Est-ce un scandale qu’une artiste connue s’essaie à La voix ? Pas du tout. Personne ne vole la place de personne. 

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Suzie Villeneuve a toujours été étiquetée comme la jumelle démissionnaire de la première édition de Star Académie, diffusée à l’hiver 2003. La lâcheuse des sœurs Villeneuve, celle qui a volontairement saboté l’occasion d’une vie.

PHOTO FOURNIE PAR OSA IMAGES ET TVA

Suzie Villeneuve, 36 ans, jumelle d’Annie Villeneuve, a fait un retour sous les projecteurs.

Rappelez-vous. Un mois après le début des classes, Suzie a quitté d’elle-même le manoir de Sainte-Adèle, après avoir échappé à l’élimination (c’est Émily Bégin qui avait été évincée). Malheureuse, mal à l’aise dans la vie de groupe et éloignée de son amoureux, Suzie Villeneuve, alors âgée de 19 ans, a bouclé ses valises et regagné la maison familiale de Jonquière.

Sa sœur jumelle, Annie, ne l’a pas suivie et s’est classée parmi les trois finalistes féminines aux côtés de Marie-Mai et de Marie-Élaine Thibert.

Si Annie Villeneuve a poursuivi sa carrière dans le showbiz québécois, la suite a été plus raboteuse pour Suzie. Pour se différencier de sa sœur, Suzie a teint ses cheveux en noir corbeau et lancé un album rock en septembre 2008, qui a été un échec cuisant.

Son imprésario de l’époque ? Eduardo Da Costa, qui s’occupait aussi de Marie-Chantal Toupin.

En 2010, Suzie a tout abandonné. Fini les projecteurs, les spectacles et les disques. Elle s’est cherchée et a enfilé divers boulots, dont représentante pour la société Tupperware (où elle a fracassé des records de ventes), courtière immobilière et organisatrice d’événements.

Dimanche soir, sur la scène de La voix à TVA, Suzie Villeneuve, 36 ans, a remis les compteurs à zéro. Blonde, bronzée et en paix avec son passé, elle a entonné une puissante ballade (I Surrender), qui a fait pivoter les quatre fauteuils rouges.

Suzie Villeneuve a choisi Garou comme coach, car elle a enregistré une chanson avec lui et sa sœur Annie (Le sucre et le sel, sur l’album Reviens), il y a 17 ans. Reprendre là où on a laissé, c’est très joli.

Est-ce un scandale qu’une artiste connue s’essaie à La voix ? Pas du tout. La championne de l’an dernier, Geneviève Jodoin, avait encore plus d’expérience que Suzie Villeneuve. Ça fait longtemps que le débat professionnel versus amateur a été clos à La voix.

Plus personne ne s’offusque de voir des visages familiers au télé-crochet de TVA. De toute façon, La voix se remporte par un vote populaire. Si le public ne souhaite pas accorder une deuxième chance à Suzie Villeneuve, il n’a qu’à s’exprimer aux urnes.

Par contre, les histoires de grand retour, après des années d’errance, viennent inévitablement nous chercher. C’est toujours gagnant.

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Clément Jacques, 34 ans

Le problème, je trouve, c’est que La voix se fie de plus en plus à ces artistes dits établis. L’épisode de dimanche en renfermait plusieurs, dont le talentueux Clément Jacques, 34 ans, de Rivière-Éternité, Katrine Sansregret, 15 ans, de La voix junior, ou Francis Bernier, 22 ans, de Lévis, qui a déjà enregistré un CD et qui a aussi participé à L’école des fans.

La production a même ramené Josiane Comeau, 18 ans, qui n’a pas été repêchée l’an dernier, mais dont le papa Jacques Comeau a atteint les demi-finales de La voix en 2019.

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Maxime Lapointe, 19 ans, a épaté la galerie en interprétant Mes mains blanches, de Philippe Brach.

Personnellement, je préfère découvrir de nouveaux talents comme Maxime Lapointe, 19 ans, de Granby, qui a été épatant avec sa reprise de Mes mains blanches, de Philippe Brach.

Mais personne ne vole la place de personne. Et que l’artiste préféré des téléspectateurs triomphe.

La paranoïa des survivalistes

Pourquoi se stresser avec une potentielle tempête solaire, une attaque militaire de la Chine ou même un tsunami, hein ?

Nos vies quotidiennes contiennent assez de tracas et de soucis pour en ajouter un autre étage de type cataclysme planétaire, qui risque de ne jamais sep roduire.

Les gens que rencontre Patrice Godin dans la docusérie Survivalistes de la chaîne Moi et cie vivent toujours dans la crainte d’un « bris de normalité » et se préparent au pire depuis des années. Toute leur vie s’articule autour d’un possible désastre.

Par exemple, Claude et Christine vivent précisément à 850 mètres d’altitude pour, affirment-ils, éviter les tornades et même un nuage radioactif mortel. Comme si la Corée du Nord allait larguer un missile sur le Québec demain matin. Franchement.

Benoit élève des lapins dans le but de les manger si jamais toute forme de nourriture disparaissait d’un coup au Québec. Ce survivaliste et autonomiste a même cerclé son domaine de clôtures antichevreuil, qui serviront à repousser les pilleurs en cas d’émeute mondiale.

C’est peut-être moi qui suis naïf, il n’y a pas grand-chose qui me ferait transformer un sous-sol de maison en entrepôt Costco, avec génératrice, bonbonnes de propane et eau embouteillée.

Les survivalistes nous préviennent : arrêtez de faire l’autruche, ça s’en vient ! Mais quoi exactement ? Une cyberattaque contre Hydro-Québec ! Une catastrophe qui entraînera la chute de notre civilisation actuelle !

Je les ai trouvés paranoïaques et alarmistes, nos amis survivalistes. Bien sûr, vaut mieux prévenir que guérir. Mais de là à anticiper autant de drames, c’est là que je décroche.

Survivalistes joue les mercredis à 19 h 30 sur Moi et cie. Si ça vous tente de vous frotter à ce monde rempli de bunkers et des 10 plaies d’Égypte, gâtez-vous !