Alors que la ministre des Transports fera savoir cette semaine quelle suite elle donnera au moratoire interdisant toute nouvelle immatriculation de véhicules ayant le volant à droite, les amateurs du genre se rassemblent à Québec samedi en prônant la responsabilisation au volant.

Sébastien Templier LA PRESSE

Le Club des conduites à droite du Québec et l'Association des propriétaires de véhicules importés du Québec (APVIQ) organisent, de concert, un rassemblement de propriétaires de véhicules du genre ce samedi 24 avril. Cette rencontre, tenue dans le stationnement du bassin Louise, ne sera pas «une manifestation, mais plutôt une rencontre informative, constructive et démonstrative de l'engagement du Club et de l'Association pour la sensibilisation à une conduite responsable sur les routes», tiennent à préciser les organisateurs dans un communiqué.

 

Ce rassemblement coïncide avec la fin du moratoire sur les véhicules munis d'un poste de conduite à droite. Rappelons que, depuis le 29 avril 2009, un moratoire interdit au Québec toute nouvelle immatriculation de véhicules ayant le volant à droite. Les véhicules du genre immatriculés avant cette date ne sont pas visés. En octobre dernier, ce moratoire a été accompagné d'une restriction s'appliquant aux véhicules de ce genre dits «légers» ayant pourtant un droit acquis d'immatriculation. Les conducteurs de ce type de véhicule sont depuis contraints de circuler uniquement sur des voies publiques où la vitesse est limitée à 70 km/h et moins. Ces mesures ont été prises sur recommandation de la SAAQ, pour des raisons de sécurité routière. Mesures que contestent l'APVIQ et les amateurs de ces véhicules. «Pour l'instant, rien ne prouve qu'il y a un problème de sécurité», soutient Nicolas Mailloux, porte-parole de l'association.

 

Ses membres sont, quoi qu'il en soit, pendus aux lèvres de la ministre des Transports, Julie Boulet, ou plutôt ont les yeux rivés sur la Gazette officielle. Au cabinet de la ministre, son attachée de presse, Joly-Anne Pronovost, indique qu'un «nouvel arrêté ministériel qui va préciser la décision de la ministre sera publié avant le 24 avril». Un tel arrêté aboutit à un règlement. Mme Pronovost a refusé de préciser le contenu de cette décision normalement finale.

 

Du côté de l'APVIQ, on n'ose trop s'avancer, espérant au moins un assouplissement des mesures précédentes. «Nous ne savons à peu près rien de ce qui peut arriver après le moratoire, dit son président, Mathieu Laframboise. Si je vous disais quelque chose, cela ne serait que de la spéculation. Nous avons l'impression qu'il y a encore beaucoup d'hésitations à Québec avec ce dossier. (...) Nous sentons bien qu'il y a une ouverture d'esprit face à ce que nous proposons, mais nous ne savons pas jusqu'à quel point.»

 

Selon ses défenseurs, les véhicules ayant le volant à droite ne sont pas plus souvent impliqués dans des accidents. La SAAQ a prétendu le contraire dans une récente étude. Au Québec, 2130 véhicules de ce type sont recensés. La majorité est «à caractère sportif», acquis par de jeunes conducteurs. Les «vrais» amateurs du genre affirment pâtir du comportement téméraire de certains conducteurs de modèles sport importés du Japon.

 

Pour corriger le problème observé, l'APVIQ estime que la priorité doit être mise sur la sensibilisation à une conduite responsable et sécuritaire. Sera-t-elle entendue cette semaine?