Quiconque a vécu l’expérience d’un voyage en véhicule récréatif (VR) possède son répertoire de joyeux souvenirs. Le mien me ramène à mon grand-père, et particulièrement au tout dernier périple effectué avec lui avant sa mort.

Publié le 27 mai
Bertrand Godin
Bertrand Godin Collaboration spéciale

Ce voyage en VR, nous l’avons fait l’été dernier, mon grand-père, mon père, mon fils et moi. Faire le tour de la Gaspésie avec les hommes de ma vie a été riche en émotions, une aventure à quatre générations qui restera gravée à jamais dans ma mémoire.

Or, pour que les plaisirs du VR s’inscrivent au chapitre des souvenirs heureux, il est impératif que la sécurité soit du voyage et que les limites de la machine soient respectées par un conducteur qui sait rester humble. Fervent de vitesse que je suis dès que je me retrouve sur une piste, je transforme totalement mes critères en VR.

La sécurité d’abord, et dès le départ

Conduire un VR demande une attention de tous les instants pour observer et anticiper les autres usagers de la route, pour détecter la réaction de son propre véhicule et pour scruter le revêtement de la chaussée.

Que ceux qui croient que la conduite d’un VR s’apparente à la conduite automobile se ravisent tout de suite. Les différences sont grandes, et il faudra quelques voyages aux nouveaux conducteurs pour en apprivoiser les rudiments.

Cela dit, il serait malheureux de se laisser décourager et de passer à côté des joies du VR.

Laissez-vous le temps de surmonter la peur qui peut se pointer à conduire si grand et si long. Il suffit de prendre les précautions qui se doivent, à commencer par celles qui s’imposent avant même le départ.

Petit rappel à ce sujet : n’oubliez jamais de faire le plein d’essence, évidemment, mais aussi de vérifier tous les niveaux de liquides – liquides de frein, huiles du moteur et de la transmission, liquide de refroidissement et lave-glace. Tant qu’à y être, vérifiez donc les voyants du tableau de bord pour vous assurer qu’ils sont tous fonctionnels.

Dans le même élan, il importe de nettoyer les miroirs, de sécuriser les objets et d’inspecter les pneus. Ceux-ci ne doivent être ni trop mous ni trop gonflés, et surtout pas trop usés. Avec un VR surchargé, ils seront à risque d’éclater. N’oublions jamais que les pneus sont la cause de 70 % des réclamations d’assurance des VR, c’est dire.

Gros et grand

Connaissez-vous le poids du train arrière de votre VR ? Et sa hauteur ? Ces informations ne sont pas à dédaigner. Plus la taille du VR est grande et plus elle aura un effet sur ses performances et sur sa vitesse de freinage.

Méfiez-vous toujours. D’ailleurs, le meilleur moyen de compenser le poids accru, c’est de garder une distance supplémentaire avec le véhicule devant vous. Disons 20 % de plus que la distance respectée au volant d’une voiture.

Mais encore, il serait heureux aussi de s’assurer de ne pas partir avec les garde-fous qui longent la route en tournant un coin de rue. Pour ce faire, il faut connaître la distance à laquelle l’arrière du VR s’écarte du point de pivot. On appelle ça le balancement arrière. C’est la mesure que vous devez connaître lorsque vous tournez dans une rue fréquentée pour bien juger l’espace que vous devrez garder, à défaut de quoi vous pourriez offrir un malheureux spectacle aux gens attablés à la terrasse du coin...

Même chose pour la hauteur spécifique de votre VR, information bien pratique pour ne pas frapper le dessus de votre bolide sur un pont trop bas et pour éviter les cris des occupants du véhicule qui vous suit.

Autre truc pour ne pas perdre la face : si vous pouviez visiter quelques stations-service pour en trouver une adaptée à la taille et à la hauteur de votre VR... Je dis ça comme ça. Dans le même esprit, si vous en avez l’occasion, vérifier la largeur et la qualité des routes secondaires que vous devrez emprunter peut s’avérer une bonne idée aussi.

Pour le reste, la loi du gros bon sens s’applique. Éviter les objets qui peuvent tomber en cours de route dans le véhicule fait partie de l’a b c du conducteur de VR. Faire gaffe aux angles morts va de soi aussi, car ils sont plus prononcés en VR. Enfin, il est fortement conseillé d’adopter la voie de droite sur une autoroute, histoire de permettre aux automobilistes de dépasser. Allez, un peu de compassion pour ces gens qui s’en vont au boulot...

Toujours un peu inquiet ? C’est normal. Rien ne vous empêche de vous entraîner avec un conducteur plus expérimenté avant de vous lancer seul. Ou d’investir dans un cours de conduite spécifique aux VR. Vous n’en serez que plus détendu au moment du départ, prêt à savourer pleinement le joyeux style de vie des caravaniers.