Chronique mode plus légère aujourd’hui. Quoi, c’est possible d’être plus aérien qu’en temps normal ? railleront ici mes détracteurs favoris. Oh, oui. Ne sous-estimez jamais mes capacités à embrasser la futilité.

Hugo Dumas
Hugo Dumas La Presse

Quand on se passionne pour une télésérie québécoise, notre œil s’accroche à des détails pas du tout importants pour le développement des intrigues, mais qui finissent par nous obséder. C’est plus fort que nous. Ça nous dévore le corps, comme dirait La Chicane.

Quelqu’un peut-il ajuster les lunettes croches de Benjamin (Guillaume Cyr) dans Une autre histoire ? Merci.

Il y a même des morceaux de vêtements ou des éléments de décor qui volent la vedette aux interprètes dans plusieurs téléromans. Voici une liste non exhaustive des accessoires ultra-tendance, super branchouilles, de l’automne télévisuel québécois.

PHOTO VÉRO BONCOMPAGNI, FOURNIE PAR ICI. TOUT.TV

Dans cette scène de Toute la vie, Jolène (Alison Carrier) – dont le personnage est mort – s’apprête à entrer dans le bureau de Tina (Hélène Bourgeois Leclerc) en passant par les fameuses portes de bois.

Les portes battantes de Tina

Rouvre, ferme. Ferme, rouvre. Rouvre, ferme. Pas un seul épisode de Toute la vie ne se passe sans que la directrice de l’école Marie-Labrecque, soit l’intense Tina Carpentier-Trudel (Hélène Bourgeois Leclerc), se batte avec les deux lourdes portes en bois de son bureau.

Entre la travailleuse sociale, sort le papa d’Éloïze. Entre le flic bizarre, sort la cantinière foulardée. Entre la joueuse de tennis enceinte, sort sa maman adultère. Et recommencez. Vive la porte coulissante de Christophe (Roy Dupuis) !

Les redingotes de Gabrielle Simard

La lieutenante du poste 31 a été ligotée, puis tirée à bout portant. Sa fille adolescente a été enlevée, puis abandonnée dans le coffre d’une voiture. Bonus : son mari a emprunté 5 millions à des criminels. Heureusement, Gabrielle (Geneviève Brouillette) trouve du réconfort dans les multiples variantes de ses redingotes, qu’elle met sans interruption depuis son arrivée dans le feuilleton policier de Radio-Canada. En noir ou en bleu marine, l’uniforme de Gabrielle mériterait une touche plus funky, moins madame.

Les chapeaux de pêcheurs à OD

Les modeux les appellent bucket hats, chapeaux de pêcheur ou simplement « bobs ». Dans les maisons d’Occupation double, Julie-Anne en porte souvent. Son petit ami Jordan aussi. Luis Maxime aussi. Carl aussi. Jay Du Temple en a également arboré un en peluche cette semaine. Bref, c’est pas mal plus tendance qu’une casquette commanditée de la boutique M2.

PHOTO LAURENT GUÉRIN, FOURNIE PAR RADIO-CANADA

Le personnage de Réginald dans 5e Rang, incarné par Maxime de Cotret, portant sa sempiternelle casquette (sale)

La casquette sale de Réginald

À égalité avec les lunettes fumées blanches de Jean-Michel (Frédéric Millaire-Zouvi), qu’il porte derrière son cou, la casquette sale de Réginald (Maxime de Cotret) de 5e Rang capte plus notre attention que les serre-tête de Marie-Luce (Maude Guérin) ou les squelettes sous la roulotte. Elle est franchement dégueulasse, cette casquette imbibée de sueur. Bien sûr, Réginald vit dans une cabane dans le bois. Cet éloignement rural ne devrait cependant pas l’empêcher de connaître l’existence d’une machine à laver, Seigneur.

Les livres de Danielle Cuivre

Les fans de Discussions avec mes parents se délectent des titres de romans de Danielle Cuivre (allô Danielle Steel), que les auteurs s’amusent à semer un peu partout dans les épisodes. Des exemples ? Les écoulements de l’inspecteur en bâtiment, Chapiteau dans les pantalons de Bozo, Le coulis du poseur de céramique ou Végétarien, vicieux et vierge !

La banane mouillée du caïd

Tous les objets vus dans C’est comme ça que je t’aime mériteraient un bout de chronique. Du genre : le tourne-disque à cocaïne, les gants de vaisselle jaunes, le livre Joy of Sex, le Water Wizzle, la carabine, le pot Mason de cerises alcoolisées, les chemises en rayonne ou les bouteilles de mal de tête (du Baby Duck). Mais c’est le Slip’n Slide du caïd de Sainte-Foy, joué par René Richard Cyr, qui remporte la palme du gadget le plus convoité. Ce long tapis jaune, sur lequel le caïd se garroche en bobettes molles, a même éclipsé le magnétoscope dernier cri qui enregistre les épisodes des Tannants !

PHOTO FOURNIE PAR RADIO-CANADA

Dans la série Fragile, le personnage de Félix (Marc-André Grondin) enfourche régulièrement son vélo.

Le retour des vélos

Après la retraite de la championne Brigitte Francœur (Julie Perreault) de L’échappée, nous avons deux nouveaux adeptes du transport actif dans nos séries : Christophe (Roy Dupuis), de Toute la vie, et Félix (Marc-André Grondin), de Fragile. Christophe a l’air du gars motivé qui appuie le REV rue Saint-Denis de la mairesse Valérie Plante, tandis que Félix se rabat sur la bicyclette parce qu’il n’a pas vraiment le choix. Comme il sort de prison et qu’il est cassé comme un clou, Félix enfile son gros casque, ses lunettes de ski et son habit d’astronaute pour affronter les rues enneigées de son village, tel un Luc Ferrandez des régions.

Les mentions d’honneur

Le chapeau de poil de la sergente-détective Céline Trudeau (Isabel Richer) dans La faille, le limoncello d’Anémone (Marina Orsini) dans Une autre histoire, la cafetière démantibulée de Christian (Christian Bégin) dans Les mecs, les lunettes de style Denis Gagnon qui servent de décoration dans le bureau de Sonia Blanchard (Pascale Montpetit) de District 31, le sac à bandoulière de Roy Dupuis dans Toute la vie, sans oublier le Roku d’Éloïse d’Occupation double, qui a viré le Québec à l’envers.