Simon Gouache le dit lui-même : il s'est fait par la scène et c'est sur les planches qu'il continue de nourrir sa carrière. L'humoriste qui joue actuellement sur deux tableaux, finissant sa première tournée (Gouache) tout en faisant le rodage de la deuxième (Simon Gouache travaille secrètement sur un nouveau spectacle), a accepté de prendre position sur des questions sérieuses... mais aussi plus légères.

SYLVAIN SARRAZIN LA PRESSE

Écarter un humoriste à cause de ses dreadlocks ?

Contre

Absolument contre. Tu ne laisses même pas quelqu'un s'exprimer, pour moi, c'est du profilage. Ça n'a aucun bon sens. Quand j'ai vu cette nouvelle-là, je pensais que c'était une joke. Avec Facebook, tu ne sais plus ce qui est vrai ou faux, des fois... Cet humoriste, je l'ai déjà vu dans des Open Mic à quelques reprises, et je pensais qu'il faisait une joke sur lui-même. Une des choses principales en humour, c'est d'avoir ta marque et de te différencier...

Les rodages

Pour

C'est la base, même si ça peut être dur sur l'orgueil. Parfois, tu as des nouvelles jokes, dans ta tête c'est hilarant, et quand tu la fais sur scène, tout le monde te regarde comme si tu parlais une autre langue. Des fois, tu sors quelque chose sur l'instant, puis tu as un gros rire. Pour moi, l'art, c'est de l'essai/erreur constant. J'ai un respect énorme pour les gens qui viennent voir un spectacle de rodage, parce qu'ils savent dans quoi ils s'embarquent. Ça peut être frustrant, pour le public comme pour moi, mais c'est absolument nécessaire pour offrir un produit de qualité.

Mettre un prix Olivier dans ta bouche

Pour

Avant le gala des Olivier, je me suis quasiment dit : « Eille, je le fais-tu ? » J'étais sur place quand Hubert Lenoir a fait ça. Ça ne m'a pas choqué du tout, mais je peux comprendre que certaines personnes le soient ou trouvent ça irrespectueux. C'est en symbiose avec son personnage, il est fidèle à lui-même, c'est quelqu'un d'authentique, et je vais toujours respecter ça. Je n'irai pas jusqu'à l'imiter, parce que ce n'est pas moi ni mon style. Donc, dans son cas à lui, je suis pour. Dans mon cas à moi, non.

Ceux qui prennent des photos durant les spectacles

Pour

Les photos sans flash, je n'ai aucun problème avec ça. Avec flash, je suis complètement contre. Et ça arrive fréquemment, c'est fou raide ! Quand tu es sur scène, tu rentres dans une espèce de zone. Et quand tout va bien, il suffit d'un flash ou d'une personne qui se lève dans la salle pour te déstabiliser. Prendre des photos pendant le spectacle, pas de souci. Mais enlevez vos flashs ! En passant, enregistrer le spectacle, je suis 100 % contre, c'est du vol.

La multiplication exponentielle des humoristes québécois

Pour

Pour à 100 %. Je ne crois pas au vieux mythe selon lequel il y aurait trop d'humoristes au Québec. La jeune génération est tellement stimulante, ils travaillent super fort. Cela dit, si j'avais une critique à leur faire, je trouve qu'ils cimentent leur style trop rapidement. Être bon sur scène, ça prend des années et des années. Le succès rapide est un couteau à double tranchant. Si on te dit que tu es bon trop rapidement, tu te mets à le croire et tu arrêtes d'évoluer.

Pour ou contre les « Pour ou contre » ?

Pour

Ce que je trouve difficile, c'est que j'ai le goût de dire oui et non à la plupart des questions, j'ai de la misère à choisir ! C'est ça qui fait en sorte que je me démarque comme humoriste, je vois les deux côtés de tout, je ne suis pas quelqu'un qui a des opinions arrêtées. Donc, je suis pour le « Pour ou contre », mais je suis contre le fait d'avoir à choisir entre l'un et l'autre !