Venu d’Europe, où il a longtemps fait la pluie et le beau temps, le Qashqai a permis à Nissan d’occuper rapidement le segment des utilitaires compacts. Pour faire face à une compétition plus jeune et souvent plus dynamique, Nissan aborde la mise à niveau du Qashqai avec la plus grande circonspection.

Éric LeFrançois
Éric LeFrançois Collaboration spéciale

En plaçant côte à côte le nouveau Nissan Qashqai 2020 – commercialisé sous le nom de Rogue Sport aux États-Unis – et son devancier, apparu il y a trois ans, il n’est pas sûr que l’on pourra faire le jeu des sept erreurs.

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Nissan Qashqai

Quelques retouches

Un œil très exercé finira par pointer les phares, le capot, la structure de la calandre, les retouches apportées aux feux arrière et, sur certains modèles, l’enjolivement des jantes de 19 pouces. Avant de trouver sept dissemblances, on risque d’avoir jeté l’éponge. À cette série de corrections, il importe d’ajouter l’intégration, de série, d’un certain nombre d’assistances à la conduite.

Rares sont les voitures de grande diffusion qui échappent à la sacro-sainte mise à jour. Celle-ci, en général, intervient après trois à cinq ans de carrière. Les concurrents du Qashqai se sont pliés, sans exception, à la tradition.

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Le consommateur américain étant un peu réfractaire aux noms d’autos trop exotiques, Nissan a décidé de l’appeler « Rogue Sport » aux États-Unis. Au Canada on a conservé son nom original.

Copie pratiquement conforme de son devancier, ce Nissan n’a pas éprouvé le besoin de corriger le tir, même de façon subliminale. Il ne se donne même pas la peine de faire semblant de rajeunir.

On ne change pas un véhicule gagnant 

Cette parfaite continuité, sur le fond comme sur la forme, pourrait faire mauvais effet dans un univers automobile où le renouvellement accéléré des modèles tend à hâter leur obsolescence. Pourtant, le conservatisme du Qashqai apparaît comme une évidence, et nul ne fera reproche à Nissan d’appliquer sans fard le précepte « on ne change pas un véhicule gagnant ».

Produit à plusieurs centaines de milliers d’unités, ce modèle, qui a longtemps été l’un des plus vendus en Europe, dispose de sérieux états de service.

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Nissan Qashqai

En dépit de toute la sympathie qu’inspire ce Nissan, on regrettera cependant que cette opération de restauration minimaliste fasse l’impasse sur certaines imperfections auxquelles il aurait été bienvenu de remédier.

Désagréable à manier, le levier de vitesse de la boîte manuelle souffre toujours d’un débattement excessif. Mais combien de consommateurs relèveront cette lacune ? À peine 5 % des acheteurs.

Le plus détestable demeure cette série de commandes tapissée dans la partie inférieure du tableau de bord, source de distraction. Et puis, si les lignes extérieures du Qashqai ont conservé leur fraîcheur, l’habitacle commence à dater sérieusement.

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L’habitacle a des dimensions généreuses, mais il commence à dater sérieusement.

Les matériaux utilisés sonnent creux et rien n’a été vraiment entrepris pour remédier à la platitude de cet intérieur aux dimensions généreuses, cependant, pour accueillir confortablement quatre personnes à bord. Dans ce domaine, le Qashqai n’a pas à rougir face à ses rivaux, généralement plus étriqués en matière d’habitabilité.

Le même commentaire s’applique au coffre. En outre, celui-ci est aisément modulable grâce notamment au système de rangement Divide-N-Hide, qui permet de le compartimenter à la manière d’une camionnette.

On regrette cependant que le Qashqai ne soit pas autorisé à tracter la moindre charge.

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Nissan Qashqai

N’en déplaise à ceux qui le trouvent surfait, le Qashqai ne se réduit pas à ses dimensions intérieures flatteuses.

Très maniable

Il est aussi l’un des plus maniables qui soit. Et il est à l’aise en ville.

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Le coffre du Nissan Qashqai est aisément modulable grâce notamment au système de rangement Divide-N-Hide, qui permet de le compartimenter à la manière d’une camionnette.

Aidé par la grande légèreté de sa direction et sa généreuse surface vitrée, ce Nissan facilite la réalisation d’un créneau. Sur la route, il est possible – heureusement – de durcir la direction (le bouton se trouve hélas dans la partie sombre du tableau de bord) pour améliorer (légèrement) le ressenti. Cet utilitaire se montre alors plutôt confortable et pas désagréable à conduire, mais dégage peu de sensations.

