Le Texan Carroll Shelby a été le premier à découvrir le potentiel de performance de la Mustang en 1965. Il a réussi à convaincre Ford de la modifier en versions de haute performance et de course et d'en faire la commercialisation. Le Californien Steve Saleen prit la relève dans les années quatre-vingt. Ce sorcier de l'automobile voyait bien qu'il y avait une demande pour ses Mustang au Canada mais importer aux États-Unis des Mustang répondant aux exigences légales canadiennes et les renvoyer au pays une fois modifiées, n'avait aucun sens au point de vue économique.

Éric Descarries COLLABORATION SPéCIALE

Le Texan Carroll Shelby a été le premier à découvrir le potentiel de performance de la Mustang en 1965. Il a réussi à convaincre Ford de la modifier en versions de haute performance et de course et d'en faire la commercialisation. Le Californien Steve Saleen prit la relève dans les années quatre-vingt. Ce sorcier de l'automobile voyait bien qu'il y avait une demande pour ses Mustang au Canada mais importer aux États-Unis des Mustang répondant aux exigences légales canadiennes et les renvoyer au pays une fois modifiées, n'avait aucun sens au point de vue économique.

C'est alors que le montréalais Joe Visconti suggéra de s'occuper de la transformation de Mustang en Saleen au Canada. Son commerce de voitures exotiques ou de grand luxe, à Dorval, Auto Bugatti, s'était déjà établi une belle réputation. L'homme d'affaire américain hésita car il ne croyait qu'en sa propre équipe. Il envoya quand même son vice-président Fred Blum chez Auto Bugatti. Ce que Blum vit dans les ateliers de carrosserie de l'entreprise québécoise le surprit tellement qu'il conseilla à Saleen de faire confiance à Joe Visconti mentionnant même que l'ouvrage y serait supérieur à celui des ateliers californiens.

Ford du Canada aida Joe Visconti à monter un réseau d'une douzaine de concessionnaires Ford intéressés à afficher la spécialité Saleen. Dès la première année, Saleen Canada a trouvé 27 acheteurs de la S-281 de l'époque, tout un tour de force pour une voiture aussi exceptionnelle. En 2006, une quarantaine d'amateurs de la marque ont commandé leur Saleen canadienne mais déjà, M. Visconti prévoit qu'il lui faudra en construire de 80 à 100 l'an prochain.

Voici la camionnette S-331

Cette hausse de production est attribuable à l'arrivée d'un autre véhicule au sein de la gamme Saleen, le S-331. Il s'agit d'un pick-up basé sur le Ford F-150. Les ateliers de Saleen Canada ont dû prendre les bouchées doubles pour en construire un exemplaire en toute vitesse, juste à temps pour le Salon de l'auto de Montréal. La camionnette y a connu tout un succès et déjà, le constructeur a une vingtaine de commandes fermes pour le S-331 qui est disponible en version de base avec V8 de 325 chevaux (59 000 $) ou suralimentée de 450 chevaux (69 000 $). Incidemment, la Saleen S-281 de base à 335 chevaux affiche un prix de base de 58 000 $ alors que la Supercharged suralimentée de 465 chevaux débute à 68 000 $.

Ces véhicules arrivent sous leur forme originale aux ateliers de Dorval où les techniciens de Saleen Canada en modifient d'abord la mécanique (suspension différente, moteur gonflé, échappements refaits) avant de passer à l'atelier de carrosserie où les pare-chocs originaux sont remplacés par des pièces Saleen. L'instrumentation et plusieurs détails intérieurs sont aussi remplacés par des pièces de Saleen. Roues et pneus d'origine sont remplacés par des pièces de performance.

Il faudra agrandir !

L'atelier de carrosserie de Saleen est déjà très occupé malgré ses 12 000 pieds carrés de surface. On y modifie une douzaine d'autos par jour, une capacité que l'on pourrait doubler. Mais M. Visconti croit que ce ne sera plus suffisant (on y répare aussi des voitures de grand luxe). Sur la trentaine de personnes qui oeuvrent chez Auto Bugatti/Saleen Canada, une quinzaine est affectée à la carrosserie et à la finition extérieure. On y accepte même des clients particuliers qui veulent faire transformer leur Mustang GT en Saleen, ne serait-ce que partiellement.