Conscient du vieillissement de sa gamme, Nissan promet une salve de nouveautés au cours des trois prochaines années, dont un Rogue — son modèle qui se vend le mieux au Canada — renouvelé après une carrière de sept ans. Aussi bien écrire une éternité, surtout dans le segment qu’il occupe, l’un des plus prisés des consommateurs.

Éric LeFrançois Éric LeFrançois
Collaboration spéciale

Depuis 2007, année de son lancement initial, le Rogue de Nissan s’est allongé, s’est musclé et, surtout, s’est étoffé, pour devancer l’embourgeoisement de sa clientèle et accompagner son ascension. Comme il se doit, la petite dernière que célèbre aujourd’hui le constructeur japonais en offre davantage que la précédente génération.

Un poil plus courte que sa prédécesseure, cette troisième mouture s’est allégée de quelques kilos. La nouvelle architecture sur laquelle le Rogue repose servira, à terme, les intérêts de son partenaire Mitsubishi qui érigera sur celle-ci ses futurs Outlander et Outlander PHEV. Retenez ce détail, il a de l’importance dans la mesure où cette coopération et mutualité entre les deux constructeurs n’est pas à sens unique. Le Rogue bénéficiera lui aussi de la technologie PHEV élaborée par Mitsubishi, mais sans doute pas avant 2023. La direction de Nissan se refuse naturellement à commenter cette information.

Un moteur revisité

  • Un poil plus courte que sa prédécesseure, cette troisième mouture du Nissan Rogue s’est allégée de quelques kilos. La nouvelle architecture sur laquelle le Rogue repose servira, à terme, les intérêts de son partenaire Mitsubishi.

    PHOTO FOURNIE PAR NISSAN

    Un poil plus courte que sa prédécesseure, cette troisième mouture du Nissan Rogue s’est allégée de quelques kilos. La nouvelle architecture sur laquelle le Rogue repose servira, à terme, les intérêts de son partenaire Mitsubishi.

  • Le coffre bénéficie en partie de la configuration du tout nouveau châssis et du dessin du hayon en offrant une meilleure accessibilité.

    PHOTO FOURNIE PAR NISSAN

    Le coffre bénéficie en partie de la configuration du tout nouveau châssis et du dessin du hayon en offrant une meilleure accessibilité.

  • Son habitacle se distingue par sa qualité d’assemblage et ses teintes chaleureuses, offertes sur la déclinaison la plus chère cependant.

    PHOTO FOURNIE PAR NISSAN

    Son habitacle se distingue par sa qualité d’assemblage et ses teintes chaleureuses, offertes sur la déclinaison la plus chère cependant.

  • La cylindrée du Rogue est la même, mais ce moteur a été revisité des soupapes au carter et affiche un modeste gain de puissance (+ 6 %) et de couple (+ 3 %).

    PHOTO FOURNIE PAR NISSAN

    La cylindrée du Rogue est la même, mais ce moteur a été revisité des soupapes au carter et affiche un modeste gain de puissance (+ 6 %) et de couple (+ 3 %).

  • Le Nissan Rogue 2021 est un cinq places avec une habitabilité aux places arrière, qui disposent d’un bel espace, malgré la présence d’un monticule sous les pieds du passager assis au milieu.

    PHOTO FOURNIE PAR NISSAN

    Le Nissan Rogue 2021 est un cinq places avec une habitabilité aux places arrière, qui disposent d’un bel espace, malgré la présence d’un monticule sous les pieds du passager assis au milieu.

  • Saluons la programmation plus fine de la boîte automatique à variation continue (CVT) dont le rendement se révèle plus lisse qu’autrefois.

    PHOTO FOURNIE PAR NISSAN

    Saluons la programmation plus fine de la boîte automatique à variation continue (CVT) dont le rendement se révèle plus lisse qu’autrefois.

  • La tendance du Rogue à « pomper » sur les chaussées inégales paraît bel et bien avoir disparu, tout comme sa propension à tirer droit dans les courbes (phénomène de sous-virage). Du moins lorsque le véhicule est doté du mode d’entraînement à quatre roues motrices.

