L'auteur, comédien et metteur en scène Jean Asselin est intarissable lorsqu'il parle du mime, cet art du geste, de la présence et du corps en mouvement, aujourd'hui complètement intégré au théâtre et à la danse.

Jean Siag LA PRESSE

Durant les 12 prochains jours, le fondateur d'Omnibus propose une programmation originale à Espace libre qui fera la part belle aux arts de la marionnette. Avec trois grandes formes, quatre petites et une foule d'activités gratuites, y compris des projections et des rencontres avec des artistes.

«Le mime est la plus vieille pratique artistique du monde, dit-il au cours d'un entretien téléphonique, mais aussi la plus jeune dans son expression actuelle, avec ses règles de l'art. Même si le mime irrigue les disciplines artistiques comme le théâtre et la danse, il demeure aujourd'hui encore mésestimé et méconnu. Il accorde pourtant beaucoup de liberté aux artistes, qui n'ont pas à respecter de formats.»

Depuis 15 ans, Jean Asselin remonte au front tous les trois ans, offrant pour ces RIMM le meilleur des pièces sans paroles, qu'elles soient jouées ou dansées. D'ici et d'ailleurs. Parmi elles se trouve la première création d'Anne Sabourin, diplômée de l'École de mime et interprète d'Omnibus (qu'on a vue dans le percutant Rêves, chimères et mascarades). Sa pièce, Le vestibule, est un solo sur le regard que nous posons sur le film de notre vie.

«Contrairement à ce que l'on peut voir en Europe, il y a, au Québec, une véritable relève dans l'expression du mime. Toutes nos écoles de théâtre ont leur spécialiste: Suzanne Lantagne, Jocelyne Montpetit, Francine Alepin. C'est une composante importante du jeu. Les arts de la marionnette sont d'ailleurs très influencés par le mime, art de l'effacement pour des acteurs qui manipulent, à vue, des objets ou des marionnettes.»

Ce n'est donc pas un hasard si le directeur artistique du RIMM a invité la Française Claire Heggen, du Théâtre du mouvement de Paris. Sa conférence-performance, intitulée Les vertus de la marionnette idéale, se présente un peu comme un condensé des enseignements du spécialiste français du mime, Étienne Decroux. Avec exercices et projections à l'appui.

Jean Asselin a lui-même été un élève de Decroux, qui a partagé son enseignement avec des artistes de premier plan comme Marcel Marceau et Jean-Louis Barreau. «Avec Paul Buissoneau, il a été mon père professionnel, dit-il. Il disait, entre autres, que la technique immunisait contre deux arbitraires: la mode et le maître. On ne peut aspirer à être du bon côté. L'artiste doit être libre de créer.»

Parmi les autres pièces attendues, mentionnons le Théâtre de la Tortue noire, troupe de Saguenay qui présentera Vie et mort du Petit chaperon rouge en 8 minutes ralenties et Le grand oeuvre. Ces spécialistes du théâtre d'objets, menés par Dany Lefrançois et Martin Gagnon, font la preuve de l'ingéniosité de la manipulation.

À voir également: la compagnie française À fleur de peau, qui ouvre les RIMM avec ses pièces Au-delà du temps et Si un jour je te quitte, je te garderai en moi à vif à jamais; Jocelyne Montpetit qui représente La danseuse malade; et les Belges de Mossoux-Bonté, qui présentent Twin Houses.

Jusqu'au 1er octobre à Espace libre. Pour la programmation complète: www.mimeomnibus.qc.ca