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Bob Harrisson: le survivant

Bob Harrisson... (Photo: André Pichette, La Presse)

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Bob Harrisson

Photo: André Pichette, La Presse

Daniel Lemay
La Presse

À presque 60 ans, l'ancien king de la rue Saint-Denis lance un disque live et se met à l'écriture d'un autre. Histoire de persévérance.

Bob Harrisson boit de la légère, fume juste quatre cigarettes par jour et se couche aux alentours de minuit. Et dans sa 60e année, celui qui a déjà été le bluesman le plus bruyant de la ville vient de lancer un disque soulignant ses 50 ans de carrière musicale.

 

«Pas 50 ans de blues, faut pas se tromper. Le blues est venu plus tard», nous disait l'ancien batteur d'Offenbach, lundi au Bistro à Jojo, le quartier général du blues de la rue Saint-Denis, la rue de Montréal qu'il connaît le mieux.

Robert Harrisson - les Harrison francophones de la souche gaspésienne ont ajouté un S pour se distinguer de leurs homonymes anglais - vient d'une famille musicienne de Cowansville qui le met «sur le drum» à 8 ans. Dix ans plus tard, le voilà à Toronto, dans des house bands de bars country; il passera 12 ans en dehors du Québec.

Recommandé par Breen LeBoeuf, qu'il a connu à Toronto, Bob Harrisson se joint à Offenbach après l'album Traversions, qui consacre le groupe auprès du public québécois, et En fusion, enregistré en mars 1979 avec le Vic Vogel Big Band, un des grands moments de l'histoire musicale du Québec. «Au début, Gerry n'était pas sûr, mais ç'a cliqué et je suis devenu son chum de brosse...»

Fallait être fait fort pour être «le chum de brosse» de Gerry Boulet (1946-1990), qui roulait multipistes 24/7 et, malgré ses 110 livres, pouvait être le plus baveux de la place: Bob Harrisson sourit quand on évoque cette grande époque.

En 1984, un peu avant l'éclatement du groupe, Harrisson quitte Offenbach. «On avait joué au Forum deux fois, on était allés en France. On ne travaillait plus beaucoup et moi, j'avais la piqûre du blues...» Avec sa guitare et sa grosse voix (de brosse), il commence à donner des spectacles en duo avec Breen LeBoeuf. Plus tard, il monte son propre groupe pour lequel Vic Vogel écrit les arrangements.

Bob est dans la place!

Le personnage du «roi du blues» prend de l'ampleur quand Bob Harrisson - «avec Labatt Bleue» - met sur pied les Sessions Blues qui, à leur apogée, se tiendront dans 13 bars de la rue Saint-Denis, dont le centre nerveux était alors le Grand Café. «Je transportais la bière moi-même. Quand j'arrivais dans un bar, quelqu'un criait Bob est dans la place et j'embarquais pour une toune ou deux avant de continuer ma tournée.»

Tournées d'enfer qui dureront 13 ans, avec un voyage des Sessions Blues en France (à Saint-Étienne) où Bob Harrisson est accompagné, entre autres, par le pianiste Dan Bigras et les choristes Luce Dufault et Loulou Hugues. À l'époque, l'autre roi du blues s'appelait B.B. King; ils joueront ensemble au Spectrum, dans les années 80.

Aujourd'hui, Bob Harrisson vit encore de la musique. «Minimalement», dira-t-il, mais mieux que jamais dans sa tête parce qu'il est complètement clean depuis trois ans: aucune drogue, ni dure ni douce, pas de «fort», rien! «Je suis un homme nouveau grâce à Suzanne, mon ange.» Discrète, la dame assiste à l'entrevue, pas jalouse du blues pour une cenne.

Faut pas! Surtout à la veille de la saison des festivals... Gros Bob est un habitué du Festival de jazz où il en sera cette année à sa 22e présence. Et dans la série inaugurale de l'Astral, s'il vous plaît! Le «patriarche bleu» retourne aussi au festival de blues de Tremblant qui lui rendait hommage l'été dernier. Ce nouveau CD, Entre nous, est un enregistrement de la première partie du spectacle où l'accompagnait son band régulier: Dan Marsolais à la guitare, Sylvain Bertrand à la basse et Robert Dethier aux percussions.

Onze pièces, qui vont des classiques d'Offenbach (Ayoye!, Câline de blues) aux standards du R&B, le genre favori de Bob Harrisson. À cela s'ajoutent entre autres Jean Batailleur de Zachary Richard, chantée par Dethier, et une chanson que Plume Latraverse avait écrite pour (et sur) Bob Harrisson: la bien-nommée Un chat dans'gorge.

Mais Bob le matou entend toujours Louis Armstrong et Tom Waits: «Avant, je garrochais; maintenant, je chante...»

 




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