Sur les routes du Québec, un accident mortel sur cinq est dû à la fatigue au volant. Parce que le phénomène est aujourd'hui mieux documenté et mieux compris que dans les années 2000, la SAAQ accentue son travail de sensibilisation en menant cet été une campagne pour la troisième année consécutive.

Sébastien Templier LA PRESSE

Mine de rien, la fatigue au volant tue dans des proportions comparables à l'alcool, à la vitesse et à la distraction. Au Québec, elle est à l'origine de 21% des accidents mortels et de 23% des accidents avec blessés graves ou légers. Ces cinq dernières années, 95 décès liés à cette fatigue sont répertoriés en moyenne chaque année.

Pour contrer ce facteur de risque d'accident, la SAAQ mène une campagne de sensibilisation jusqu'au 3 août. L'été est jugé propice aux longs déplacements effectués par les vacanciers, qui s'exposent ainsi à la fatigue au volant.

«Avec les rapports d'accidents, on constate que la fatigue est une des principales causes d'accidents. On est mieux informés, plus documentés sur le sujet qu'auparavant. On a constaté qu'il y avait un besoin d'informer. Cette année, on essaie de démonter les mythes concernant les moyens de lutter contre la fatigue», explique Audrey Chaput, porte-parole de la SAAQ.

Ces mythes sont, semble-t-il, un peu tenaces. «Contrairement à la croyance populaire, monter le volume de la radio, baisser la vitre, prendre un café ou une boisson énergisante n'empêchent pas l'endormissement», ajoute la présidente de la SAAQ, Nathalie Tremblay. La fatigue est un état biologique que ni la volonté ni l'expérience et encore moins la motivation ne peuvent compenser.

Faire une sieste

Les effets, s'il y en a, de ces soi-disant moyens de lutter contre la fatigue peuvent être tardifs et sont surtout temporaires. Les signes de fatigue réapparaissent très vite. La seule façon d'empêcher la fatigue et l'endormissement au volant est de simplement s'arrêter. Faire une pause et se dégourdir améliorent la vigilance pour une courte période. Faire une sieste de 20 à 30 minutes, idéalement, aide à récupérer.

Mais l'être humain est naturellement réfractaire aux changements de comportement. Bien que des conducteurs reconnaissent des signes de fatigue et leur danger potentiel, ils tentent trop souvent de s'y adapter de manière inefficace et continuent donc de conduire.

Proportion significative, seulement 11% des personnes interrogées par la SAAQ reconnaissent qu'elles sont sujettes à la fatigue au volant.

Le risque est pourtant grand: «Mort de fatigue», comme il est écrit sur les panneaux au bord des routes.

Les gens les plus à risques:

> Les moins de 30 ans

> Les travailleurs aux horaires irréguliers

> Les personnes dont le véhicule est l'outil de travail

> Les personnes souffrant d'un trouble du sommeil

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Les signes de la fatigue au volant:

Bâillements, picotements dans les yeux, paupières lourdes, manque de concentration, réactions lentes, inconfort au volant, conduite erratique, pertes de mémoire, hallucinations.