Même si nombre de pays ont déjà annoncé la fin de son homologation ou de sa vente (à l’état neuf) à partir de 2025, le règne du moteur à combustion interne n’est pas près de s’achever.

Éric LeFrançois
Éric LeFrançois Collaboration spéciale

Quelque 1,5 milliard de véhicules circulent actuellement sur la planète. Logiquement, tous ne partiront pas à la casse du jour au lendemain. C’est dans l’optique de réduire, voire d’éliminer, l’empreinte carbone des carburants fossiles qu’est né le carburant synthétique. Une piste de solution explorée notamment par Siemens et Porsche, qui produiront dès l’an prochain 130 000 litres de ce carburant de synthèse dans leurs installations chiliennes. Un carburant que la marque automobile allemande souhaite utiliser en course automobile dès l’an prochain.

Donc, d’un point de vue technique, ce type de carburant est déjà offert ailleurs dans le secteur des transports. De l’aviation surtout.

Le principal intérêt à le développer s’explique aisément : son utilisation ne requiert aucune modification des moteurs thermiques actuels et ne présente aucun risque pour la santé, pour la planète. Pour peu que ce carburant soit fabriqué à l’aide d’énergies propres, bien sûr. Et idéalement par le solaire et l’éolien, sources d’énergie gratuites, pour contenir le prix de ce carburant qui coûte de trois à six fois plus cher que son équivalent fossile.

Un produit de niche ?

L’aviation représente dès lors les meilleurs débouchés pour ce carburant considéré comme très coûteux à produire.

Mais Porsche et quelques autres marques de prestige s’y intéressent aussi pour préserver leur identité et valoriser leur héritage. Des attributs longtemps fondés sur la noblesse de leurs mécaniques à essence…

Tous les constructeurs ne logent pas à la même enseigne. Pour eux, synthétique ou pas, le moteur à combustion interne a atteint les limites de son développement et de son efficacité. Aujourd’hui, la motorisation thermique gaspille plus de 60 % de l’énergie qu’elle consomme. À titre de comparaison, avec un propulseur électrique, on arrive à utiliser efficacement entre 90 et 95 % de l’énergie de sa batterie.

Dès lors, plusieurs estiment que le carburant synthétique sera essentiellement un produit de niche à l’usage quasi exclusif de (richissimes) propriétaires de véhicules anciens et de la course automobile.