(Toronto, Ontario) À peine un an après sa sortie, le Rogue fait l’objet d’une révision importante susceptible de laisser ses premiers acheteurs pantois.

Publié le 9 déc. 2021
Éric LeFrançois
Éric LeFrançois Collaboration spéciale

Le même, mais en mieux

C’est comme ça et pas autrement. Au cours de sa carrière, tout véhicule normalement constitué fait l’objet d’une mise à niveau. Celle-ci s’opère généralement à mi-parcours, c’est-à-dire après trois ans. Le Rogue transgresse cette règle en s’arrogeant une mécanique à la fois plus performante et plus sobre qui fait dire aujourd’hui à bon nombre de premiers acheteurs : « Si seulement j’avais su. »

Chaque brochure publicitaire (imprimée ou électronique) des constructeurs automobiles comporte une interminable litanie de mises en garde. Parmi celles-ci se trouve « le droit d’apporter des changements en tout temps, et sans préavis, aux prix, couleurs, matériaux, équipements, données techniques et modèles, ainsi que d’interrompre la production de tout modèle ou équipement ».

Le fascicule du Rogue de Nissan contient également cette indication. Dès lors, peut-on reprocher à la marque japonaise de promouvoir un nouveau moteur et une boîte de vitesse améliorée sur un véhicule lancé il y a tout juste un an ? Non. D’autant plus que cette modification entraîne une réduction appréciable de la consommation (donc des gaz à effet de serre) et une amélioration sensible des performances.

Naturellement, tout le monde ne partage pas cet avis.

Parmi les 27 000 premiers acheteurs de ce Rogue de troisième génération, certains se disent déçus de se retrouver en si peu de temps avec un véhicule « techniquement inférieur ».

Pour mettre un peu de baume sur le cœur de ces clients, il importe de souligner que Nissan Canada, contrairement à son homologue américain, ne tire pas un trait définitif sur le moteur de 2,5 L. Ce dernier demeure au catalogue canadien, mais uniquement pour mouvoir la déclinaison de base (S). Pour combien de temps encore ? Les paris sont ouverts.

Un moteur à découvrir

Le principal attrait du 2,5 L demeure. Il s’agit d’une mécanique éprouvée et réputée fiable. En contrepartie, son rendement général laissait à désirer. Le trois-cylindres de 1,5 L à taux de compression variable (VC-Turbo) qui lui succède promet de faire mieux. Offert de série sur les versions les plus huppées, il entraîne non seulement les prix à la hausse (environ 800 $), mais présente aussi un dossier de fiabilité encore vierge. Voilà un point qui suscite encore des interrogations compte tenu de la complexité de ses avancées. Les motoristes de la marque indiquent que cette motorisation a fait l’objet de plus de 3 millions de kilomètres (une première chez Nissan) de tests pour s’assurer de sa durabilité et de sa longévité.

  • La commercialisation des Rogue dotés d’un nouveau moteur de 1,5 L commencera le mois prochain.

    PHOTO FOURNIE PAR NISSAN

    La commercialisation des Rogue dotés d’un nouveau moteur de 1,5 L commencera le mois prochain.

  • Le trois-cylindres de 1,5 L à taux de compression variable (VC-Turbo) du nouveau Rogue

    PHOTO FOURNIE PAR NISSAN

    Le trois-cylindres de 1,5 L à taux de compression variable (VC-Turbo) du nouveau Rogue

  • Aperçu de l’habitacle du Nissan Rogue

    PHOTO FOURNIE PAR NISSAN

    Aperçu de l’habitacle du Nissan Rogue

  • Les modifications du moteur et de la boîte de vitesse entraînent une réduction appréciable de la consommation (donc des gaz à effet de serre).

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    Les modifications du moteur et de la boîte de vitesse entraînent une réduction appréciable de la consommation (donc des gaz à effet de serre).

  • En dépit d’un poids réduit d’une centaine de kilos et d’une répartition des masses légèrement altérée, le Rogue équipé du 1,5 L ne procure pas une conduite plus inspirée sur le plan dynamique.

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    En dépit d’un poids réduit d’une centaine de kilos et d’une répartition des masses légèrement altérée, le Rogue équipé du 1,5 L ne procure pas une conduite plus inspirée sur le plan dynamique.

  • Les ingénieurs ont revisité la boîte automatique à variation continue (CVT) pour optimiser les performances.

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    Les ingénieurs ont revisité la boîte automatique à variation continue (CVT) pour optimiser les performances.

  • Le coffre du Nissan Rogue

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    Le coffre du Nissan Rogue

  • Le Nissan Rogue se démarque par sa douceur de roulement et son comportement sans histoire.

