(Paris) Le sulfureux éditorialiste français Éric Zemmour, qui entretient le flou sur une possible candidature à l’élection présidentielle de 2022, n’aura plus de chronique dans l’émission télévisée quotidienne qui lui servait de caisse de résonance, a annoncé lundi la chaîne CNews.

Agence France-Presse

À sept mois de l’élection, et alors que la France est entrée de facto en campagne électorale, son éventuelle candidature qui ratisserait à droite et à l’extrême droite agite de plus en plus le paysage politique.

La semaine dernière, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), instance de régulation, avait demandé aux médias de « décompter » « les interventions portant sur le débat politique national » du polémiste phare de CNews.

« Bien qu’Éric Zemmour ne se soit pas déclaré candidat à l’élection présidentielle qui aura lieu dans 7 mois, le CSA » contraint Cnews à cette décision, regrette ainsi la chaîne, parfois comparée à la chaîne de droite américaine Foxnews.

« J’en suis fort triste », a commenté Éric Zemmour, invité sur Cnews. « Je pense que c’était inévitable. Je pense que le CSA l’a fait exprès ».

L’éditorialiste y abordait sans contradiction ses thèmes de prédilection : l’immigration et l’islam, qui menaceraient l’identité française.

L’hypothèse de sa candidature à la présidentielle enfle depuis plusieurs semaines. Un sondage début septembre le créditait d’environ 8 % des intentions de vote au premier tour de la présidentielle d’avril, un score largement insuffisant pour passer au 2e tour, mais qui pourrait handicaper la candidate de l’extrême droite Marine Le Pen, finaliste en 2017, et pour l’instant bien placée pour accéder de nouveau au 2e tour.

Il a d’ailleurs affirmé samedi qu’il « n’avait pas peur » d’être éventuellement candidat, qu’il en avait « envie », mais qu’il voulait « choisir son moment ».

Depuis son arrivée en octobre 2019 sur CNews, les plaintes se sont multipliées à l’encontre de la chaîne d’info et du polémiste qui a dopé ses audiences.

Ses prises de position radicales lui valent régulièrement depuis une dizaine d’années des poursuites en justice. Plusieurs fois relaxé, il a toutefois été condamné à deux reprises pour provocation à la haine raciale.

Présent également dans la presse écrite, Éric Zemmour a travaillé principalement pour le quotidien Le Figaro, qu’il a intégré en 1996. Mais il a annoncé début septembre y cesser sa chronique afin de partir « à la rencontre des Français pour leur présenter (son) nouveau livre », La France n’a pas dit son dernier mot, qui doit sortir jeudi.