Les Espagnols ont signé un doublé au Grand Prix d'Allemagne, avec Dani Pedrosa (Honda) devant Jorge Lorenzo (Yamaha), alors que le maestro italien Valentino Rossi (Yamaha), de retour en MotoGP six semaines après sa blessure, a pris une belle 4e place.

Daniel Ortelli AGENCE FRANCE-PRESSE

Pedrosa, qui n'avait plus gagné depuis le GP d'Italie début juin, au lendemain de la chute de Rossi aux essais, s'est imposé après une course en deux temps, interrompue par la chute du Français Randy de Puniet (Honda) au 10e tour.

«C'est fantastique d'avoir gagné ici, surtout après une course aussi difficile», a déclaré Pedrosa, monté sur le podium avec le maillot de l'équipe d'Espagne championne du monde de football par-dessus sa combinaison de cuir.

C'est sa 2e victoire cette saison et la 10e de sa carrière. Elle lui permet de contester un peu l'hégémonie de Lorenzo, qui venait de gagner trois fois et était parti en pole position pour la 4e fois d'affilée. Au classement général, Lorenzo mène toujours largement (185 points), mais Pedrosa lui a repris 5 points (138 pts).

«L'Espagne va bien en ce moment, dans beaucoup de sports. Il faut en profiter parce que ça ne va pas durer des années», a déclaré Lorenzo, toujours aussi décontracté. Il était en tête pendant la plus grande partie de la première course, celle qui a été interrompue par la chute dans laquelle de Puniet s'est fait une double fracture à la jambe gauche.

Le Français est tombé alors qu'il était 9e et sa Honda a été percutée par la Ducati d'Aleix Espargaro et la Suzuki d'Alvaro Bautista, avant de prendre feu. Les deux Espagnols se sont relevés mais n'ont pas pu repartir lors du 2e départ, donné à 13 concurrents pour 21 tours.

Rossi et Stoner font le spectacle

La deuxième course a commencé comme la première, avec Lorenzo devant et Pedrosa juste derrière, puis le pilote Honda a réussi à passer en tête à dix tours de la fin et à creuser un petit écart en signant deux fois le meilleur tour. Lorenzo a alors renoncé à prendre des risques.

Le suspense étant terminé devant, les derniers tours ont été animés par un duel somptueux entre Rossi et Stoner, les deux champions du monde se passant et se repassant plusieurs fois, notamment en bas de la grande descente où les motos de Grand Prix atteignent 275 km/h.

C'est finalement Stoner qui est monté sur le podium, mais Rossi avait fait l'essentiel: rassurer ses fans en faisant le spectacle jusqu'au bout, six semaines seulement après sa double fracture à la jambe droite. C'est maintenant à de Puniet d'essayer de faire aussi bien que le maestro italien.

En plus d'un doublé espagnol en MotoGP, les fans allemands massés autour du Sachsenring ont assisté à un triplé espagnol toutes catégories, puisque Toni Elias (Moriwaki) a gagné à nouveau en Moto2, pour la 3e fois de la saison, et que Marc Marquez (Derbi) a perpétué sa domination sur les 125 cc: 5e victoire d'affilée, aussi bien que Rossi en 1997.

Arrivés en leader de leur catégorie, Elias et Marquez ont fait des courses comparables, en partant prudemment de la première ligne pour remonter à leur rythme, un rythme impossible à suivre pour les autres pilotes. Un rythme de futurs champions du monde.