    PHOTO FOURNIE PAR NISSAN

    Le Nissan Rogue se démarque par sa douceur de roulement et son comportement sans histoire.

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Avant d’aller plus loin, il importe de rappeler que ce trois-cylindres dérive assez étroitement du quatre-cylindres de 2 L turbocompressé à taux de compression variable inauguré, sur nos terres, par l’Infiniti QX50. Contre toute attente, il ne s’agit pas du même moteur auquel on aurait amputé un cylindre.

Forts de l’expertise acquise par Infiniti, les motoristes ont également procédé à une série de modifications visant, d’une part, à améliorer le refroidissement et, d’autre part, à diminuer la friction. Parallèlement, ces maximisations ont conduit les ingénieurs à revisiter la boîte automatique à variation continue (CVT) pour optimiser les performances (accélération et consommation) et la réduction du niveau sonore et des vibrations.

Et le résultat ?

La commercialisation des Rogue dotés d’un nouveau moteur de 1,5 L commencera le mois prochain. Sans en faire un missile, ce 1,5 L suralimenté arrache le Rogue de sa position statique avec plus d’aisance, et ce, sans émettre la cacophonie couramment associée aux moteurs à trois cylindres. L’accélération apparaît plus souple, mais ce sont surtout les prestations de ce moteur dans les phases de reprise qui étonnent davantage, sans être cependant les plus pugnaces de la catégorie (voir l’écran « La concurrence »). En dépit des améliorations dont elle a fait l’objet, la boîte CVT demeure lente à se mettre en train (à l’accélération). Il y a lieu de se demander s’il n’aurait pas été préférable d’imiter Toyota et de greffer à cette boîte un premier rapport mécanique pour atténuer, voire éradiquer, cette inertie passagère.

Le principal fait d’armes de cette mécanique demeure sa consommation, qui devrait s’établir sous la barre des 8 L/100 km, et ce, avec de l’essence ordinaire.

Dans le cadre de cet essai, il a été possible de réaliser 7,8 L/100 km sur un parcours mixte.

En dépit d’un poids réduit d’une centaine de kilos et d’une répartition des masses légèrement altérée, le Rogue équipé du 1,5 L ne procure pas une conduite plus inspirée sur le plan dynamique. Un peu pataud, ce véhicule préfère les enchaînements lents et les courbes linéaires au labyrinthe sinueux de certaines routes secondaires. Il se fait apprécier pour sa douceur de roulement et son comportement sans histoire. Des qualités qui, jusqu’ici, ont eu l’air de plaire à quelque 27 000 clients. C’est beaucoup !

Consultez le site web de Nissan Canada

Prix

De 28 998 $ à 41 998 $

Visible dans les concessions

Janvier 2022

On aime

Présentation moderne
Gains perceptibles du nouveau moteur (accélération et économie)
Confort de roulement

On aime moins

Mécanique plus complexe
Comportement peu inspiré, mais sûr
Version de base (S) condamnée

Notre verdict

Pourquoi ne pas avoir proposé ce moteur dès le départ ?

Fiche technique

PHOTO FOURNIE PAR NISSAN

Nissan Rogue

Moteur

L4 DACT 2,5 L atmosphérique (S) : 181 ch à 6000 tr/min, 181 lb-pi de couple à 3600 tr/min

L3 DACT 1,5 L turbocompressé (SV, SL, Platinum) : 201 ch à 5600 tr/min, 225 lb-pi de couple entre 2800 et 4000 tr/min

Performances

Poids : 1697 kg

Garde au sol minimale : 208 mm

Capacité de remorquage maximale : 680 kg

Boîte de vitesses

De série : automatique à variation continue (CVT)

Optionnelle : aucune

Mode d’entraînement : traction ou rouage intégral

Pneus

235/65R17 (S)

235/60R18 (SV)

235/55R19 (SL et Platinum)

Capacité du réservoir, essence recommandée

55 L

Ordinaire

Consommation

7,8 L/100 km

Dimensions

Empattement : 2706 mm

Longueur : 4648 mm

Hauteur : 1689 (barres de toit comprises)

Largeur : 1840 mm (rétroviseurs extérieurs exclus)

Stratégie différente aux États-Unis

PHOTO FOURNIE PAR NISSAN

Le moteur de 2,5 L du Nissan Rogue

Aux États-Unis, le moteur de 2,5 L (notre photo) n’est plus à bord du Rogue. Au Canada, cette motorisation demeure au catalogue, mais seulement pour mouvoir les modèles d’entrée de gamme. À noter que ce même moteur reste également offert à bord du Mitsubishi Outlander (voir le texte qui suit), lequel partage plusieurs composants avec le Rogue. Quant au moteur à taux de compression variable, cette technologie se retrouve déjà à bord des Infiniti QX50/QX55 au Canada. Elle est également offerte aux acheteurs de l’Altima chez nos voisins du Sud.

