Le nouveau cycle de création d'Arthur H est initié en sol québécois. Amorcée ce soir au Centre Phi, une mini-tournée en solo inclut une résidence aux Îles-de-la-Madeleine, où l'artiste français pourra cogiter son prochain album après s'être produit au club Les Pas Perdus.

Mis à jour le 1er août 2013
Alain Brunet LA PRESSE

«On m'a demandé de venir y jouer, il y avait cette occasion d'aller au bout du monde. Au début de la création d'un album, j'aime bien m'isoler dans des endroits où il y a beaucoup d'énergie. Ce peut être Paris, ce peut être Montréal, ce peut-être aussi un lieu presque désert. Assez martien, le paysage des Îles, dites-vous? Comme je suis martien aussi, ce sera parfait. E.T. go home

Pour Arthur H, le spectacle soliloque est l'échauffement idéal de cette nouvelle gestation discographique.

«C'est une occasion de me sentir libre, de faire ce qui me passe par la tête. J'aime ce côté sans éclairages élaborés... monter sur scène, sentir l'atmosphère, se lancer dans le vide. C'est très libre, il s'agit de se sentir branché avec les gens. On est sûr de prendre le jus, la pure électricité, quoi! Dans ce contexte, j'ai une feuille de route de laquelle je peux sortir. Je peux piger dans tout mon répertoire. Je vais d'ailleurs réapprendre quelques vieilles chansons. Elton John a 300 costumes dans sa penderie, j'en ai quelques-uns aussi.»

Pour l'escale montréalaise, le choix du Centre Phi n'est pas l'effet du hasard.

«L'hiver prochain, j'ai le projet d'y enregistrer un bout de mon album avec des musiciens de Montréal [recrutés dans la bande à Patrick Watson], mais en présentant le processus comme une performance audiovisuelle. Ainsi, les gens pourraient assister à l'apparition d'une musique, à ce premier jet qui transporte toute l'énergie du morceau, à ces gros pics d'enthousiasme mélangés à des moments d'ennui et d'attente. J'ai envie que le public ait accès à ça via un système de caméras. Ainsi, on pourrait déambuler et regarder notre travail sur écran sans entrer dans les salles d'enregistrement, sans contact direct avec nous.»

Ce projet d'enregistrement-performance, faut-il préciser, n'est pas encore un marché conclu, mais serait confirmé sous peu. Arthur H indique en outre qu'une partie de son nouvel album sera créée au Québec, et une autre à Paris. Ce ne sera d'ailleurs pas la première fois que les choses se produisent ainsi.

Quant aux styles préconisés au prochain chapitre, le principal intéressé en a déjà une idée.

«J'aimerais de l'électro avec des instruments. De l'électro émotionnelle, dépouillée, avec le moins d'éléments possible. Ça fait longtemps que je m'intéresse à la musique de transe, j'écoute de la musique ambient, tous les disciples de Brian Eno. Or, ce type d'électro n'est pas vraiment mélodique. En en conservant l'esprit et le son, je cherche le moyen d'y mettre une mélodie, des instruments acoustiques, de la dynamique.»

L'objectif, en fait, est chansonnier. «Je cherche toujours à mettre un peu de sang neuf dans la chanson française, à laquelle je suis attaché. Mais cette chanson a besoin d'être travaillée, vivifiée, mélangée à l'anglais. Elle a besoin de rester vivante. Bien sûr, nous sommes tous imprégnés de musique américaine; je compose moi-même en marmonnant des sonorités anglaises. Je finis par m'extraire de cet univers de chansons anglophones et je trouve mon propre rythme en essayant d'être aussi actuel qu'un créateur vivant à New York, Vancouver ou Londres.»