    PHOTO FOURNIE PAR NISSAN

    La tendance du Rogue à « pomper » sur les chaussées inégales paraît bel et bien avoir disparu, tout comme sa propension à tirer droit dans les courbes (phénomène de sous-virage). Du moins lorsque le véhicule est doté du mode d’entraînement à quatre roues motrices.

1/7
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Avant de parler d’une gamme de moteurs, Nissan préfère attirer l’attention sur la revitalisation de son bloc de 2,5 litres. La cylindrée est la même, mais ce moteur a été revisité des soupapes au carter et affiche un modeste gain de puissance (+ 6 %) et de couple (+ 3 %). Insuffisant pour faire du Rogue une roquette par rapport à ses rivaux, il est tout de même plus prompt à se remuer de sa position statique que le modèle précédent. Mieux encore, il consomme l’essence avec un peu plus de modération. En clair, ce moteur progresse moins en performances qu’en souplesse d’utilisation. À ce chapitre, saluons la programmation plus fine de la boîte automatique à variation continue (CVT) dont le rendement se révèle plus lisse qu’autrefois. Il faut ajouter aussi la qualité des propriétés acoustiques utilisées dans la confection de ce modèle. Le Rogue invite à une conduite plus paisible.

La suspension, souvent critiquée pour son manque de rigueur, marque des points ; sa tendance à « pomper » sur les chaussées inégales paraît bel et bien avoir disparu, tout comme sa propension à tirer droit dans les courbes (phénomène de sous-virage). Du moins lorsque le véhicule est doté du mode d’entraînement à quatre roues motrices, plus « prédictif » que l’ancien. Dans le cadre de cet essai, nous n’avons pas été en mesure de juger de la version tractée (roues avant motrices seulement). Quant au train arrière, il donne de l’agilité à ce véhicule dont la direction assistée offre un bien meilleur ressenti qu’autrefois, sans pour autant toiser les meilleures cependant au moment d’enfiler une succession de virages. Les ondulations et autres imperfections de la chaussée sont encaissées avec fermeté (notre véhicule d’essai chaussait des pneus 19 pouces).

Un bel écrin

Un peu moins encombrant, moins sonore, raisonnablement motorisé, correctement suspendu, le Rogue améliore l’ordinaire de ses occupants. Son habitacle se distingue par sa qualité d’assemblage et ses teintes chaleureuses, offertes sur la déclinaison la plus chère cependant.

Ainsi se présente le Rogue 2021, troisième du nom ; droit dans ses bottes et bien dans la tradition. Un peu trop ? Cela se pourrait.

S’il a su évoluer au niveau des assistances à la conduite (ProPILOT Assist, connectivité) pour se démarquer de ses concurrents, ce Rogue veille à ne pas déstabiliser sa fidèle clientèle. Il s’agit toujours d’un utilitaire classique, où l’on est installé assez haut avec possibilités d’aménagement intérieur particulièrement élaborées (voir fiche technique) qui rappellent des astuces vues chez Honda ou encore General Motors.

Retenons à ce chapitre la possibilité de personnaliser l’espace utilitaire, mais aussi cette console « à deux étages » ou encore des vide-poches plus accueillants. De petits détails en apparence anodins, mais qui contribuent à rendre la vie à bord plus agréable.

Contrairement à la génération précédente, le nouveau Rogue ne réhabilite pas la troisième banquette dans le cadre de cette refonte. Il se prétend donc comme un cinq places avec une habitabilité aux places arrière, qui disposent d’un bel espace, malgré la présence d’un monticule sous les pieds du passager assis au milieu. On aimera aussi (les parents de très jeunes enfants surtout) que les portières se détachent à l’angle presque droit (85 degrés) de la carrosserie pour faciliter l’accès et la sortie aux places. Le coffre bénéficie en partie de la configuration du tout nouveau châssis et du dessin du hayon en offrant une meilleure accessibilité. En revanche, sur le plan « comptable », cela se traduit par une légère perte du volume utilitaire par rapport au Rogue précédent. À l’avant, les sièges se révèlent confortables. L’assise est suffisamment longue, mais le support latéral partiel.

