, à la fin de la décennie, pour que la technologie s'implante vraiment.

Les voitures grand public n'ont commencé à avoir des freins ABS qu'au début des années 90.