Le boîtier de la troisième saison de Breaking Bad (13 épisodes en anglais, avec sous-titres français) est marqué de trois adjectifs: instable, volatile, dangereux. Trois adjectifs qui s'appliquent parfaitement aux deux personnages principaux de la série, Walt White et Jesse Pinkman, que Bryan Cranston et Aaron Paul habitent de plus en plus parfaitement (comme si cela était possible!), dans le désespoir comme dans le malaise, dans la fureur dévastatrice comme dans la peur qui prend aux tripes.

Mis à jour le 23 juill. 2011
Sonia Sarfati LA PRESSE

Breaking Bad a toujours été une série sombre et dure, jouant sur cette ligne dangereusement fine qui fait qu'on aime un personnage... ou qu'on le laisse tomber. Cette troisième saison va encore plus loin. Dans la noirceur, dans la dureté. Et exige plus encore des spectateurs en matière d'empathie. Il n'est pas facile à aimer, le Walt qui, en ce début de saison, continue à s'enfoncer dans la criminalité et décide de se réinstaller chez lui même si Skyler, qui connaît ses activités illégales, l'a mis à la porte et veut demander le divorce afin de protéger leurs enfants - c'est d'ailleurs pour cela qu'elle ne dit rien à la police, en particulier à son beau-frère, haut placé à la DEA. Mais elle commettra, elle aussi, des gestes qui, semble-t-il, ont fait baisser sa cote de popularité auprès de certains fans de la série. Peut-on lui en vouloir?

Bref, même s'il est en rémission, Walt accepte un nouveau contrat de l'inquiétant Gus: 3 millions pour trois mois de travail à fabriquer de la méthamphétamine. À ses côtés, Jesse s'enfonce dans la dépression à cause de la mort de Jane, tente la réhabilitation avant de commettre des bourdes plus énormes les unes que les autres. Et puis Hank, beau-frère de Walt, accumule des indices qui pourraient le mener à l'arrestation de Heisenberg - alias... Walt.

Tout cela finira mal. Tellement mal qu'on a de la difficulté à imaginer comment tous pourront s'en sortir dans la prochaine saison. Mais chaque fois, la surprise, bonne bien que tordue, est au rendez-vous.

Surprise qui se décline aussi sur la forme, pas seulement sur le fond. La direction photo est, ici, plus remarquable que jamais - en particulier dans les ouvertures des épisodes, certaines du plus inquiétant surréalisme. Celle du premier épisode, où des dizaines d'hommes rampent dans le désert, semble le pur fruit d'une hallucination. Ce n'est pas le cas. Rien n'est gratuit, dans Breaking Bad.

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BREAKING BAD 3

CRÉÉE PAR VINCE GILLIGAN. AVEC BRYAN CRANSTON, AARON PAUL, ANNA GUNN, DEAN NORRIS, BETSY BRANDT, RJ MITTE

* * * 1/2