À part l'Ontario, toutes les régions canadiennes s'opposent à ce que les contribuables fassent les frais d'un plan gouvernemental visant à sauver les constructeurs automobiles.

Denis Arcand LA PRESSE

C'est ce que révèle un sondage en ligne effectué par la firme de recherche Strategic Counsel et commandé par le quotidien Globe&Mail et le réseau de télévision CTV.

C'est dans l'Ouest canadien que l'opposition à l'aide gouvernementale est la plus forte, soit 62 %. Ce sentiment est partagé par 61 % des Québécois, tandis que 54 % des Canadiens, pris dans leur ensemble, rejettent l'idée d'un plan d'aide.

Seuls les répondants de l'Ontario appuient, à 56 %, l'idée d'un plan d'aide gouvernemental.

Toutes les usines d'assemblage et l'essentiel des usines de pièces automobiles canadiennes sont concentrés en Ontario.

Malgré cela, curieusement, le sondage commandé par le Globe and Mail et CTV constitue un sous-groupe de répondants «Reste du Canada» comprenant toutes les provinces sauf le Québec, et non toutes les provinces sauf l'Ontario.

Le sondage, fait par internet auprès de 1000 répondants, ne ventile pas ses résultats des répondants des provinces Atlantiques ni des territoires.

Le Globe and Mail aborde le sondage sous l'angle national et rapporte que les Canadiens sont divisés sur la question de l'aide gouvernementale aux constructeurs automobiles.

Pour consulter le sondage de Strategic Counsel, cliquez ici

 

GM Canada et Chrysler Canada ont demandé près de 10 milliards de dollars en aide financière aux gouvernements fédéral et ontarien. Toyota a demandé des milliards en garanties de crédit gouvernementales pour redémarrer les ventes de voitures neuves. Ford demande un programme de «primes à la casse» de 350 millions, pour encourager les propriétaires de vieux véhicules à les remplacer par des neufs.

Mais 83 % des répondants se sont dits d'accord avec la phrase : "les constructeurs nord-américains n'ont qu'eux-mêmes à blâmer pour leur mauvaise situation, ne s'étant pas adaptés aux changements du marché comme l'ont fait leurs concurrents d'Asie et d'Europe ». Et 67 % étaient d'accord avec la phrase : «si les gouvernements sauvent les constructeurs automobiles, ce sera lancer de l'argent dans une cause perdue, et les constructeurs feront faillite quand même».

Le sondage montre aussi que le gouvernement minoritaire conservateur de Stephen Harper n'a aucun bénéfice électoral à tirer d'un plan d'aide: seulement 11 % des répondants disent qu'un tel plan les inciterait davantage à voter conservateur; 36 % affirment qu'ils seraient moins enclin à voter conservateur. De plus, la ventilation des répondants en vertu de leurs allégeances politiques montre que seuls les électeurs libéraux appuient majoritairement, à 53 %, un plan d'aide gouvernemental. Les électeurs conservateurs sont contre à 54 %.

 

Sans surprise, ce sont les électeurs du Parti Vert, qui s'opposent le plus --74 %-- à un plan d'aide aux constructeurs automobiles. Ils sont suivis des bloquistes --62 % -- des électeurs du NPD --54 %-- et des indécis, à 53 %.

Les menaces récentes de Chrysler de fermer toutes ses usines canadiennes --si le Canada ne lui prête pas 1,2 milliard de dollars-- ont été accueillies avec hostilité d'un Océan à l'autre. Dans toutes les régions du pays, les répondants ont indiqué en majorité qu'ils appuieraient encore moins un appui fédéral qui serait en réponse à de telles menaces de la part de tout constructeur automobile.

Pour lire le texte du Globe and Mail, cliquez ici: