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Charlotte Le Bon: un soleil sur la Croisette

La Québécoise Charlotte Le Bon s'est retrouvée sur le... (Photo: Éric Gaillard, Reuters)

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La Québécoise Charlotte Le Bon s'est retrouvée sur le plateau cannois du Grand Journal, où elle est Miss Météo depuis septembre dernier. Le public français a mis bien peu de temps pour tomber sous le charme de la pétillante brunette.

Photo: Éric Gaillard, Reuters

Philippe Vecchi
La Presse

Miss Météo sur Canal +, le mannequin montréalais Charlotte Le Bon a conquis le public français. En avant-goût du film Astérix 4, elle a aussi réjoui la Croisette cannoise.

Pour qui a mis un jour les pieds au Festival de Cannes, l'implantation de la télévision française dans toute la ville en ébullition a pris une importance considérable. La palme du «show-off» revient à la chaîne Canal +, dont le principal pôle d'attraction a pour nom Le Grand Journal.

Tous les soirs en direct de 19h à 20h45 -horaire Côte d'Azur-, c'est un vaste talk-show, capable de débourser 55 000$ pour obtenir une seule chanson de Lady Gaga en live, qui se déploie en direct. Le décor de l'émission a été démonté à Paris pour être reconstruit avec des variantes «mer bleue dans le dos de l'animateur/soleil dans l'oeil des chroniqueurs» sur le sable fin d'une plage de palace.

Relookée par quelque fameuse signature de la mode ou déguisée en personnage extravagant, la sexy Miss Météo québécoise Charlotte Le Bon apparaît, elle, en rayon de soleil bavard de l'émission, au bonheur audible des milliers de badauds qui arpentent la Croisette dans l'attente de celle qu'ils considèrent, depuis ses débuts à l'antenne, fin août 2010, comme un sex-symbol.

Deux minutes durant, le temps-Festival semble suspendre son vol pour se pendre aux lèvres de la pulpeuse Charlotte qui, mardi soir dernier, a débarqué en grande pompe sur une musique de péplum, portée à l'horizontale comme une Cléopâtre moderne par six mannequins hommes uniquement vêtus d'un short boxer noir. Une apparition typique des délires comiques et glamour de celle qui est censée annoncer le temps qu'il fera sur la France, alors que les prévisions météo, avec la bénédiction de la chaîne, sont le dernier de ses soucis. Un décalage qui convient bien à celle qui, armée de son auteur de sketchs et ami Raphael Cioffi (également auteur du webzine Spank auquel elle collabore), prépare depuis 10h30 son intervention quotidienne calibrée.

Avant la fin d'une saison télé pour elle éruptive, il nous fallait la rencontrer pour ce qui s'est révélé être une interview exclusive. Sept mois que la belle n'accorde plus le moindre entretien, allant jusqu'à refuser la couverture et six pages du magazine Elle. La Presse, à qui sa mère, la comédienne Brigitte Paquette, a déclaré: «Ma fille, c'est une tête de cochon, c'est une rebelle!». Intéressante perspective, un retour en arrière s'impose...

Mannequin modéré

Depuis trois ans, la brune pétillante fait des allers-retours entre son Montréal natal (elle est née sur le Plateau-Mont-Royal) et Paris (elle habite le quartier Bastille), qui l'accueille comme mannequin avec un certain succès d'ailleurs (à son actif, plusieurs campagnes nationales, dont une pour la styliste Lolita Lempicka). C'est que, depuis huit ans, Charlotte s'échine à vivre de ce métier qu'elle n'aime pourtant qu'avec modération.

«Depuis le premier jour, j'ai su que je n'allais pas trop aimer cela, parce que ça m'ennuyait d'être derrière un objectif et d'obéir aux ordres d'un photographe dont je ne respectais pas toujours la démarche. Sans compter que l'on tombe parfois sur des professionnels insupportables, qui vont mal parler de toi, devant toi et à la troisième personne (!), du genre: "Mais elle est trop grosse! Et elle ne défilera jamais!" Mais je ne crache pas dans la soupe, j'ai fait mannequin pour l'argent et les voyages, et il est vrai que ça m'a permis de me déplacer beaucoup. C'était plus sympa au Canada, mais le marché y est hélas! trop petit. J'ai commencé à 16 ans, puis à 20 ans j'ai tenté New York, mais je n'y ai charmé personne! En France, au moins, on s'attache plus à ce que tu dégages par rapport à ton énergie, ta personnalité véritable. Et ça m'a permis de rencontrer beaucoup de ceux qui sont aujourd'hui mes amis.»

Des amis de toujours, Charlotte Le Bon en a laissés au Québec, où elle retourne régulièrement, mais pas assez à son goût. «Onze mois que je ne n'y suis pas retournée, ça me paraît interminable! Cela fait un bien fou de retrouver ses racines, ses amis, sa famille. Et puis la neige me manque. Il y a quelque chose de réconfortant dans l'idée de se mettre plein de couches de vêtements, puis de sortir dans le froid sec, il fait super beau et c'est un bonheur total!»

