(Paris) L’Assemblée nationale française a voté mardi l’objectif de la fin de la vente des véhicules à carburants fossiles (essence, diesel et gaz naturel) d’ici à 2040. Les députés d’opposition ont tenté en vain de raccourcir ce délai à 2030.

Agence France-Presse

L’article du projet de loi d’orientation des mobilités (LOM), qui inscrit aussi l’objectif d’atteindre la neutralité carbone des transports terrestres d’ici 2050, a été adopté par 62 voix contre 6 et 17 abstentions.

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Des véhicules à Lyon durant un épisode de smog le 24 janvier 2017.

« La France est au rendez-vous de l’urgence du défi climatique, et notre majorité marque sa détermination à engager de manière ambitieuse et crédible nos transports sur la voie de la mobilité propre », s’est félicitée la ministre des Transports Élisabeth Borne dans un communiqué.

Dans la nuit de vendredi à samedi, le député responsable du projet de loi pour le gouvernement, Jean-Luc Fugit --un chimiste spécialisé dans l'étude de la pollution de l'air-- a défendu une trajectoire « réaliste » et « ambitieuse », estimant que fixer une échéance « en 2025 ou 2030 » laisserait « trop peu de temps aux acteurs » pour s’adapter.

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L’ex-ministre de l’Écologie Delphine Batho, souhaitait l'interdiction dès 2030.

Une interdiction en 2030 engendrerait des « difficultés financières » pour des Français qui auraient acquis des véhicules neufs auparavant, a-t-il argumenté. « Cela signifie que si l’un de nos concitoyens achetait en 2025 un véhicule diesel ou essence, même hybride, à partir de 2030 il n’aurait plus le droit de le vendre d’occasion », a-il ajouté.

L’ex-ministre de l’Écologie Delphine Batho, qui siège comme indépendante, avait proposé plusieurs amendements pour ramener l’échéance d’interdiction à 2030.

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Le député Jean-Luc Fugit, porteur du projet de loi pour le gouvernement, soutient que l'interdiction en 20140 est «réaliste».

Elle a plaidé la date de 2040, retenue par le gouvernement dans son plan climat, « n’est pas compatible avec les conclusions du rapport publié par le GIEC », sur le réchauffement climatique, rendu en octobre 2018.

Le socialiste Dominique Potier, qui a défendu une proposition similaire, a appelé en vain gouvernement et majorité « à être plus radicaux » tout en plaidant pour « la création d’un fonds pour le financement de la mutation » de ce secteur.