Les marques de Fiat Chrysler Automobiles (FCA) squattent les bas-fonds des classements portant sur la qualité et la fiabilité des véhicules. Après J.D. Power, c'est au tour de Consumer Reports de décerner le bonnet d'âne au groupe italo-américain. Sans que cela ait un impact sur le marché.

Sébastien Templier LA PRESSE

Les abonnés nord-américains du magazine de consommation ont rendu leur verdict il y a deux semaines: Dodge, Ram, Jeep et Fiat sont les pires marques en matière de fiabilité. Dans ce classement annuel comportant 28 marques, Chrysler n'est pas beaucoup plus appréciée (22e). Par rapport à l'an dernier, les cinq enseignes reculent dans le coeur des automobilistes.

Bien évidemment, des modèles sont montrés du doigt. Les Dodge Dart Turbo, Jeep Cherokee (4 cylindres) et Fiat 500 L figurent parmi les plus mauvais véhicules du marché en matière de fiabilité.

«Les modèles Fiat pour lesquels nous avons des données - la 500 et la 500L - sont vraiment épouvantables en matière de fiabilité. En fait, la 500L a été le pire modèle de notre étude», a commenté Jake Fisher, chef des essais automobiles chez Consumer Reports.

Le magazine ne recommande que deux véhicules du groupe, les Dodge Challenger et Durango.

Pour réaliser son classement, Consumer Reports a sondé ses abonnés, qui ont indiqué les problèmes rencontrés avec leurs voitures dans 17 domaines au cours des 12 mois précédant la publication des résultats, soit de septembre 2013 à septembre 2014. Cela représente 248 modèles et 1,1 million de véhicules.

C'est la seconde fois cette année que FCA concentre le plus de récriminations. En juin, J.D. Power&Associés a indiqué que les marques Jeep et Fiat occupaient respectivement les avant-dernière et dernière places de son classement annuel portant sur la qualité des véhicules. Son indice de qualité indiquait un nombre élevé de problèmes signalés pendant les trois premiers mois de possession d'un modèle neuf.

Même constat au Québec

Le constat est le même au Québec. L'Association pour la protection des automobilistes (APA) mentionne que si «la qualité n'est pas bonne, elle s'est améliorée ces deux dernières années».

Ces mauvaises appréciations des consommateurs ont, semble-t-il, fait une victime. Le lendemain de la publication du classement de Consumer Reports, le directeur de la qualité de FCA, Doug Betts, a quitté son poste et le groupe pour «poursuivre d'autres intérêts», selon les termes employés par le constructeur dans un communiqué. Interrogé par Automotive News sur les raisons profondes qui ont motivé ce départ, FCA n'a pas voulu en dire plus.

Doug Betts était arrivé chez Chrysler en 2007. Ironie du sort, quatre ans plus tard, son travail avait été louangé par Consumer Reports avant que les appréciations des produits de Chrysler ne fluctuent.

Cette faiblesse du constructeur résiderait dans ses choix stratégiques de faire appel aux plus bas soumissionnaires fournisseurs de pièces. «Il n'y a pas beaucoup de souci pour la qualité des pièces. C'est une entreprise qui n'est pas très engagée dans le service après-vente, qui n'offre pas de garantie prolongée et qui est lente pour les rappels», témoigne George Iny, président de l'APA.

Ces défauts ne semblent pas contrarier les consommateurs, qui font du groupe FCA le deuxième vendeur au Canada depuis deux ans. Les modèles Ram, Caravan, voire Journey sont principalement les vaches à lait du constructeur.

«Le public est assez tolérant et cela ne semble pas avoir atteint ses camions», observe M. Iny.