Devenu titulaire des Musici (et donc le successeur de Yuli Turovsky) après avoir été premier chef invité des Violons du Roy, Jean-Marie Zeitouni réunissait les deux orchestres pour un concert «hors-série» dimanche après-midi à la Maison symphonique. Tellement «hors-série», le concert, qu'on avait dû fermer les trois galeries (corbeille, mezzanine et balcon) et que le parterre, seule section restée ouverte, n'était qu'à moitié rempli.

Claude Gingras LA PRESSE

Pour comble, il manquait de programmes. Mais il en restait suffisamment pour qu'on note l'absence du nom des Violons du Roy sur la couverture et pour qu'on puisse y compter le nombre de musiciens. Avec les surnuméraires (dont, au piano, le jeune frère du chef), ils étaient 38. La liste n'indiquait cependant pas qui venait des Musici et qui venait des Violons du Roy - information pourtant plus qu'élémentaire.

Après chaque oeuvre, on en voyait bien qui passaient de la gauche à la droite du chef, et vice versa, ce qui ne causait pas de problème quant au résultat final. Par contre, pour les oeuvres mettant en relief un groupe particulier de musiciens, ils eût été nécessaire de préciser de quel orchestre chacun était issu. Il n'est pas écrit dans le ciel que Julie Triquet est associée aux Musici et que Pascale Giguère l'est aux Violons.

Le programme était partagé entre la musique britannique et Bartok. Idée aussi originale que celle de réunir deux formations connues, mais qui n'a pas rejoint le public... à moins que la St. Patrick's ne soit en cause! Empoignant les deux orchestres, Zeitouni en fit une seule et même entité, remarquable de cohésion, d'équilibre et de justesse, et en obtint des exécutions techniquement impeccables et toujours inspirées.

D'une brillante lecture de la Simple Symphony de Britten se détachait un mouvement lent d'une rare tendresse. Dans le Elgar et le Vaughan Williams, le quatuor n'avait pas toujours le relief souhaité. C'est qu'une certaine surcharge sonore affecte le parterre. Le son est meilleur à la corbeille, mais elle était fermée! En revanche, la masse orchestrale y sonnait richement, comme l'illustration de l'affection que Zeitouni porte à cette musique et communique à ses musiciens.

Après un arrangement coloré des Danses populaires roumaines, pour piano, de Bartok, il conclut avec, du même Bartok, la Musique pour cordes, percussions et célesta, donnée par les Musici et Turovsky en 2006 et par les Violons et lui-même en 2008. La partition indique le placement exact des instruments sur scène et le minutage. Zeitouni suivit le «plan» d'aussi près que possible, mais porta la durée de 26 à 30 minutes. Quand même, précision et atmosphère y étaient. Mention au solo de xylophone d'Anne-Julie Caron.

I MUSICI DE MONTRÉAL et LES VIOLONS DU ROY.

Chef d'orchestre: Jean-Marie Zeitouni. Dimanche après-midi, Maison symphonique, Place des Arts.

Programme:

Simple Symphony, op. 4 (1934) - Britten

Introduction and Allegro, pour quatuor à cordes et orchestre à cordes, op. 47 (1905) - Elgar

Fantasia on a Theme by Thomas Tallis, pour quatuor à cordes et double orchestre à cordes (1919) - Vaughan Williams

Danses populaires roumaines, pour piano, Sz. 56 (1915) - Bartok, arr. pour orchestre : Zeitouni 

Musique pour cordes, percussions et célesta, Sz. 106 (1936) - Bartok