Jeudi soir, à l'occasion du festival français, le chanteur montréalais a repris les titres de son dernier album Adventures in your own backyard. Un spectacle que le public ne risque pas d'oublier.

Publié le 30 avr. 2012
Alix Forgeot, collaboration spéciale LA PRESSE

L'auditorium comble est silencieux. Il attend patiemment l'arrivée de l'artiste. Patrick Watson et ses musiciens s'installent doucement. Seules des lumières au bout de leurs doigts permettent de les distinguer.

Le chanteur commence tout en douceur avec Light House. Un air classique qui semble venu d'ailleurs. Guitare et percussions viennent s'ajouter. Le ton est donné. L'artiste enchaîne avec Black Wind, puis Step Out for a while et Quiet Crow tandis que le public essaie de ne pas perdre une miette de la performance artistique qui se déroule devant ses yeux; des films en noir et blanc sont projetés sur deux toiles rondes dans le fond de la scène illustrant les envolées vocales puissantes mais tout en retenue de l'artiste.

Puis Words in the fire se fait entendre. En référence aux feux de camp, le chanteur lance: «J'fais hommage à ce genre de soirées». Et c'est réussi: le duo guitare-voix au bord de la scène, sous une lumière tamisée, transforme l'auditorium en un feu de camp intimiste qui peut raviver les souvenirs de quiconque a vécu une fin de soirée à la plage et entre amis sous un ciel constellé; une façon pour l'artiste de se rapprocher du public.

De même avec le titre Into Giants, où tous les musiciens se regroupent autour du micro pour offrir à l'auditoire de belles harmonies. Puis le chanteur retourne derrière le piano, la rumeur musicale se fait de plus en plus forte et atteint les hautes sphères du folk. Suivent Strange crooked road et Big Bird in a small cage, durant laquelle Patrick Watson invite le public à chanter avec lui, juste avant le titre Adventures in your own backyard, du même nom que son album couronné de succès, joué avec plaisir et générosité.

L'artiste termine en beauté en offrant un cocktail explosif au public avec Noisy Sunday: un piano virevoltant, des percussions rugissantes, une voix aérienne: une réussite en somme, saluée par une ovation debout.