Il y a 75 ans, Henry Ford, qui se remettait à peine de la disparition de la vénérable Model T, a donné au public automobile américain un véhicule si extraordinaire qu'il en est encore question aujourd'hui.

Éric Descarries COLLABORATION SPéCIALE

Il y a 75 ans, Henry Ford, qui se remettait à peine de la disparition de la vénérable Model T, a donné au public automobile américain un véhicule si extraordinaire qu'il en est encore question aujourd'hui.

Après la Grande Dépression, en 1932, les concepteurs de Ford ont redessiné avec succès leur voiture la plus populaire. Grâce à son dessin des plus modernes, la Model B était promise à un certain succès. Seule ombre au tableau, la Ford Model B n'était mue que par un modeste quatre cylindres d'une quarantaine de chevaux. La concurrence avait des six cylindres. Après avoir jonglé avec un X8, Henry Ford a opté pour un V8 de 221 pouces cubes et 65 chevaux. C'était le premier moteur V8 de masse disponible dans une auto abordable. Et il permettait à la Ford d'atteindre 78 m/h (125 km/h). Une Smart moderne peine à atteindre cette vitesse.

En d'autres mots, Ford venait de créer le premier muscle car de l'industrie. Construit à plus de 200 000 exemplaires (dont environ 53 771 coupés), le véhicule s'est retrouvé dans tous les coins du continent, voire à l'étranger.

Après la Deuxième Guerre mondiale, plusieurs jeunes se sont souvenus des performances et surtout de la beauté des Ford V8 de 1932. Certains ont récupéré les exemplaires toujours fonctionnels et ont commencé à les modifier, soit pour la course, soit pour créer un nouveau mouvement automobile qui allait s'appeler hot rodding. On se perd en conjonctures quant à l'origine du terme hot rod. Certains croient que l'appellation hot roadster s'est transformée en hot rod lorsqu'on a créé des bielles (rods) pouvant soutenir des régimes de moteur plus élevés.

Au milieu des années 60, le coupé Ford 1932 est devenu une icône de l'industrie du hot rodding (une industrie qui a un chiffre d'affaires de plus de 31 milliards US de nos jours) en étant consacré par les Beach Boys et leur chanson Little Deuce Coupe (entre autres choses, Deuce veut dire deux, en jargon américain, et par analogie, 1932). Le microsillon paru en 1963 avait un coupé Ford 1932 modifié sur la pochette, la voiture de Clarence «Chili» Catallo qui existe encore aujourd'hui. Vous vous souvenez peut-être du coupé Ford jaune de John Milner dans le film de Geoges Lucas, American Graffiti (1973)? Cette auto qui, elle aussi, existe toujours, est maintenant considérée comme la plus représentative de la légende Deuce Coupe et du hot rodding.

Malgré ses 75 ans, la Ford 1932 est loin de disparaître. hot rods & Horsepower en a créé une réplique, le Dearborn Deuce tout en métal, alors qu'en Beauce, l'équipe québécoise de Oze rod Shop en fabrique des répliques en fibre de verre. Même après toutes ces années, le Little Deuce Coupe est toujours vivant.