(New York) Ford, dont les usines nord-américaines et européennes sont à l’arrêt pour endiguer la propagation de la COVID-19, a assuré lundi avoir assez de liquidités pour tenir « au moins » jusqu’à fin septembre.

Agence France-Presse

« Nous pensons que nous avons l’argent suffisant pour opérer au moins jusqu’à la fin du troisième trimestre » même sans une reprise de la production de voitures ou de mesures d’économies supplémentaires, affirme Tim Stone, le directeur financier, cité dans un communiqué.

PHOTO D’ARCHIVES CARLOS OSORIO, AP

Des assembleurs à l’œuvre sur des F-150 à l’usine Ford Rouge de Dearborn, au Michigan le 27 septembre 2018.

La trésorerie du constructeur automobile américain s’élevait à 30 milliards de dollars au 9 avril, dont plus de la moitié provient de deux lignes de crédit utilisées en urgence.

La marque à l’ovale bleu a suspendu en mars son programme de rachats d’actions, destiné à choyer ses actionnaires, ainsi que le versement d’un dividende de 600 millions de dollars au titre du premier trimestre.

Ford, en train de réduire ses dépenses opérationnelles, a reporté une partie des rémunérations des cadres dirigeants et encourage les employés américains à demander à bénéficier des indemnités promises par le gouvernement fédéral aux salariés affectés par la pandémie.

Il envisage par ailleurs de reprendre la production de voitures pendant le deuxième trimestre en cours mais ceci se fera par étapes.

« Toutes les décisions portant sur la reprise vont être prises en collaboration avec les syndicats locaux, les fournisseurs, les concessionnaires et les actionnaires », prévient néanmoins Ford, dont la coentreprise en Chine est la seule à fabriquer des voitures actuellement.

Résultats du 1er trimestre : ça ne sera pas beau

En attendant, le groupe basé à Dearborn, au Michigan, a confirmé que ses résultats du premier trimestre allaient être mauvais.

Les ventes globales de voitures devraient chuter de 21 % sur un an, en raison d’une demande et d’une production affaiblies par les répercussions de la pandémie.

Le chiffre d’affaires devrait par conséquent ressortir à environ 34 milliards de dollars, en baisse de 9 % sur un an, tandis que le bénéfice opérationnel devrait diminuer d’au moins 600 millions dont la moitié est liée à une charge exceptionnelle.

À Wall Street, l’action dévissait de plus de 5 % une heure après l’ouverture.

Les annonces de Ford visent à rassurer les marchés, qui redoutent une cascade de faillites des entreprises américaines, après la brutale mise à l’arrêt de l’activité économique en mars à cause des mesures de confinement prises pour endiguer la pandémie.

Contrairement à ses rivaux et compatriotes General Motors (GM) et Chrysler, Ford n’avait pas déposé le bilan lors de la crise financière en 2008. Le groupe avait choisi d’effectuer une vaste restructuration comprenant des milliers de suppressions d’emplois et des fermetures d’usines plutôt que d’accepter sa nationalisation.