Les paris sont ouverts

PHOTO XIA YANG, FOURNIE PAR MITSUBISHI

Mitsubishi Outlander PHEV

L’arrivée d’un moteur à trois cylindres de 1,5 L à taux de compression variable à bord du Rogue a créé la surprise chez les observateurs du secteur automobile. Ces derniers s’attendaient plutôt à voir débarquer une version hybride rechargeable issue de Mitsubishi, partenaire de Nissan au sein de l’Alliance. La seconde génération de l’Outlander PHEV (notre photo) fera son entrée dans les salles d’exposition au cours du deuxième trimestre de 2022. Tout laisse croire que cette technologie demeurera, à court terme, exclusive à la marque aux trois diamants.

Volkswagen Tiguan : un coup de plumeau

PHOTO LUCAS SCARFONE, FOURNIE PAR VOLKSWAGEN

Volkswagen Tiguan

(Niagara-on-the-Lake, Ontario) – Modèle le plus vendu de la gamme Volkswagen dans le monde (Canada compris), le Tiguan capte un public plus jeune (46 ans en moyenne) et financièrement mieux nanti (revenu du ménage de 124 000 $) que celui de tous les autres utilitaires de sa catégorie. Il faut dire que le prix de l’utilitaire allemand est lui aussi au-dessus de la moyenne.

Des performances qui ne satisfont pas totalement la direction canadienne de VW, qui souhaite voir le Tiguan batailler aux avant-postes. Pour l’heure, il occupe la huitième place, loin derrière les RAV4 (Toyota), CR-V (Honda), voire Rogue (Nissan). Pour améliorer son positionnement, Volkswagen compte sur la mise à jour dont le modèle fait l’objet cette année.

PHOTO LUCAS SCARFONE, FOURNIE PAR VOLKSWAGEN

Le dessin des jantes du nouveau Volkswagen Tiguan a été modifié.

Un rafraîchissement bienvenu

Même si on ne retouche pas un modèle aussi populaire en partant d’une page blanche, le Tiguan nouveau sait se faire remarquer. Sa face avant, notamment, a été modifiée tout comme le dessin des jantes, dont des 20 po, une première pour le Tiguan « canadien ». L’habitacle aussi a eu droit à un coup de plumeau. Celui-ci s’embourgeoise à l’aide de matériaux de qualité supérieure et de la présence de nouveaux accessoires, parmi lesquels on trouve un volant chauffant, les sièges climatisés et le bloc d’instrumentation étendu paramétrable (Digital Cockpit). Sur le plan technique, le rouage intégral fait désormais partie des caractéristiques de série de ce véhicule (finies, les versions tractées).

Contraint de recourir à des stratagèmes commerciaux classiques, ce véhicule, dont les débuts remontent à cinq ans, est-il en train de devenir un utilitaire parmi tant d’autres ?

Indiscutablement, il a un peu vieilli et, sans doute, n’est-il pas le plus à l’aise dans une utilisation familiale.

Un habitacle remarquable

Il suffit pourtant de faire un petit tour à son bord pour réaliser que son aura reste vive. Toujours élégant, il se distingue par un habitacle ergonomique (à l’exception des commandes de climatisation) et flatteur à l’œil. Maniable et facile à placer dans les virages, le Tiguan figure assurément parmi les utilitaires compacts les plus agréables à conduire. Une qualité que l’on peut pleinement exploiter avec le groupe motopropulseur en place. Si la puissance apparaît plutôt juste, le couple produit par ce moteur nous impressionne davantage par sa souplesse et sa disponibilité à bas et moyen régimes.

PHOTO LUCAS SCARFONE, FOURNIE PAR VOLKSWAGEN

Le Volkswagen Tiguan se distingue par un habitacle ergonomique.

Il avance aussi plusieurs astuces (banquette coulissante, troisième rangée de sièges) dont la plupart, sinon la majorité, de ses concurrents sont dépourvus. Même s’il figure parmi les plus agréables à conduire, le Tiguan se trouvera inévitablement en concurrence, au Québec à tout le moins, avec l’électrique ID.4. Ce dernier, une fois les subventions appliquées, se vend en effet sensiblement dans la même fourchette de prix et risque à terme de cannibaliser les ventes du Tiguan.

Fourchette de prix : de 32 995 $ à 42 995 $

Faites part de votre expérience

La Presse publiera prochainement l’essai des véhicules suivants : Ford Maverick, Jeep Grand Cherokee, Infiniti QX60 et Subaru Forester. Si vous possédez l’un de ces véhicules ou en attendez la livraison, nous aimerions bien vous lire.