Chrysler planifie la distribution de la Fiat 500 en Amérique du Nord. L'approche serait quelque peu différente aux États-Unis et au Canada.

Sébastien Templier LA PRESSE

Aux États-Unis, les concessionnaires Chrysler, Dodge, Jeep et Ram actuels pourront vendre les voitures Fiat, mais à condition de disposer d'installations et de services distincts, propres à la marque italienne. Le constructeur exige, entre autres, des concessionnaires intéressés à écouler la Cinquecento «des installations complètement séparées pour représenter la marque Fiat» ainsi qu'une «équipe Fiat séparée pour vendre et assurer le service de la marque Fiat».

Chrysler semble s'inspirer de ce que fait BMW avec sa filiale Mini. Les concessionnaires de la marque allemande ont un bâtiment Mini attenant à leur concession principale, quand ce n'est pas une salle d'exposition distincte aménagée expressément pour cela.

«Certains concessionnaires n'auront peut-être pas à construire de nouvelles installations. Peut-être ont-ils déjà un bâtiment existant sur leur terrain, réservé aux voitures d'occasion, qu'ils pourront convertir en concession Fiat séparée», a confié à L'Auto Ralph Kisiel, porte-parole de Chrysler aux États-Unis.

Les investissements et les installations requis suscitent chez les concessionnaires américains un certain scepticisme, pour ne pas dire de l'inquiétude, a révélé la semaine dernière le Detroit News. Les concessionnaires américains intéressés sont censés en savoir plus à l'occasion d'une rencontre qui se tiendra à Auburn Hills au début du mois d'août.

Au Canada, les exigences n'iraient pas jusque-là dans l'immédiat. L'intégration de Fiat aux concessionnaires Chrysler Jeep Dodge n'est même pas encore clairement déterminée, si l'on en croit Daniel Labre, porte-parole de Chrysler Canada.

Les concessionnaires ont pourtant été tout récemment avisés, par une lettre, de changements à venir. Le constructeur y mentionne qu'il a commencé la planification du réseau de concessionnaires Fiat, que ce réseau sera concentré autour des grandes villes du pays et qu'«une série d'exigences strictes portant sur l'installation, l'exposition et le personnel» sera fournie.

Au Canada, le produit Fiat sera «intégré à la salle d'exposition existante», estime Patrick Pépin, directeur général de Grenier Dodge Chrysler Jeep, à Terrebonne.

Aux États-Unis comme au Canada, il y a une volonté d'assurer la distribution en milieu urbain, dans des concessionnaires situés dans de grands centres métropolitains. Rien d'étonnant à cela. Au sud de la frontière, 125 agglomérations et 41 États sont visés, dans des marchés propices aux petites voitures.

Espoir prudent

La Fiat 500 est censée arriver en décembre sur le marché américain puis au tout début de l'année 2011 au Canada. Elle serait suivie de deux autres modèles du groupe Fiat au cours de l'année suivante, l'un issu de la division Alfa Romeo, l'autre de la division camion.

Tout comme son collègue Patrick Pépin, Paul Ladouceur, directeur général de Boulevard Dodge Chrysler Jeep, à Montréal, pense que la petite Fiat va se vendre de ce côté-ci de l'Atlantique. «La 500 est un porte-étendard comme la Mini, c'est une voiture-image. Si j'en vends 100 par année, ce sera beau», dit-il.

Quoi qu'il en soit, Fiat signera là un retour en Amérique du Nord qui n'est pas gagné d'avance. Il n'y a pas laissé que de bons souvenirs dans les années 80. Il revient avec une voiture presque inconnue du grand public aujourd'hui. Sans compter que les sous-compactes et compactes ne se sont pas encore imposées sur tout le continent.