Un peu comme celui de la berline, le déclin de la minifourgonnette est inexorable. Elle a vu ces dernières années ses parts de marché faner à l'avantage de multisegments qui avancent des promesses d'habitabilité pas toujours tenues. Bon, le pouvoir de séduction du produit en est en grande partie la cause - il équivaut à celui d'un banal électroménager. Mais comme nous le rappelle la Toyota Sienna essayée cette semaine, il faut regarder bien au-delà de l'emballage.

Charles René LA PRESSE

Son design

La minifourgonnette est probablement le véhicule le plus mal-aimé si l'on s'en tient à son aspect esthétique.

C'est essentiellement une question de perception. Associée à tort dans l'imagerie populaire à une certaine désillusion, elle inspire le conformisme et l'anodin. Rafraîchie pour l'année-modèle 2018, la Sienna ne peut se targuer de réinventer le concept, mais présente des lignes relativement modernes. La calandre, étalée en deux pièces, dont un imposant pentagone, fait résolument Toyota et ajoute un peu de matière à la proposition. De côté, le fonctionnel prime, avec des seuils de porte bas, de grandes ouvertures de portières et une surface vitrée généreuse. À l'arrière, le hayon imposant permet un seuil de coffre bas, ce qui facilite le chargement. En somme, ce n'est ni beau ni laid, mais bien pensé.

À bord

C'est ici que la Sienna brille de tous ses feux. Profitant d'un habitacle extrêmement vaste et d'un plancher complètement plat, la minifourgonnette offre beaucoup d'espace à tous les passagers, peu importe où ils s'assoient.

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Cette modularité est aussi présente dans les nombreux espaces de rangement, parsemés à divers endroits stratégiques. On apprécie d'ailleurs beaucoup la présence de deux coffres à gants, mais moins la présentation monochrome de certaines commandes. Cela dit, tout n'est pas parfait. Le Sienna montre son âge avancé dans certains plastiques durs, très bien assemblés au demeurant. Les sièges capitaines centraux ne sont également pas très modulables, ce qui force essentiellement à les débarquer du véhicule lorsqu'on veut trimbaler des objets encombrants. À l'arrière, la banquette est toutefois très bien conçue et peut se rabattre à plat dans le plancher.

Sous le capot

La Sienna est mue par un seul moteur, un V6 de 3,5 L doté de l'injection directe et multipoint, une mécanique mise à jour en 2017.

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Ce moteur produit 296 ch, la puissance la plus élevée de la catégorie, une donnée plutôt inutile pour une minifourgonnette, vous en conviendrez. Ce V6 affiche le tempérament attendu d'un moteur Toyota : discrétion et onctuosité mariées à une bonne souplesse. La transmission, une automatique à huit rapports, n'est pas la plus vive, surtout en reprise, mais fait le travail avec douceur. La consommation mesurée se situe autour des 11,4 L/km, ce qui est acceptable pour un véhicule de cette masse. Ce groupe permet à la Sienna de tracter jusqu'à 1585 kg.

Derrière le volant

Difficile de ne pas sourire lorsque le terme « calibrage sport » est associé à une minifourgonnette.

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Toyota l'utilise néanmoins pour sa Sienna en livrée SE, que nous avons essayée. Pour l'aspect tangible de ces réglages, on repassera. Elle se montre toutefois moins ennuyante qu'on l'anticipait. La direction, pas trop légère, fait un boulot très acceptable. Qui plus est, elle permet un rayon de braquage étonnamment petit. Le confort est bien présent grâce au long empattement. Le soutien très sommaire des sièges et le roulis nous obligent sans surprise à limiter nos ardeurs en virage. C'est, malgré cela, prévisible et sécurisant dans l'ensemble. La Sienna cache aussi un atout majeur dans sa manchette : son rouage intégral, le seul de sa catégorie. Sans être à la fine pointe, il permet un comportement plus sûr sur route enneigée.

Les technologies embarquées

Sur l'aspect technologique, la grande nouveauté concernant la Sienna et plusieurs modèles Toyota 2019 est l'amarrage à Apple CarPlay de série, une première pour le constructeur.

Toyota Sienna 2019. Pour essai routier de la semaine. Photo fournie par le constructeur

Si vous avez un téléphone Android, l'option n'est toutefois pas encore proposée. Concernant le système d'infodivertissement Entune, l'outil est plutôt facile à utiliser. C'est surtout l'aspect ergonomique des commandes qui laisse un peu à désirer. Les nombreux boutons minces qui bordent l'écran sont positionnés trop loin du conducteur, conséquence probable de l'âge technique du véhicule. La chaîne optionnelle JBL offre une sonorité qui n'est pas exceptionnelle, mais fort acceptable. Autre élément grâce auquel la Sienna se démarque : la sécurité active de série. Capteurs d'angle mort, régulateur de vitesse adaptatif, assistance active au freinage sont tous proposés de série.

Verdict

Vous n'avez probablement jamais rêvé de posséder une minifourgonnette. C'est l'antithèse d'un véhicule qu'on pourrait qualifier d'aspirationnel.

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Malgré son image, aucune autre catégorie ne propose à l'heure actuelle une recette plus aboutie d'habitabilité et de confort. Dans ce portrait d'ensemble, la Sienna souffre certes en partie de son âge technique avancé ou de l'absence d'un groupe hybride pour se mouvoir, des arguments légitimes avancés par ses rivales de Honda (Odyssey) et de Chrysler (Pacifica). Elle se reprend toutefois sur son bon bilan en matière de fiabilité, son rouage intégral optionnel et son équipement de série généreux. Elle constitue ainsi un excellent choix, malgré tout. Dernière chose, avant de succomber à la tentation d'acheter un multisegments intermédiaire pour votre famille, jetez donc un coup d'oeil à ce qu'offre cette catégorie. Elle pourrait bientôt n'appartenir qu'à l'histoire.

Carnet de notes

Sept ou huit passagers

Comme c'est la coutume dans le segment, la Sienna est proposée en configuration à sept ou huit passagers, avec une banquette pleine ou pas à la rangée médiane.

Le coût de la transmission intégrale

L'option de la transmission intégrale, dont seulement les versions LE et SE peuvent être outillées, coûte 2800 $ pour un prix de départ de 43 664 $ (en incluant les frais de transport et de préparation).

Pour divertir la marmaille

Comme ses concurrentes, la Sienna est proposée avec un grand écran arrière de 16,4 po pour divertir les passagers lors de longs trajets.

Ingénieuse banquette arrière

Grâce à un ingénieux mécanisme, la banquette arrière se rabat très facilement dans le coffre. L'espace pour la recevoir agrandit en outre le coffre lorsqu'elle est en position relevée.

Un élément de sécurité à améliorer

La Sienna a échoué au rigoureux test de collision semifrontale côté passager de l'IIHS, conséquence de son châssis techniquement plus vieux. Sur les autres tests menés par l'agence, elle obtient cependant de bons résultats.

Fiche technique

Version à l'essai : SE à transmission intégrale

Prix (avec options, transport et préparation) : 53 162 $

Moteur : V6 DACT 3,5 L

Puissance : 296 ch à 6600 tr/min

Couple : 263 lb-pi à 4700 tr/min

Transmission (modèle d'essai) : Automatique à huit rapports avec mode manuel

Architecture motrice : Moteur transversal avant, transmission intégrale

Consommation (ÉnerGuide) : 11,7 L/100 km

Concurrentes directes

Chrysler Pacifica, Dodge Grand Caravan, Honda Odyssey, Kia Sedona

Du nouveau en 2019 ? : Aucun changement majeur

Pour en savoir plus : www.toyota.ca