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The National: le calme après de petites tempêtes

Matt Berninger, chanteur du groupe The National.... (Photo La Presse Canadienne)

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Matt Berninger, chanteur du groupe The National.

Photo La Presse Canadienne

The National compte six albums. Lentement mais sûrement, sa reconnaissance d'estime s'est transformée en succès commercial. Le groupe se produira aux abords du canal de Lachine, jeudi, avec les chansons de son nouveau disque Trouble Will Find Me. Entrevue avec le chanteur Matt Berninger et le guitariste Bryce Dessner.

Sorti il y a trois semaines, Trouble Will Find Me porte la marque de son groupe: la batterie caverneuse, les envolées mélodiques prenantes, la voix de baryton de Matt Berninger et la beauté mélancolique de l'ensemble.

Par rapport aux précédents albums Boxer (plus rock) et High Violet (plus majestueux), The National dévoile ici un son plus intime. Les chansons dégagent une sorte de calme et d'apaisement, propres aux conditions dans lesquelles les membres de The National ont fait l'album malgré eux...

«Après la tournée d'High Violet, on voulait prendre une longue pause. Le fait de ne pas avoir de plan a enlevé toute la pression, raconte Matt Berninger. Nous avons écrit des chansons par pur plaisir sans penser à faire un album. J'aurais souhaité qu'on arrête plus longtemps, mais nous nous sommes leurrés», dit-il en riant.

Ce processus créatif libre et irréfléchi s'entend sur l'album, opine le guitariste Bryce Dessner, qui signe les musiques avec son frère Aaron et Berninger. «Comme on a laissé les chansons surgir, le songwriting est plus classique.»

Dans le passé, les membres de The National ont vécu des tensions en studio. Aucune ombre au tableau cette fois-ci. Matt Berninger parle d'un album «soudain» et «relax».

«Pour la chanson Pink Rabbits, Aaron m'a envoyé un simple loop au piano et je ne pouvais pas arrêter d'écrire, raconte-t-il. À un moment donné, il a fallu se rendre à l'évidence: nous étions en train de faire un album.»

Les conseils de Michael Stipe

Originaires de Cincinnati et aujourd'hui installés à Brooklyn, les membres de The National ont connu des hauts et des bas et ont même songé à se séparer. Matt Berninger explique avoir beaucoup appris quand The National a assuré la première partie de R.E.M. en 2008. Michael Stipe lui a donné un précieux conseil: «N'oublie pas que vous étiez amis d'abord.»

The National a multiplié les spectacles dans des bars crades avant d'avoir le luxe d'inviter des membres d'Arcade Fire à monter avec lui sur scène au Centre Bell (lors de son dernier passage à Montréal).

«Le style de vie d'un groupe en tournée n'est pas sain... Je ne parle pas en termes de drogues et de trucs à la Mötley Crüe. Mais être en autobus et s'ennuyer de notre famille, ça joue sur les nerfs, explique Matt Berninger. Comme nous, R.E.M. a vécu des périodes sombres. Ils nous ont fait réaliser à quel point nous étions chanceux d'avoir un groupe... Je suis chanceux que ma job soit de boire du vin et d'écrire des chansons.»

Dans ses textes, Matt Berninger se décrit souvent comme un gars qui se sent inconfortable dans un endroit donné et qui analyse une situation avec du recul. «J'écris souvent sur mes anxiétés sociales», dit-il.

Son spleen est toutefois teinté d'humour. «I was a television version of a person with a broken heart», chante-t-il sur Pink Rabbits.

«J'écris pour me positionner dans le monde dans lequel on vit, pour montrer les zones d'ombre de nos âmes, de nos personnalités et de nos désirs, détaille Matt Berninger. J'aime les gens qui se montrent sous leur jour moins flatteur: Leonard Cohen, Nick Cave et Tom Waits... Il y a du mélodrame dans leurs chansons, mais de l'humour aussi.»

Un groupe collaborateur

The National a soutenu publiquement Barack Obama lors des deux dernières campagnes présidentielles américaines. Le groupe multiplie les projets et les collaborations avec Sufjan Stevens, Sharron Van Etten, Bon Iver et Arcade Fire.

Bryce Dessner - qui parle français grâce à une année passée en France - a fondé le festival MusicNOW et a participé à un projet musical baptisé «Planetarium» à la Brooklyn Academy of Music. Il est par ailleurs un guitariste diplômé de l'Université Yale.

«The National est un groupe de collaborations explique-t-il. Les projets parallèles sont sains, inspirants et ils changent la routine. Nous sommes dans une période intéressante de l'industrie où il y a de l'ouverture. J'aime contribuer à faire connaître des projets qui ont plus de difficulté à se faire entendre.»

En plus des jumeaux Dessner, deux autres frères complètent The National, soit Bryan (batterie) et Scott Devendorf (basse). Un avantage ou un inconvénient? «Entre membres d'une même famille, nous sommes francs les uns envers les autres, donc la musique est meilleure. Mais c'est aussi facile de se blesser, donc il faut parfois retenir ses paroles... Le temps passe si vite... À 37 ans, je suis chanceux de pouvoir travailler avec mon frère», dit Bryce Dessner.

Le respect du public

Depuis quelques semaines, The National est reparti en tournée dans un spectacle où le mot d'ordre de la mise en scène était «less is more». «Nous voulions un show à notre image, mais aussi excitant. Pour les projections et les éclairages, nous avons collaboré avec un gars qui s'appelle Michael Brown, indique Matt Berninger. Il reste que les chansons font 99% du travail. Pas besoin de cirque sur scène.»

Même si Matt Berninger s'ennuie affreusement de sa femme et de sa fille en tournée, il tient à entretenir précieusement ce lien qui l'unit avec le public. «Je ne tiens aucun spectacle pour acquis. C'est quelque chose que j'ai appris de R.E.M. et d'Arcade Fire: il faut tout donner en spectacle et respecter au plus haut point les gens qui écoutent notre musique. Bruce Springsteen est aussi très inspirant en ce sens, dit-il. La plupart des gens voient deux shows par année. Quand ils nous choisissent, c'est précieux.»

The National se produit jeudi aux abords de l'esplanade du Centenaire, au canal de Lachine, avec les Barr Brothers en première partie.

> En 2008, The National a élargi son public en assurant la première partie de R.E.M.

> Sa chanson Runaway a été utilisée dans le film Starbuck de Ken Scott en 2011.

> Les frères Aaron et Bryce Dessner ont orchestré la compilation-bénéfice Dark Was the Night sortie en 2009, à laquelle ont participé Arcade Fire, Bon Iver, Feist et Grizzly Bear.

> Lors des deux dernières campagnes électorales américaines, le groupe a soutenu publiquement la candidature de Barack Obama.

> En 2012, The National a écrit et enregistré la chanson The Rains of Castamere pour la série télé Game of Thrones.

DISCOGRAPHIE

> The National (2001)

> Sad Songs for Dirty Lovers (2003)

> Cherry Tree (EP, 2004)

> Alligator (2005)

> Boxer (2007)

> The Virginia (EP, 2008)

> High Violet (2010)

> Trouble Will Find Me (2013)

10 chansons incontournables

1. Abel

2. All the Wine

3. Friends of Mine

4. Mistaken for Strangers

5. Fake Empire

6. Squalor Victoria

7. Anyone's Ghost

8. Afraid of Everyone

9. Sea of Love

10. Graceless




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