Celle qui ose

De ses premières années, la Miss Météo retient une éducation quasi libertaire, passant par l'école primaire Arc-en-ciel, établissement alternatif au sens où les enfants, entourés de plantes, y élevaient des animaux afin d'acquérir une autonomie précoce. Les arts plastiques et la photographie semblent aussi gravés dans l'ADN de la petite Charlotte, qui renoncera bien plus tard aux sciences humaines: «J'ai commencé ma première année, c'était un choix safe en me disant que j'aurais un boulot ensuite, mais pendant les cours, je regardais les fenêtres avec tellement d'envie de me lancer au travers!»

La suite lui donnera raison, comme en témoigne son site internet officiel, lebonlebon.com, où figurent nombre de ses créations, qui renvoient de manière plus ou moins elliptique à ses «maîtres», tels Dali et Magritte, «capables de traduire en images des univers complètement fous. Les autres, ce sont généralement des illustrateurs alliant une technique éprouvée avec des idées très fortes, à l'instar de l'Américain Marc Johns. Je dessine le soir après les météos pour me détendre. Je mets juste un peu de musique, je prends un petit verre de vin et c'est un moment super agréable.»

Énergie (solaire), personnalité (explosive), voici donc deux des composantes effectives du cocktail Charlotte Le Bon, qui aura mis bien peu de temps à séduire le public français, guettant ses apparitions, aux choix loufoques, burlesques, pleines de non-sens ou carrément provocantes. Dès les premières émissions, on a senti que la jolie créature au regard de biche allait faire sensation. Fière de son accent québécois qu'elle n'atténue jamais à l'antenne, elle ose à peu près tout, jusqu'au bide parfois, toujours sur la corde raide d'un humour qui lui permet d'endosser un maximum de personnages en fonction des invités, de la présentatrice télé des années 60 en noir et blanc à la reine d'Angleterre... «Un mauvais souvenir, ça, c'était complètement nul!»

La photo de Facebook grâce à laquelle Charlotte... (Photo: Ludo Martin) - image 2.0

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La photo de Facebook grâce à laquelle Charlotte Le Bon a été choisie par Canal +.

Photo: Ludo Martin

La télé: un tremplin

Il est rare de dénicher autant de lucidité amusée et chaleureuse chez une people montante. Pour preuve, la télévision ne semble pas être une finalité pour elle, mais un tremplin vers d'autres horizons plus artistiques. On ignore encore si Charlotte Le Bon se retrouvera à l'antenne de Canal + en septembre prochain, mais on a déjà la certitude qu'elle figurera à l'affiche du quatrième épisode des aventures filmées d'Astérix. De nouveau, une grosse production adaptée au cinéma de l'une des bandes dessinées les plus populaires de France, avec Gérard Depardieu dans le rôle d'Obélix et cette fois Édouard Baer dans celui d'Astérix. Une surprise que Charlotte semble déguster comme la cerise sur le gâteau d'un démarrage français sur les chapeaux de roues: «C'est le réalisateur qui a demandé à me voir, j'ai passé une audition comme toutes les autres actrices et j'ai décroché le rôle. Heureusement!» Son personnage s'appellera Ophelia et fait partie des héroïnes féminines du film, dans une adaptation croisée de Astérix chez les Bretons et Astérix chez les Normands.

En attendant ce qui pourrait bien être un événement, la question que fatalement tout le monde se pose: mais comment devient-on une vedette de la télé française en étant Québécoise et sans connaître qui que ce soit dans ce milieu? «C'est la directrice du casting de la chaîne, Christelle Graillot qui, avec ses talents de magicienne, m'a repérée sur une seule photo de Facebook où je fais la grimace. Et je ne connaissais même pas l'animateur du Grand Journal, le pourtant très fameux Michel Denisot! J'ai rencontré le coproducteur de l'émission, Laurent Bon, qui là encore m'a fait faire un casting dans les conditions du direct, avec Michel, le public et les chroniqueurs. J'ai attendu la réponse 10 jours, mais j'étais déjà fière d'avoir réussi le casting, en me disant "que ça marche ou que ça ne marche pas, je m'en fous, c'est une expérience de plus dans mes poches".»

Cette admiratrice de la comédienne Anne Dorval, du réalisateur Michel Gondry et du comique Will Farrell a donc la baraka, une insouciance parfois grave qui la rend attachante, le goût de la mise en danger et cet humour, toujours, qui lui fait conclure: «Je ne fais rien pour acquérir de la notoriété. La notoriété, ce n'est pas un truc qui m'attire et je ne veux surtout pas perdre mes cheveux en fonction de ça, jamais! Je ne sais pas ce que l'avenir me réserve, mais un retour à Montréal, c'est certain; et si la fortune financière me sourit... je disparaîtrai sans doute à jamais dans les îles!» En attendant, elle vient de plier en beauté une quinzaine cannoise placée sous le signe d'un délirant défilé de stars, dont elle fait aujourd'hui partie.




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