Des amitiés peuvent avoir un impact déterminant et durer toute une vie. Les personnages de Tully Hart et Kate Mularkey, au cœur du roman Firefly Lane et de la série télévisée qui s’en inspire, ont le rare privilège d’avoir préservé leurs liens pendant trois décennies, contre vents et marées.

Danielle Bonneau Danielle Bonneau
La Presse

L’approche empruntée pour suivre les hauts et les bas de la flamboyante Tully et de la lumineuse Kate s’apparente à celle de la populaire série This Is Us. Les allers-retours dans le temps sont fréquents, et des comédiens plus jeunes jouent certains personnages à l’adolescence. Katherine Heigl (Izzie dans Grey’s Anatomy) et Sarah Chalke (la Dre Elliot Reid dans Scrubs) s’épaulent dans les années 1980 et au début des années 2000, sous les traits respectifs de Tully et de Kate. Pour les personnifier à 14 ans, Ali Skovbye et Roan Curtis prennent la relève.

Par la force des choses, Sarah Chalke et Roan Curtis, les deux interprètes de Kate Mularkey, se sont retrouvées une seule fois ensemble sur le plateau, dans une séquence de rêve, ont-elles expliqué dans une entrevue conjointe sur Zoom, alors qu’elles se trouvaient à des endroits différents, à Vancouver.

« On tournait tout ce qui se passait dans les années 70 à Langley, pendant environ une semaine, puis Katherine et Sarah filmaient leurs trucs à Vancouver », a expliqué Roan Curtis (prononcer comme Joanne) avec enthousiasme. « C’était comme si nous étions dans deux émissions différentes. Il faut dire que la plupart de nos scènes étaient tournées à la campagne. Katherine et Sarah y sont allées occasionnellement pour des scènes dans leurs maisons d’enfance. C’était amusant alors de se retrouver. »

PHOTO FOURNIE PAR NETFLIX

Kate et Tully sont soudées à jamais dès l’âge de 14 ans. Roan Curtis (à gauche) et Ali Skovbye les personnifient à l’adolescence.

Elles ne travaillaient pas en vase clos, puisque les réalisateurs leur montraient au fur et à mesure des épreuves de tournage.

On regardait ce qu’on faisait chacune de notre côté, pour s’inspirer mutuellement.

Sarah Chalke

Adorant les années 80 (elle a un énorme tiroir plein de vêtements de cette époque pour se costumer et ses enfants ont les leurs), Sarah Chalke a eu du plaisir à porter des vêtements d’aérobie ridicules, des chaussures à talon haut roses et des perruques. « Cela m’a aidée à me mettre dans la peau de quelqu’un de 20 ans, a-t-elle expliqué. La première perruque que j’ai essayée avait des cheveux très courts. Je l’adorais, mais elle me faisait paraître plus vieille, alors qu’on cherchait l’effet contraire. Quand tous les bons éléments ont été réunis, je me suis mise à marcher différemment et j’ai trouvé une nouvelle énergie. Pour jouer Kate à 40 ans, on a aussi essayé différentes choses. Finalement, je n’ai porté pratiquement aucun maquillage, ce qui était libérateur et terrifiant à la fois. Et ce sont mes cheveux que l’on voit. »

PHOTO FOURNIE PAR NETFLIX

Katherine Heigl et Sarah Chalke (à droite) continuent de s’épauler dans les années 1980, sous les traits respectifs de Tully Hart et de Kate Mularkey.

Roan Curtis, de son côté, a l’habitude d’interpréter des adolescentes à l’écran. Pour l’actrice de 24 ans, rajeunir de 10 ans a représenté un défi supplémentaire.

À 14 ans, on est encore des enfants. J’étais nerveuse au début, mais dès que j’ai mis les lunettes et le premier costume, ça a cliqué. Je savais exactement qui était cette personne. Mes deux parents ayant grandi dans les années 1970, cette époque m’était aussi très familière. J’avais beaucoup de références culturelles.

Roan Curtis

Kate Mularkey aurait pu demeurer dans l’ombre de Kate l’extrovertie, qui a réalisé son rêve d’être riche et célèbre. Mais sa lumière intérieure l’amène à s’imposer à sa façon, estiment les deux femmes qui lui prêtent vie. « Kate manque d’assurance et elle est mal dans sa peau, elle veut plaire aux autres, mais elle a le plus grand cœur, croit Sarah Chalke. On voit cette partie d’elle à mesure qu’elle grandit. C’est rare de voir un personnage à la télévision évoluer de 14 à 44 ans. Et on la voit finalement se donner la permission de briller. »

PHOTO FOURNIE PAR NETFLIX

Un triangle amoureux met du piquant dans Firefly Lane. Le séduisant Johnny Ryan (interprété par Ben Lawson) finit par épouser Kate Mularkey (Sarah Chalke), plutôt que Tully Hart. Mais au début des années 2000, rien ne va plus.

« Kate doit comprendre ce qui la rend spéciale et saisir qui elle est, renchérit Roan Curtis. Elle n’a pas besoin d’être comme Tully pour être digne d’être aimée, être respectée et être vue. Elle découvre que sa force réside dans sa vulnérabilité, sa sensibilité et son cœur. »

L’auteure du roman Firefly Lane, Kristin Hannah, figure parmi les producteurs exécutifs de la série originale de Netflix. Sous l’impulsion de la créatrice et capitaine du bateau (« showrunner ») Maggie Friedman, tous les personnages ont été étoffés et des rebondissements ont été ajoutés. « C’est la vision de Maggie, révèle Sarah Chalke. Plusieurs scénaristes ont écrit différents épisodes, mais à la fin, c’est elle qui montre le chemin. Ce qui est très cool, c’est comment elle est parvenue à terminer chacun des épisodes sur une situation de suspense. »

La dernière des 10 émissions, qui seront présentées sur Netflix à compter du 3 février, ne fait pas exception. Cela laisse présager une seconde saison. La plateforme de diffusion en continu n’a pas encore divulgué d’information à ce sujet. Il faudra donc patienter pour connaître la suite.