L'automobile en libre-service à Montréal est plus que jamais sur la voie de la concrétisation. Communauto, l'une des deux entreprises désireuses de l'implanter, en évaluera cet été la faisabilité.

Sébastien Templier LA PRESSE

Communauto et l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal mettront dans trois semaines à la disposition du public 23 Nissan Leaf en libre-service sur le territoire de l'arrondissement. Selon le même principe que le BIXI, l'utilisateur pourra conduire un de ces véhicules sans réservation préalable et sans obligation de rapporter la voiture à son point de départ. La carte de transports OPUS servira de clé. «On a voulu utiliser la carte OPUS pour intégrer les voitures aux autres moyens de transport et parce que la carte est déjà adoptée partout, par tout le monde», justifie Marco Viviani, porte-parole de Communauto.

Durant tout l'été, l'utilisation de cette vingtaine de voitures électriques fera en fait l'objet d'une évaluation «des bénéfices et de l'impact» d'un tel service.

Car il faut souligner qu'un tel parc de véhicules ne fera pas que des heureux dans l'île de Montréal. Qu'elles soient propulsées par une motorisation propre ou pas, ces voitures vont venir encombrer la chaussée et favoriser le transport individuel, diront les mauvaises langues. Sans compter qu'elles vont faire de l'ombre à l'industrie du taxi, déjà mise à mal par le BIXI l'été et par l'offre de transports en commun le reste de l'année.

«Communauto est convaincue que beaucoup de données restent encore inconnues quant à l'impact et aux bénéfices d'un système en libre-service sans réservation. Le projet Auto-mobile se veut un moyen d'éclaircir ces incertitudes et de contribuer positivement à la consultation publique déjà annoncée par la Ville de Montréal sur la question. Nous partagerons les résultats avec les autres acteurs impliqués: l'industrie du taxi et les sociétés de transport. Le choix des véhicules 100% électriques apporte également de la pertinence au projet», a affirmé dans un communiqué Benoit Robert, président-directeur général de Communauto.

L'entreprise d'autopartage tente par la même occasion de devancer son potentiel concurrent et très gros joueur dans le domaine du libre-service, car2go. Cette filiale du géant allemand de l'automobile Daimler AG est déjà présente dans 18 villes du monde, dont Vancouver et Toronto. À la fin de l'hiver, elle a mandaté un lobbyiste afin d'évaluer l'ouverture de la Ville de Montréal à la présence d'un tel service sur son territoire et pour obtenir des places de stationnement.

Malgré cette longueur d'avance prise par Communauto, il semblerait que du côté de l'arrondissement, on n'écarte pas pour autant toute offre future de car2go.

Le mode de fonctionnement

1. Inscription en ligne au service à partir de la mi-juin.

2. Recherche de la voiture la plus proche à partir du web ou d'un téléphone intelligent.

3. Blocage du véhicule trouvé le temps de s'y rendre.

4. Déverrouillage du véhicule avec la carte OPUS.

5. Après utilisation, stationnement du véhicule dans une des zones libres de parcomètres ou de places payantes.