Son nouveau spectacle, Les heures verticales, acclamé par la critique, affiche complet partout au Québec. Encore une fois, il a ravi tout le monde à l'animation du gala de l'ADISQ, et son DVD Le show caché se vend comme des petits pains. Bref, l'année 2013 a une fois de plus confirmé le statut de star de l'humour de Louis-José Houde. Il répond ici à quelques questions inspirées de son show.

Publié le 22 déc. 2013
CHANTAL GUY LA PRESSE

Q: Selon toi, est-ce qu'une carrière à succès se construit à l'horizontale ou à la verticale?

R: À la diagonale. Tranquillement, mais pas trop. Ceux qui montent trop vite redescendent trop vite. Et ceux qui restent la relève trop longtemps restent la relève tout le temps.

Q: En parlant de tes parents, tu fais un peu l'éloge des boomers. Es-tu envieux de cette génération?

R: Non. Je trouve seulement qu'au quotidien, ils ont une bonhommie naturelle et un intérêt pour l'autre plus marqués que chez ma génération. Et j'aime vraiment leur manière de conduire la fenêtre ouverte au complet avec l'avant-bras qui traîne dans le vide. Moi, quand je le fais, on n'y croit pas.

Q: Penses-tu que ta génération carbure à la nostalgie?

R: Non, je crois que chaque génération est vaguement nostalgique de son passé. Dans un film de 1975, on entend que 1950 était la belle époque. Et en 1950, on glorifiait 1920. Ma génération porte peut-être un fort penchant pour la nostalgie en raison des incroyables progrès technologiques des 20 dernières années. L'informatique, entre autres, a changé nos vies à plusieurs niveaux, et ce, très rapidement. Des références à 1995 nous paraissent déjà désuètes, donc risibles. Le clivage entre le quotidien de 1960 et celui de 1975 est peut-être moins grand, donc moins intéressant.

Q: Tu sembles obsédé par le temps qui passe (qui ne l'est pas?!). As-tu hâte d'être vieux pour arrêter d'y penser?

R: Vieillir ne me fait pas peur. Je vais faire un bon vieux. Le problème, c'est de mourir. On m'a dit récemment que j'étais un affamé. Mon semblant d'obsession du temps qui passe vient de là. J'aime la vie à en avoir de la difficulté à dormir. Je suis né au Québec (c'est vraiment simple être né au Québec, si on regarde un peu les nouvelles), je fais un métier que j'aime et quelqu'un a inventé le vin. Bref, j'ai mes problèmes comme tout le monde, mais je suis quand même très heureux et l'idée d'une fin à tout ça m'irrite passablement. Je vais mourir et ça va tomber sur une journée où je n'aurai pas le temps, c'est sûr.

Q: Tu donnes quelques trucs pour trouver l'amour, le vrai, et cela repose sur une foule de petits détails. Crois-tu plus à la raison qu'à la passion?

R: Je crois aux filles qui rient souvent et qui consultent leur cellulaire rarement. Donc, un mélange des deux. C'est un numéro sur les signes qu'on aime encore l'autre. Juste pour les regards complices que les couples s'envoient entre les jokes, c'est celui que j'aime le plus jouer.

Q: Qui préfères-tu entre Louis-Ferdinand Céline (qui a inspiré le titre de ton spectacle) et Céline Dion?

R: Céline Dion. Louis-Ferdinand écrivait de bons livres, mais avait un penchant antisémite. Et l'avez-vous entendu chanter Je danse dans ma tête? C'est un blasphème.

Q: Comme chroniqueur littéraire à La Presse, quel est le meilleur livre que tu as lu cette année?

R: Probablement Artéfact, de Carl Leblanc. Sinon, Leviathan de Paul Auster. Il y a aussi La possibilité d'une île de Michel Houellebecq, mais ce n'est pas pour tout le monde. Honnêtement, ça baise aux deux paragraphes.