Aux abois financièrement, le groupe français PSA est à la recherche d'un sauveur. Peugeot et Citroën pourraient passer dans le giron de l'Américain General Motors ou du Chinois Dongfeng.

Mis à jour le 12 juill. 2013
Sébastien Templier LA PRESSE

Pour sauver l'un des deux fleurons de l'industrie automobile française, la famille Peugeot est prête à céder le contrôle de PSA Peugeot-Citroën à un de ses deux partenaires du moment. Cette révélation de l'agence Reuters, faite jeudi, a ravivé le spectre d'une faillite possible à laquelle personne n'aurait osée croire il y a deux ou trois ans. Et pourtant. PSA Peugeot-Citroën en est rendu là aujourd'hui. 

Le premier constructeur automobile français a vu ses ventes en Europe plonger de 14% ces cinq premiers mois de 2013, comparativement à la même période l'an dernier, selon les derniers chiffres de l'Association des constructeurs européens. Il ne détient plus que 11% de parts de marché sur le vieux continent alors que ses trois premiers marchés - la France, l'Espagne et l'Italie - traversent une grave crise économique. Le groupe dépenserait chaque mois 100 millions d'euros simplement pour se maintenir à flot. Même si c'est deux fois moins que l'an dernier, PSA reste confronté à un problème de surcapacité de production alors qu'il ne vend pas assez. 

Si la famille Peugeot est prête à lâcher du lest, c'est parce que le constructeur a besoin d'argent frais. Et le premier à qui offrir plus de parts dans son capital et dans ses droits de vote est General Motors. Deuxième actionnaire de PSA à hauteur de 7% depuis la signature d'une alliance industrielle en mars 2012, l'Américain est courtisé. Au-delà de la mise en commun des achats et de la conception de véhicules sur une plateforme commune, GM pourrait avoir plus de contrôle sur le Français. La famille Peugeot détient actuellement 25,44% du capital de PSA et 38,07% des droits de vote. Peugeot réduirait ces droits à 33%. 

Mais GM ne l'entend pas de cette oreille. La semaine dernière, son patron Dan Akerson a rappelé qu'il n'avait actuellement pas l'intention d'injecter de nouveaux fonds dans PSA. «Des discussions existent avec General Motors, mais il n'y a pas de projet actuellement», a confié vendredi au quotidien Le Monde une source proche de la direction de PSA. 

Restent les Chinois de Wuhan. Dongfeng et PSA exploitent ensemble trois usines en Chine. Alors qu'ils n'auraient pas réussi à s'entendre sur la vente de parts du constructeur français, leur relation serait malgré tout au beau fixe. Au point où les discussions seraient relancées, a affirmé vendredi le journal Le Monde.

Alors, américaines ou chinoises les futures Peugeot et Citroën ? GM n'a pas tout à fait dit non, Dongfeng n'a pas tout à fait dit oui. Il reste une troisième avenue : l'investissement provisoire de l'État français. Un peu comme GM l'a connue sous l'administration Obama. 

Dans ce marasme ambiant, il y a eu une bonne nouvelle cette semaine pour PSA. L'annonce jeudi par Reuters d'un possible changement de contrôle a fait monter l'action de 5,5% dans la journée.