De nombreux automobilistes s’en satisferont, tout comme de la nature sous-vireuse de la version tractée. Pour atténuer ce phénomène et surtout bénéficier d’un filet de sécurité additionnel, mieux vaut opter pour le rouage à quatre roues motrices.

Du point A au point B

Inapte à franchir les ornières ou à escalader les roches, ce mode d’entraînement s’accommode en revanche des chaussées glissantes, voire enneigées. Suspendu avec souplesse au-dessus de la route, le Qashqai reste stable sur le sec et, sur autoroute, garde imperturbablement son cap.

PHOTO JAY MCNALLY, FOURNIE PAR NISSAN CANADA

Nissan Qashqai

Le moteur de 2 litres remplit son office avec efficacité, mais sans grand enthousiasme. L’accélération manque de vigueur, tout comme les reprises. Il aurait été facile d’excuser cette mollesse si le Qashqai affichait une consommation record de carburant, mais ce n’est pas le cas. Ce Nissan se classe dans la moyenne à ce chapitre.

La boîte automatique à variation continue (CVT) offre un rendement adéquat, sans plus. Il existe sur le marché des transmissions CVT qui calquent avec plus de fidélité le comportement d’une boîte automatique traditionnelle. Un autre élément sur lequel le constructeur devra se pencher plus sérieusement lors de la refonte complète de ce véhicule, que Nissan envisageait de lancer d’ici deux ans. C’était le plan avant que la COVID-19 frappe.

Faites part de votre expérience La Presse publiera prochainement l’essai des véhicules suivants : Honda Accord, Land Rover Defender, Porsche Taycan et Toyota Camry. Si vous possédez l’un de ces véhicules, nous aimerions bien vous lire.

Trois pédales

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Le Qashqai fait partie des derniers véhicules à proposer une boîte manuelle.

Le rapport de boîte que l’on engage de la main droite tout en effectuant en souplesse un mouvement de balancier entre la pédale d’embrayage et l’accélérateur constitue pour plusieurs automobilistes un geste archaïque. Mais pas pour tous. Le Qashqai fait partie de ces derniers véhicules à proposer ce type de boîte, ce qui lui permet de s’afficher à un prix d’entrée très attractif. Hélas, cette boîte taxe la consommation, refuse de s’accoupler au rouage à quatre roues motrices et risque finalement de compliquer la revente du véhicule.

Anges gardiens technologiques

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La conduite semi-autonome ProPILOT est uniquement disponible sur la livrée SL, la plus chère.

Dans le cadre de cette refonte, le Qashqai s’enrichit de plusieurs anges gardiens veillant à la sécurité de ses occupants. Ainsi, les capteurs d’angles morts et le système de freinage d’urgence intelligent en marche arrière figurent sur l’ensemble des déclinaisons de ce modèle. En revanche, pour bénéficier du dispositif de conduite semi-autonome (ProPILOT assist), lequel autorise sur une route correctement balisée de lâcher momentanément le volant, est uniquement proposé sur la livrée SL, la plus chère.

On aime

Stabilité et confort

Habitabilité et volume utilitaire

Sécurité active réhaussée

On aime moins

Performances à la traîne

Ergonomie datée

Direction insensible

Notre verdict

Pour relier, sans véritable attente, le point A au point B

Partagez votre expérience

La Presse publiera prochainement l’essai des véhicules suivants : Honda Accord, Land Rover Defender, Porsche Taycan, Toyota Camry. Si vous possédez l’un de ces véhicules, nous aimerions bien vous lire.

Fiche technique


Marque/Modèle : Nissan Qashqai

Fourchette de prix : 21 498 $ à 33 998 $

Visible dans les concessions : Maintenant

Pour en savoir plus cliquez ici.

Moteur L4 DACT 2 litres atmosphérique : 141 chevaux à 6 000 tr/min, 147 lb-pi à 4 400 tr/min

Rapport poids/puissance : 10,46 kg/ch (traction, manuelle)

Accélération : 10,1 secondes

Capacité maximale de remorquage : non recommandé

Boîte de vitesse de série : manuelle 6 rapports (uniquement sur la déclinaison S tractée)

Boîte de vitesse optionnelle : automatique à variation continue (CVT)

Mode d’entraînement : Traction (roues avant motrices) et Intégral (quatre roues motrices)

Pneus : 215/65R16, 215/60R17, 225/45R19

Capacité du réservoir : 55 litres

Essence recommandée : ordinaire

Consommation : 8,7 L/100 km

Empattement : 2642 mm, Longueur : 4394 mm, Hauteur : 1587 mm, Largeur : 1829 mm