Durant les deux premières semaines du spectacle iD, du Cirque Éloize, aucun alcool n'a pu être vendu dans l'enceinte de son chapiteau, monté début juillet au Quai de l'horloge, dans le Vieux-Port de Montréal.

Jean Siag LA PRESSE

La Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec a en effet refusé de délivrer un permis de vente d'alcool à Joe Amar, sous-traitant d'Éloize, arguant que la loi lui interdisait de délivrer un deuxième permis au Cirque.

Le Cirque Éloize, dirigé par Jeannot Painchaud, détient déjà un permis permanent qui lui permet de vendre des boissons alcooliques dans la salle de réception de son édifice principal du 417, rue Berri. La Régie des alcools a pourtant accepté de délivrer un permis d'une journée, le soir de la première d'iD, le 8 juillet, en attendant que les parties parviennent à s'entendre. Mais après cette date, elle a maintenu sa décision.

Devant ce refus, le Cirque Éloize s'est adressé à la Cour supérieure le 19 juillet en déposant une requête en injonction, pour forcer l'organisme québécois à lui délivrer un permis pendant la durée du festival Montréal complètement cirque. Au Cirque Éloize, le directeur des opérations, Jonathan St-Onge, était visiblement mal à l'aise de la situation.

«Au départ, la TOHU nous a demandé de nous occuper du bar, mais nous ne savions pas que notre permis d'alcool ne pouvait être étendu à un autre lieu de façon temporaire. Si nous avons déposé une requête par la suite, c'était pour obtenir plus d'information.»

Toute cette histoire a pris fin le lendemain du dépôt de la requête, lorsque la TOHU - à l'origine du festival et locataire du terrain auprès de la Société du Vieux-Port de Montréal - a fait une nouvelle demande à la Régie des alcools, mais au nom de Montréal complètement cirque. Cette demande de permis temporaire a finalement été acceptée par la Régie. Elle est valide jusqu'au 31 juillet.

Pas de «mauvaise foi»

«C'est de la politique interne, s'est défendu Stéphane Lavoie, directeur général de la TOHU. Personne n'a été de mauvaise foi dans cette histoire. La loi est très claire: une compagnie ne peut pas détenir deux permis d'alcool de la Régie. M. Amar, mandaté par Éloize, n'aurait jamais dû faire de demande.»

Pourtant, la TOHU a appuyé la demande de Joe Amar le 5 juillet, en signant une lettre où elle lui donne son accord pour vendre sur place des boissons alcooliques. Dans la requête d'Éloize, Joe Amar chiffre même les pertes à 25 000 $, à raison d'environ 1000 $ de revenus par représentation, tout en laissant entendre que le projet iD pourrait être déficitaire vu ces pertes de revenus.

Mais Stéphane Lavoie est clair: «Les revenus provenant de la vente de boissons sont versés à Montréal complètement cirque, pas à Éloize. Nos revenus sont évidemment moins élevés puisque aucun alcool n'a pu être vendu du 9 au 19 juillet, mais la situation s'est stabilisée, a-t-il affirmé. De toute façon, on ne comptait pas beaucoup sur ces revenus, qui sont, somme toute, minimes.»

Ce n'est pas la première fois que le Cirque Éloize et son traiteur Joe Amar ont maille à partir avec la Régie des alcools. En 2008, deux saisies d'alcool ont été faites dans les locaux d'Éloize, parce que des contenants de boissons alcooliques destinés à la vente n'avaient pas le timbre de la Société des alcools du Québec (SAQ). Éloize avait alors perdu son permis pour une durée de 15 jours.