Visuellement, le Rogue réinterprète, dans la rue, certains des codes esthétiques aperçus il y a trois ans au Salon de Detroit sur l’étude X-Motion. Ce renouvellement donne un nouveau souffle au design du Rogue. La présentation générale apparaît plus flatteuse et saluons la découpe des glaces latérales qui favorise la visibilité. Et la silhouette plus ramassée qui lui confère une certaine élégance et un dynamisme par rapport aux lignes ramollies de son prédécesseur.

Renouvelé, mais pas réinventé, le Rogue possède de sérieuses chances de se retrouver sur la courte liste des acheteurs. Il s’agit d’un utilitaire qui ne brille exceptionnellement en rien — surtout en matière de capacité de remorquage —, mais qui s’avère homogène en tout.

Un coffre ingénieux

PHOTO FOURNIE PAR NISSAN

Le Rogue se distingue par son ingénieux dispositif Divide-N-Hide amélioré, qui permet de compartimenter l’espace dans le coffre.

Un peu plus ramassé, le nouveau Rogue demeure en tête au chapitre du volume utilitaire. Par rapport à ses plus proches concurrents, ce Nissan est parmi les meilleurs de sa catégorie (ex æquo avec le CR-V) lorsque les dossiers de la banquette arrière sont en fonction. Une fois repliés, le Rogue perd sa première place au profit du CR-V de Honda et du Forester de Subaru. Par ailleurs, le Rogue se distingue par son ingénieux dispositif Divide-N-Hide amélioré (il permet de compartimenter l’espace) et la présence d’un réceptacle derrière l’arche des roues pour accueillir le bidon de lave-glace.

Conduite semi-autonome

PHOTO NISSAN, NISSAN

Le dispositif de conduite semi-autonome (ProPILOT assist) plaît aux utilisateurs.

Plus de 80 % des utilisateurs du dispositif de conduite semi-autonome (ProPILOT assist) se disent satisfaits de cette innovation offerte aux acheteurs des déclinaisons SV et Platinum. Cela ne veut pas dire que celui-ci était parfait pour autant. Nissan a pris acte des critiques et apporte les correctifs nécessaires. Par exemple, il permet au système de demeurer actif sur une période de 30 secondes après que le véhicule s’est immobilisé. Ce temps accordé était autrefois de 3 secondes.

Faites part de votre expérience

La Presse publiera prochainement l’essai des véhicules suivants : BMW Série 4, Hyundai Elantra, Kia Optima (K5), Genesis G80 et GV80, Land Rover Defender, Lexus IS, Mini Cooper et Countryman, RAM 1500 et Toyota Sienna. Si vous possédez l’un de ces véhicules, nous aimerions bien vous lire.

Le Nissan Rogue en bref

Fourchette de prix : de 28 498 $ à 39 998 $
Déclinaison à l’essai : Platinum
Visible dans les concessions : maintenant
Pour en savoir plus, cliquez ici.

On aime

Confort acoustique soigné
Astuces intérieures
Éventail d’aides à la conduite

On aime moins

Comportement routier peu inspiré
Performances moyennes
Suspension ferme (pneus 19 pouces)

Notre verdict

Une proposition plus qu’honnête

Fiche technique

Moteur

L4 DACT 2,5 litres (aspiration naturelle)

181 chevaux à 6000 tr/min 181 lb-pi à 3600 tr/min

Performances

Poids : 1648 kg (Platinum)

Rapport poids/puissance : 9,1 kg/ch (Platinum)

Capacité maximale de remorquage : 612 kg

Boîte de vitesses

De série : automatique CVT

Optionnelle : aucune

Mode d’entraînement : traction ou intégral

Pneus

235/65R17 (S)

235/60R18 (SV)

235/55R19 (Platinum)

Capacité du réservoir et essence recommandée

55 litres ; ordinaire

Consommation

7,7 L/100 km (AWD)

Dimensions :

Empattement : 2706 mm ; longueur : 4648 mm ; hauteur : 1689 mm (incluant longerons de toit) ; largeur : 1840 mm (rétroviseurs extérieurs repliés)