Les revenus publicitaires du Groupe TVA n'ont pas baissé lors du dernier trimestre de 2008. Et son président-directeur général, Pierre Dion, refuse de prévoir une baisse pour 2009.

Mis à jour le 27 févr. 2009
Paul Journet LA PRESSE

«Mais le marché est instable, et on n'a pas encore vu le pire de la crise, concède-t-il. Depuis le début 2009, on ressent une grande nervosité chez les annonceurs.» Pour l'instant, les revenus publicitaires de TVA n'en souffrent pas, assure-t-il. «La principale conséquence, c'est qu'ils attendent la dernière minute avant de confirmer un achat. Parfois jusqu'à quatre ou cinq jours avant la mise en ondes.»

 

Plus tôt ce mois, le Groupe TVA rapportait un bénéfice net de 14,4 millionspour le dernier trimestre de 2008. Soit une baisse de 7,5 % par rapport à la même période l'année précédente. Même si la locomotive de Star Académie devrait aider pour les prochains mois, TVA anticipe malgré tout des temps difficiles.

«Tous les jours, on essaie de voir comment contrôler les coûts de programmation et d'administration», indique M. Dion. Il refuse toutefois de commenter la possibilité de mises à pied. Quant à la programmation, il résume ainsi son défi: «La même qualité pour moins cher». Après la fin des séries lourdes (plus de 700 000 $ par épisode), on pourrait selon lui bientôt assister à la fin des séries mi-lourdes.

Selon M. Dion, au-delà de la crise économique, le problème des chaînes généralistes est structurel. «Les profits baissent et les dépenses augmentent. On ne pourra pas continuer à éviter l'inévitable», lance-t-il. Il demande quatre changements pour assurer leur viabilité à long terme.

D'abord, la «déréglementation de la radiodiffusion», pour abolir les sous-conditions de licence. «Ça signifie par exemple de respecter les quotas de contenu canadien, mais en les présentant quand on veut».

Deuxièmement, le versement des redevances des câblodistributeurs aux chaînes généralistes privées. Troisièmement, revoir le fonctionnement du Fonds canadien de télévision. Et finalement, permettre aux télédiffuseurs conventionnels de se lancer, sans les restrictions actuelles, dans l'implantation de chaînes spécialisées. Le Groupe TVA prévoit d'ailleurs en inaugurer quelques-unes «d'ici deux ou trois ans».

TVA entend étendre ses tentacules à toutes les étapes de production. «Un diffuseur ne peut plus se contenter de présenter du contenu, soutient M. Dion. Il doit s'impliquer dans toutes les étapes, de la création à la production et la diffusion multiplateformes. C'est notre nouveau modèle d'affaires depuis quatre ans, avec nos filiales TVA Création et TVA Production.»