La nuit tombe en ce vendredi glacial de décembre. Sarah Bourdon et son réalisateur Guillaume Chartrain sont au chaud en studio avec Mathieu Houde, directeur artistique et producteur chez Audiogram.

Publié le 29 déc. 2013
Émilie Côté LA PRESSE

Après une première séance d'enregistrement au studio VOX, Sarah se trouve au studio Chanepan, qui appartient à son imprésario Stéphane Papillon et à Yann Perreau, dont elle a assuré la première partie pendant toute la dernière année.

«Nous sommes rendus à l'étape des voix, indique Guillaume Chartrain. Je voulais que Mathieu nous aide. Nous, ça fait longtemps qu'on entend les tounes, donc ça fait du bien d'avoir des oreilles fraîches.»

Mathieu et Guillaume discutent des chansons de Sarah qui pourraient servir d'extraits pour la promotion de l'album, au printemps.

Pour reprendre les mots de Sarah, «Mathieu a de l'expérience en tabarnouche». Depuis le temps (13 ans) qu'il travaille chez Audiogram à titre de producteur et directeur artistique, Mathieu Houde a en accompagné et conseillé, des artistes. Daniel Bélanger, Karkwa, Ariane Moffatt, Isabelle Boulay, Damien Robitaille et Pierre Lapointe, pour ne nommer que ceux-là.

«Je suis là pour voir de quoi l'artiste a besoin, l'épauler au bon moment, explique-t-il. Je vais aussi participer au choix des chansons.»

Mathieu Houde aime le fait que Sarah Bourdon s'éloigne de la norme et qu'elle n'ait pas pris la voie des concours. «Sarah n'est pas la pin-up du coin. Elle a une personnalité forte, de la voix, un sens de la mélodie et un regard sur le monde différent, détaille-t-il. Il y a beaucoup d'interprètes et d'auteurs-compositeurs, mais peu sont entre les deux. Le côté soul de Sarah nous fait sortir du carcan folk.»

Sarah fait relire les textes de ses chansons à Mathieu. Une leçon d'humilité fort utile. «Dans ses commentaires, il a raison la plupart du temps», dit-elle.

Pendant notre visite en studio, Sarah et Guillaume écoutent l'enregistrement des pièces Figure de style et Mouvement.

La première est une pièce motownesque. La seconde, une puissante ballade.

«La voix, ce n'est pas toujours facile, car c'est de l'émotion sur commande», nous explique Guillaume. «Des fois, je fais même de l'insomnie, car j'ai peur de manquer de voix», souligne Sarah.

Guillaume et elle sont fort satisfaits du travail des dernières semaines. Des 12 chansons, une seule devrait être remaniée. «Habituellement, c'est trois ou quatre.»

Prochaine étape: le mixage. On s'en reparle dans un mois.