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Maison symphonique: à réentendre, cet orgue

Olivier Latry, saluant la foule hier soir à... (Photo: Olivier Pontbriand, La Presse)

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Olivier Latry, saluant la foule hier soir à la console mécanique fixe de l'orgue de la Maison symphonique.

Photo: Olivier Pontbriand, La Presse

Claude Gingras
La Presse

Le grand orgue tant attendu de la Maison symphonique est loin, très loin d'avoir livré tous ses secrets. Rien de plus normal: ses ressources sont illimitées, comme chez tous les instruments de cette taille.

Olivier Latry, le principal des trois organistes de Notre-Dame de Paris, a procédé hier soir au baptême de cet instrument qui, fabriqué par Casavant Frères conformément à ses recommandations, est destiné à l'OSM et nommé en l'honneur de l'ancien grand patron de l'orchestre, Pierre Béique.

C'est dans la pièce d'ouverture, la célébrissime Toccata et Fugue en ré mineur de Bach, qu'on a pu entendre le plus de composantes du nouvel instrument. Tout d'abord parce qu'il s'agissait, des trois oeuvres au programme, la seule qui soit pour orgue seul. Ensuite parce que M. Latry, du haut de la console mécanique fixe dominant la scène, s'est appliqué à en détailler certaines caractéristiques.

Dans la Toccata, il s'est - disons le mot - amusé à multiplier les effets faciles: tonitruants 32-pieds de pédale, flûtes suraiguës, passages en écho, le tout rappelant le Fantasia de Walt Disney et propre à scandaliser les nombreux organistes présents parmi la foule qui remplissait la salle.

La Fugue - la plus célèbre des fugues de Bach et pourtant l'une des moins développées! - se déroula sur des registrations plus conservatrices et dans un bon tempo, si l'on excepte quelques légers ralentissements, chose habituelle lorsqu'un organiste rencontre un nouvel instrument.

M. Latry choisit de jouer sur la console électrique mobile, déplacée vers la gauche de la scène, l'adaptation de Jean-Marc Cochereau du Prélude et Fugue sur B.A.C.H. de Liszt. Comme dans l'original, il fit bien sonner au pédalier seul les quatre notes correspondant au nom de Bach dans la nomenclature allemande.

Ce qui suivit est plus vague. L'orchestration de Cochereau, souvent gauche et bruyante, est incorporée à la partie d'orgue et, parfois, remplace simplement celui-ci. Chose certaine, elle n'ajoute rien à ce que Liszt a signé.

Curieusement, M. Latry est remonté là-haut pour la troisième Symphonie de Saint-Saëns. Il est vrai que la partie d'orgue y est sommaire (l'orgue n'entre que 10 minutes après le début) et qu'un miroir lui permettait de suivre le chef, placé en bas derrière lui. Ce fut le plus beau moment de la courte soirée.

Malgré la distance, organiste et orchestre furent toujours en parfait accord et, surtout, M. Latry tira le maximum de puissance de sa mince partie soliste, alors que, dans l'Adagio, Nagano amena l'orchestre à un degré d'émotion très rare chez lui, si rare, en fait, que le public ne put retenir ses applaudissements à ce moment-là.

Les panneaux acoustiques furent placés dans deux positions différentes au cours du concert, ce qui a pu affecter le résultat sonore.

Le président de l'OSM, M. Lucien Bouchard, ouvrit la soirée et remercia la mécène Jacqueline Desmarais, qui a entièrement assumé le coût de l'instrument. Mme Desmarais étant présentement en Europe, un message de sa part fut lu au micro par la nièce de Pierre Béique. On entendit également la nouvelle ministre de la Culture, Hélène David, petite-fille de l'un des fondateurs de l'OSM.

L'événement sans entracte dura de 19h à 20h30 très exactement et fut suivi d'un grand dîner. L'OSM avait annoncé un bal, mais il n'y eut pas de bal...




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